ONG, viol, manifestation, femmes, violence à l'égard des femmesÀ l’instar des autres pays du monde, la Guinée a célébré la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, ce vendredi 25 novembre 2015. Dans notre pays, c’est le collectif « Touche pas à ma sœur » qui a mis à profit cette journée pour animer une conférence-débat avec quelques acteurs de la société civile et des agents de la police et de la gendarmerie, dans un espace public, dans la commune de Kaloum, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans son discours d’ouverture, Mariama Ciré Sylla, membre du collectif organisateur de cet évènement, a rappelé les raisons qui ont motivé la célébration de la journée internationale de l’élimination des violences faites aux femmes. Selon elle, c’est en hommage « aux sœurs Friayaba », décédées en République Dominicaine, en 1960, alors qu’elles luttaient contre le président dictateur au pouvoir à l’époque. « Depuis de nombreuses années, la violence faite aux femmes se propage dans le monde. J’ai été victime, les mamans de nos mamans ont étés victimes. Nous, comme nous croyons en notre capacité, nous allons tout faire pour que les prochaines générations ne soient pas victimes des violences à l’endroit des femmes », s’est-elle engagée.
À en croire Mariama Ciré Sylla, dans le monde, chaque jour, une femme sur sept est violée ; et, une femme sur trois est violentée.

Adjudant Bernard Tonguiano, chef de la division de la protection de l'enfance et du genre à la direction des investigations de la gendarmerie nationalePour sa part, l’adjudant Bernard Tonguiano, chef de la division de la protection de l’enfance et du genre à la direction des investigations de la gendarmerie nationale, a tout d’abord salué cette initiative.

Par ailleurs, l’officier a estimé que les hommes doivent, à tout prix, se défendre de violenter les femmes. « Nous sommes des officiers de police judiciaire, nous constatons des infractions à la loi pénale, nous rassemblons les preuves, on interpelle les auteurs pour les conduire devant les tribunaux chargés de les punir », a-t-il rappelé.

Parlant de violence faite aux femmes, adjudent Tonguiano a rappelé que cette infraction est devenue très récurrente. « c’est vous de la presse qui devez diffuser des messages. Car, lorsque ces femmes sont victimes de violences, elles ne savent pas généralement où faire recours. Nous devons briser ce silence en informant ces femmes qu’il y a une brigade à la gendarmerie qui pourra les écouter et les aider », a expliqué l’adjudant Bernard Tinguiano.

Fatou Baldé, présidente de la Coalition des Femmes Leaders de GuinéeDe son côté, madame Yansané Fatou Baldé, la présidente de la COFFEL, elle a expliqué que cette journée est le lieu pour les femmes de dénoncer et d’attirer l’attention des organisations féminines et les décideurs  politiques, pour que les crimes commis à l’égard des femmes et filles ne restent pas impunis. Selon la présidente de la COFFEL, il y a toujours eu ce phénomène de violence à l’égard des femmes. « C’est depuis que les gens ont compris que la loi a prévu de punir ces genres d’infractions que les langues se délient et que les gens dénoncent », a-t-elle dit et de conseiller toutes femmes victimes de viol de se présenter immédiatement devant un médecin.

Moussa Yero BahEnfin, madame Moussa Yéro Bah, la présidente de l’ONG « Femme, développement et droits humains en Guinée » et membre du collectif « Touche pas à ma sœur », elle a expliqué que cette célébration fait suite à l’appel lancé par Banki Moon, le secrétaire général des nations unies à observer 10 jours d’activisme, à compter d’aujourd’hui.  « Nous déjà, nous étions sur le terrain depuis bien avant cette journée », a-t-elle rappelé. Parlant du thème, Moussa Yéro Bah a déploré la récurrence des violences faites aux femmes et surtout l’impunité qui semble encourager les crimes.

À rappeler que cette cérémonie a pris fin par la projection des images de victimes de viols, des pièces théâtrales avec la présence bien applaudie de l’humoriste Mamadou Thug.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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