Lycée Filira, BokéDans la commune urbaine de Boké, il n’y a que deux (2) lycées publics qui se complètent l’un de l’autre : le lycée Filira et le lycée Yomboya. Depuis belles lurettes, ces deux établissements se rendent service dans le cadre du décongestionnement des effectifs. Souvent, il y a des groupes pédagogiques transférés d’un établissement vers l’autre. Cela, soit par manque de salles de classes ou par manque de professeurs dans certaines matières fondamentales.

Mais, cette année scolaire (2015-2016), chacun de ces deux établissements publics est confronté à des problèmes dont la gestion demeure difficile. Il y a un manque criard de professeurs, mais le problème le plus sérieux reste l’insuffisance notoire d’infrastructures scolaires qui engendre une pléthore dans les classes.

Lycée Filira

Le lycée Filira, situé au centre ville de Boké, comptait onze (11) salles de classe jusqu’en octobre 2014. Mais, depuis lors, la 11ème salle est transformée en cyber qui tarde d’ailleurs à fonctionner.

le proviseur du lycée Filira Hamidou BarryLe proviseur du lycée, Monsieur Hamidou Barry, s’est exprimé au micro de Guineematin.com à travers son correspondant local qu’il a reçu à son bureau le lundi 23 Novembre 2015 à 13 Heures. Dans cet entretien, Monsieur Barry a expliqué que le lycée Filira renferme actuellement 1 058 élèves dont 333 filles. Ces 1 058 élèves sont repartis en 11 groupes pédagogiques, de la 11ème en terminale, toute option confondue.

Concernant les difficultés rencontrées, le proviseur a parlé de la gestion de son effectif en cette année scolaire 2015-2016. Toutes les classes sont bourrées, les élèves sont assis à trois (3) par table-banc et il n’y a plus où placer un autre, tandis que beaucoup d’élèves continuent à prolonger leurs vacances, surtout les redoublants.

ce bâtiment qui est transformé en classe au lycée FiliraPour pouvoir contenir ses 11 groupes pédagogiques, le proviseur a transformé le petit bâtiment qui servait d’assistance en soins de santé scolaire en salle de classe afin d’y recevoir les élèves de la 12ème année Sciences Mathématiques.

Suite à une instruction de la direction préfectorale de l’éducation, de ne plus recevoir le moindre élève dans ces deux lycées publics déjà saturés, le sort des élèves retardataires est donc compromis.

Sur la question, Monsieur Barry est claire : « c’est un contrat annuel qui nous lie aux élèves. C’est lui qui pense que Filira est sa maison et qu’il peut venir au moment voulu, il se trompe. Celui qui attend que toutes les places soient occupées pour s’inscrire, je ne vais pas le recevoir. Ça ne sera pas un refus, mais notre capacité d’accueil ne nous le permet pas », a-t-il affirmé.

Pour donner raison à ce proviseur, deux élèves se sont chaudement battus en classe de Terminale SE1, ce lundi 23 Novembre. Ce qui l’a poussé à procéder d’ailleurs à un contrôle d’inscription. Une manière de chasser tous ceux qui ne sont pas inscrits.

Selon le proviseur, le lycée a besoin de neuf (9) professeurs pour couvrir les 11 groupes pédagogiques. Pour le moment, il se débrouille avec des  titulaires qui ont des charges écrasantes (24 Heures par semaines pour certains, tandis que la charge normale d’un professeur au secondaire est de 18 Heures).

Enfin, monsieur Barry, le proviseur du lycée Filira porte à la connaissance de tout élève n’ayant pas payé ses frais d’inscription jusqu’à date, d’aller chercher la place ailleurs…

Lycée Yomboya

LycéeLe lycée Yomboya est un complexe scolaire situé à la rentrée de la ville. Il est contigu à l’école de soins de santé communautaire de Boké et au centre de formation professionnelle (CFP).

Cet établissement a un problème particulier qui est diffèrent de celui de Filira. De la 7éme Année en terminale, il y a un total de 16 groupes pédagogiques, tandis que les deux blocs du lycée ne disposent que de 11 salles de classes ; soit 5 groupes pédagogiques « sans abris ».

« A Yomboya, il y a 1 704 élèves, dont 696 filles, de la 7ème en Terminale. Ces élèves sont repartis en 16 groupes pédagogiques », a indiqué le proviseur, Monsieur Morlaye Soumah.

Là, la solution trouvée par la direction de l’école est d’établir un emploi du temps avec des jours de repos pour chaque promotion (2 jours pour les unes et 1 jour pour d’autres).
De même que Filira, il y a un besoin de six (6) professeurs pour combler les horaires.

En outre, il est important de signaler qu’avec ce manque d’infrastructures scolaires publiques, la situation actuelle inquiète un bon nombre de parents d’élèves.

Par conséquent, les écoles secondaires privées qui sont dans la commune urbaine de Boké ne sont qu’au nombre de sept (7). Et, aucune d’elles ne peut accueillir mille (1 000) élèves ! Certaines ne répondent même pas aux normes d’un établissement privé digne de nom…

Quelle voie ces élèves chassés par manque de place au lycée Filira, vont-ils suivre alors, étant donné que beaucoup de parents d’élèves sont pauvres ?

Pourquoi le lycée régional d’excellence, construit à Koulifanya, commune urbaine de Boké, n’a toujours pas été équipé pour réduire la pléthore dans les lycées publics de la place ?

L’État devrait vraiment revoir la situation des établissements scolaires au secondaire pour éviter des situations indésirables dans les deux lycées ci-cités.

De Boké, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 622 671 242 / 656 464 286

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