Elhadj Ibrahima Diallo, préfet de Pita 1Dans une interview accordée à l’envoyé spécial de Guineematin.com à Pita, dans la matinée de ce lundi 30 novembre 2015, le Préfet, Elhadj Ibrahima Diallo, est revenu sur le déficit de recouvrement du budget de sa préfecture. Une  situation qui, selon lui, serait due au non suivi par le gouvernement.

Guineematin.com : Merci d’avoir accepté de recevoir Guineematin.com dans vos locaux, ici à Pita. Pour commencer, nous vous prions d’accepter de vous présentez à nos lecteurs et téléspectateurs

Elhadj Ibrahima Diallo : Très bien ! Et, c’est un devoir pour nous de recevoir la presse dans nos locaux parce que vous savez que la presse a un rôle important à jouer dans le cadre de l’information. Je suis Elhadj Ibrahima Diallo, Préfet de Pita.

Guineematin.com : Monsieur le Préfet comment fonctionne cette préfecture ?

Elhadj Ibrahima Diallo : Elle factionne très bien. D’abord, il y a la cohésion sociale au sein de l’équipe, au niveau du cabinet et dans tous les chefs de services. La collaboration est franche, loyale et sincère. Donc, chacun dans le cadre de ses attributions, fait bien son travail. Et moi, je suis la coordination. Tout se passe bien, à tous les niveaux, jusqu’aux collectivités.

Guineematin.com : Qui dit administration dit aussi difficultés. Est-ce qu’on peut connaître les difficultés que vous rencontrez dans la gestion de la Préfecture de Pita ?

Elhadj Ibrahima Diallo : Vous savez que les difficultés sont inhérentes à la vie. Dans toutes les actions qu’on entreprend, on rencontre des difficultés. Mais, ici à Pita, il n’y a pas de difficultés qui nous empêchent de fonctionner. Vous savez que l’essentiel est qu’on arrive à assumer nos fonctions.

Guineematin.com : A Pita, très souvent, on parle des problèmes, notamment la coupe abusive du bois dans les forêts sacrées, mais aussi les conflits domaniaux et on cite souvent les responsables de la préfecture. Quelle est votre lecture de cet état de fait ?

Préfecture de PitaElhadj Ibrahima Diallo : Vous savez que généralement, c’est un problème qu’on rencontre dans toutes les préfectures de Guinée. Mais, ici, je puis vous assurez que depuis notre arrivée, il y a 16 mois, nous avons mis en place dans toutes les collectivités, les comités de règlement des conflits composés de notables, des sages les plus écoutés. C’est ce qui fait que depuis cette date, au niveau de ces collectivités, tous ces problèmes de coupe abusive de bois, de vol de bétails, les conflits domaniaux, le tout se gère à ce niveau. Et, les quelques rares cas dont ils n’arrivent pas à trouver des solutions à leur niveau, c’est la justice qui trouve la solution. Sinon, aujourd’hui, ces problèmes sont considérablement réduits à Pita.

Guineematin.com : Monsieur Diallo est-ce qu’on peut connaître le budget alloué au fonctionnement de cette préfecture de Pita?

Elhadj Ibrahima Diallo : Lorsque vous parlez de budget, ici, il s’évalue en termes de recette fiscale et autres. On évalue le budget de cette année, à peu près, à 514 millions de francs guinéens. Malheureusement, le gouvernement ne suit pas. C’est à peine si on recouvre 5 à 6%. C’est en fait ça le problème.

Guineematin.com : Et, comment vous gérez ce fonds ?

Elhadj Ibrahima Diallo : Comme je vous ai dis, on encaisse peu, 5 à 6%, c’est moins de 30 millions ! Et, on les affecte aux dépenses les plus urgentes, notamment les salaires des contractuels et peut être le fonctionnement de la préfecture. Donc, on alloue ce fonds aux charges les plus incompressibles puisque vous savez que les salaires viennent du pouvoir central. Et, le ministère des Finances ne paye que les fonctionnaires.

Guineematin.com : Autres problèmes, monsieur le Préfet, c’est l’insécurité qui est devenue très récurrente à Pita, on assiste à des viols, mais aussi des assassinats. Comment parvenez-vous à gérer ces genres de situation ?

Elhadj Ibrahima Diallo : Vous savez que cette situation d’insécurité n’existe pas seulement qu’à Pita. C’est partout dans le pays aujourd’hui. Mais, à notre niveau, on peut se féliciter, malgré le manque de moyens de nos services de sécurité parce qu’il y a les moyens matériels et logistiques qui manquent de façon criarde. Sans compter le manque d’effectif. Mais, malgré tout, ils font ce qu’ils peuvent et c’est ce qui fait qu’ici à Pita, on arrive quand même avec l’engagement des services de sécurité à juguler un peu ce phénomène. Donc, on essaie tant bien que mal à le faire. C’est pourquoi il y a la quiétude ici.

Guineematin.com : Récemment, il y a eu des reformes au niveau des délégations spéciales dans presque tout le pays. Ici, à Pita, la délégation spéciale est présidée par un membre de l’opposition. Quels sont les rapports entre cette délégation spéciale et la Préfecture que vous dirigez ?

Comme vous le savez, les accords politiques ont permis une recomposition de ces délégations spéciales. Ici, à Pita, nous collaborons avec la nouvelle équipe de façon très franche. Il n’y a aucun problème entre nous. Nous jouons à la complémentarité. Nous débattons de tous les sujets de façon très collégiale. Donc, on peut dire qu’il n’y a pas de problème.

Votre mot de la fin ?

Elhadj Ibrahima Diallo : C’est juste inviter tous les Guinéens, particulièrement les populations de Pita à la culture de la paix et à l’unité. C’est dans la paix qu’on pourra évoluer. Il faut reconnaître quand même que dans le cadre de la célébration de la 56ème anniversaire de notre indépendance accordée au gouvernorat de Mamou, le chef de l’Etat, le professeur Alpha Condé, a fait plus que les autres dans les 30 dernières années. Il a réalisé beaucoup d’infrastructures dans la préfecture de Pita. A Timbi Madina aussi, la construction d’une usine de pomme de terre est en construction. Donc, il faut préserver ces acquis et continuer à aller de l’avant.

Merci monsieur le Préfet

A moi de vous remercier.

Entretien réalisé à Pita par Mamadou Alpha Baldé, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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