Alpha CondéDiallo Sadakadji, Tibou Kamara et Bah Oury… les plus virulents adversaires qui s’affichaient contre le président Alpha Condé ont apparemment fait un pas vers lui ou tout au moins ont semblé accepter la main tendue du chef de l’Etat. Tous les trois cités nommément dans le dossier de l’attaque du 19 juillet 2011 par le président Condé lui-même le ton guerrier d’il y a quelques mois quand ils qualifiaient l’opposition guinéenne de molle et compatissante…

Diallo Sadakadji a battu campagne pour la réélection d’Alpha Condé dès le premier tour, Tibou Kamara a participé à sa prestation de serment, ce lundi 14 décembre 2015 et Bah Oury (ayant été condamné, contrairement aux deux premiers) ne semble attendre que la levée de sa condamnation pour également regagner son pays.

Moralité ?

« La haine » qui semblait même viscérale s’est vite muée en petite incompréhension, résolue après deux rencontres d’échanges « franches ». C’était aussi le cas de plusieurs autres personnalités (non exilées) qui avaient des relations tendues avec le chef de l’Etat à un moment donné et qui ont finalement aplani les divergences : Aboubacar Sakho, Kassory Fofana, Boubacar Barry (Big Up) Mamadou Bah Baadiko, Sidya Touré…

Et si les vrais adversaires des réformes d’Alpha Condé étaient dans le camp présidentiel ?

Beaucoup de rumeurs laissent entendre que certains hauts cadres n’ont d’activités principales que d’aller à Sékoutouréa avec des « dossiers » sur des gens pour faire croire au président qu’il y a des guinéens qui ne voudront jamais que notre pays se développe sous son magistère. Etant en avance sur les autres en matière d’information, ces hommes de dossiers manipuleraient alors les uns et les autres pour mieux les éloigner, alors qu’en réalité ils manquent de talents et évoluent difficilement dans un environnement concurrentiel.

Exemple, des radios et télévisions qui sont nées récemment ont fait presque oublier la RTG qui a pourtant un personnel plus étoffé et des moyens beaucoup plus importants. Mais, manquant ce qu’une structure a le plus besoin, le leadership, lés médias d’Etat ne sont suivis que pour les actes officiels (notamment les décrets dont ils ont l’exclusivité) et pour les grands évènements comme la prestation de serment où ils sont les seuls à être acceptés. Justement, pour s’imposer un public exceptionnel, les dirigeants de ces médias essaient de stigmatiser les médias privés dont certains d’entre eux sont pourtant collaborateurs anonymes ou non…

Bref, si le président de la République veut réellement mettre en pratique ses promesses de vrai changement pour ce second et dernier mandat, il devrait commencer par son entourage où des compatriotes moins partisans devraient l’aider à apprécier les grands dossiers de notre Etat plutôt qu’à des montages de plans de diviser les uns aux autres. En clair, on ne devrait plus prendre un guinéen ou le rejeter à cause de son nom de famille, de sa région d’origine, de son secteur d’activité ou même de son opinion philosophique et politique…

Nouhou Baldé

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