Nouhou Thiam et avocatsC’est à 10 heures 13 minutes que le tribunal militaire (chargé de juger les six militaires détenus dans l’affaire du putsch manqué le 19 juillet 2011) a commencé ses audiences, ce mercredi 23 décembre 2015, à la Cour d’Appel de Conakry. Présidé par le juge civil Elhadj Sékou Keita, le tribunal a suspendu son audience deux petites heures après son ouverture ; et, jusqu’à demain, jeudi 24 décembre 2015 à 11 heures, alors que les discours officiels des deux ministres (Justice et Défense), du procureur et du juge avaient pris une bonne partie des activités de ce premier jour.

Ainsi, à l’occasion de l’ouverture de ce procès, le ministre de la Justice, Maître Cheick Sako, a dit que la justice a besoin de la force pour prendre la bonne décision et que la force a besoin de la justice pour la justification. Le ministre Sako a surtout souhaité que la justice soit celle qui apaise, ajoutant avoir déconseillé le procureur de faire appel quand le tribunal de première instance de Kaloum avait condamné le gouvernement pour détention abusive de ces militaires.

Comme on le sait, ces derniers ont déjà purgé beaucoup plus de temps que la peine qu’ils auraient dû passer en prison même s’ils étaient reconnus coupables des accusations portées contre eux. A rappeler qu’ils sont accusés de désertion et violation de consigne dont la peine prévue n’excède pas deux ans de prion…

Pour sa part, le ministre délégué à la Défense nationale, Maître Abdoul Kabélé Camara, a souhaité que les magistrats montrent aux populations guinéennes que la justice est impersonnelle.

Prenant la parole à la suite des deux ministres, le procureur militaire, le colonel Kaba Kourouma, a demandé une revue à la hausse du budget du tribunal militaire pour renforcer sa capacité de travail. Le procureur Kourouma a également plaidé pour la nomination des procureurs militaires à l’intérieur du pays.

Enfin, Elhadj Sékou Keita, le président (civil) du tribunal militaire a promis que de tous ces six militaires accusés ne seront condamnés que ceux qui seront reconnus dans les liens de la culpabilité. Puis, le tribunal a suspendu ses audiences pendant une dizaine de minutes.

Général Nouhou Thiam, prisonniers et avocatsA la reprise, le président du tribunal a commencé par demander aux journalistes de ranger caméras et dictaphones. La suite ne devait donc pas être filmée, ni enregistrée, a décidé le tribunal.

C’est après cet interdit aux médias que les accusés ont été appelés à la barre, un à un : adjudant Mohamed Condé, lieutenant-Colonel Kémo Condé, lieutenant Mohamed Condé, Colonel Sadou Diallo, Général de Division Nouhou Thiam et lieutenant-Colonel Mamadou Bondabon Camara.

De manière générale, ils répondent aux mêmes questions à tour de rôle : Présentez-vous ? Quand est-ce que vous avez été arrêté ? Avez-vous été condamné une fois ? Êtes-vous sous mandat de dépôt ? Etc.

Et, c’est sur cette dernière question du juge que le cas du lieutenant-Colonel Mamadou Bondabon Camara a fait réagir le procureur. Le fait que Bondabon ait dit être en liberté provisoire depuis le 27 juin 2015 a poussé le procureur à réclamer son retour en prison, disant n’avoir pas été informé de cette liberté provisoire de l’ancien préfet de Dubréka. Alors, s’en suivra un moment de débat procédural qui finira par une décision de faire retourner Bondabon en prison et la suspension du procès jusqu’à demain…

De retour du tribunal militaire, Abdoulaye Oumou Sow pour Guineematin.com 

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