prison civile de KouroussaLors de ses reportages et enquêtes dans la ville de Kouroussa, le weekend dernier, le capitaine Tenkoulé Camara, commissaire central intérimaire de la police de Kouroussa avait accepté de recevoir l’envoyé spécial de Guineematin.com dans sa préfecture.

A l’occasion de leur entretien, le capitaine Tenkoulé Camara a surtout expliqué le processus ayant conduit à l’interpellation des présumés assassins de l’orpailleur Kourouma Kaba, le 1er novembre dernier.

Après la version vidéo, Guineematin.com vous propose le décryptage de cet entretien avec le capitaine Tenkoulé Camara :

C’est le 1er Novembre 2015 que nous (forces de l’ordre) avons été informées vers 18H45 qu’il y a eu une attaque à mains armées dans le domicile Monsieur Kaba Kourouma. Les bandits ont tiré sur lui à  bout portant et ont emporté son sac contenant de l’argent et de l’or.

Nous nous sommes rendus sur les lieux, en compagnie des autorités locales. Arrivée, nous avons pris le blessé et l’avons conduit à l’hôpital. Mais, il est décédé sur la table de l’opération. J’ai ordonné de faire sa vue photographique et j’ai aussi pris son téléphone qui a été atteint par la balle et la balle elle-même.

Le lendemain, nous avons lancé les enquêtes qui ont abouti à l’arrestation de (3) présumés bandits. Le groupe qui a attaqué Monsieur Kaba était au nombre de (5) bandits. Deux sont en cavale et trois ont été arrêtés. Le 3 novembre, nous avons été informés par les citoyens de la présence des gens dans une concession au quartier Kouroussa Koura. Nous nous y sommes rendues. Mais, les appels téléphoniques et les clameurs publiques ont fait qu’un d’entre eux a réussi à fuir. Procédant à la fouille, nous avons retrouvé l’arme qui a été utilisé pour assassiner Kaba Kourouma. Toute la concession a été perquisitionnée et les premières personnes retrouvées ont été arrêtées. Le fugitif, lui, avait fui vers Kankan. Mais, il se trouvait qu’il était déjà blessé. Nous avons informé la police de Kankan, de Mandiana et de Siguiri qui ont pris des dispositions à leur tour. C’est à Kankan que le fugitif est tombé dans le piège de la gendarmerie. Arrêté, il a changé de nom, sinon il s’appelle Mamady Keita, alias Babila.  Mais, les commanditaires sont Tidiane Diallo, alias Tidjo et un certain De gaule, qui sont en cavale.

Les (3) autres sur lesquels on a mis main sont : Mamady Keita, dit Bemba ou alias Babila, Nansadi Kourouma, tuteur de Mamady Keita (c’est chez lui qu’on a trouvé les armes), Balla Sylla et le caporal-chef Fodé Thiarra. Arrêtés, coincés et confrontés, finalement, ils ont avoué être les assassins de Kaba Kourouma.

Après les 72H de la garde vue, nous avons demandé au juge de proroger le délai de la garde à vue et nous avons envoyé une mission à Kankan pour chercher le fugitif arrêté.

C’est un PMAK, donc une arme de guerre qui servi à l’assassinat. Il y avait deux PMAK, nous avons saisi un et l’autre n’est pas encore retrouvé.

Important : dès après l’attentat, l’arme a été nettoyé, ce qui rend difficile les études sur cette arme. Mais, disons pourquoi l’arme a été précipitamment nettoyée au camp ? Sinon, une arme peut garder aussi longtemps qu’il faut les indices…

Entretien réalisé à Kouroussa et décrypté par Mamadou Sounoussy Diallo pour Guinematin.com

 

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