Malal Baldé environnementDans le cadre général, on dit souvent que la Guinée est dans un puits, c’est-à-dire dans les normes en matière de protection de l’Environnement. Mais quand on prend les facteurs qui influencent cet environnement à l’heure où nous sommes, on dira qu’on est toujours victime.  Parce que la sécheresse avance, la coupe du bois est abusive. Il y a les grands vents, la forte érosion. Tout ceci influence le milieu embuant en général. Donc, ça demande des efforts parce qu’il faut restaurer le couvert végétal pour freiner l’avancer du désert.

Située dans la partie Nord de la Guinée, la Préfecture de Tougué fait frontière avec notre voisin la République du Mali. A y voire de près, cette préfecture de la Guinée est de nos jours fortement menacée par l’avancée du désert, notamment sa bande nord qui est intégralement à protéger. Attiré par cet état de fait, l’envoyé spécial de Guineematin.com a rencontré, il y a trois semaines, le Directeur Préfectoral de l’Environnement de Tougué.

Pendant notre entretien, monsieur Mamadou Malal Baldé nous a surpris en annonçant que sa direction ne bénéficie d’aucun moyen pour faire fasse à cette menace persistante du désert du Sahara.

« Ici, nous sommes en manque de moyens parce que le personnel et les ressources sont en manque total. On n’a ni crédit, ni subvention. Si on nous dit de faire quelque chose en matière de l’environnement, ce sont les efforts de certains agents, les gardes forestiers qui évoluent dans le milieu qui font la répression pour les feux de brousse ou les coupes abusives du bois. A cela devait s’ajouter le reboisement. Mais, faute de  budget, chaque année, ce sont des planifications qui n’ont aucun aboutissement », a expliqué le directeur préfectoral de l’environnement.

Sur ses liens avec la direction du Fonds de l’Environnement Mondial (FEM) qui est à Conakry et qui génère assez d’argent dans le cadre de la protection de l’environnement, monsieur Mamadou Malal Baldé a soutenu que cette direction ne finance que les ONG qui évoluent sur le terrain et non les structures étatiques comme on pourrait le penser. « Le FEM finance effectivement les activités dans le pays, mais ils sont avec les ONG. Donc, ils ne financent que les ONG qui réalisent les activités de reboisement, ainsi de suite. Même les institutions internationales comme la FAO financent les activités dans notre milieu, mais c’est avec les ONG. Les organisations étatiques sont laissées pour compte. Parce que je vous dis qu’on n’a aucun financement pour faire des interventions. On est obligé de suivre ces ONG», a indiqué monsieur Baldé.

Voici ce qui expliquerait donc la rareté des reboisements dans une préfecture qui est sérieusement confrontée à la coupe abusive du bois. Selon le patron de l’Environnement, la dernière journée de reboisement remonte à l’année 2007, année à la quelle sa préfecture avait obtenu un peu de financement de la part du fonds forestier national pour reboiser certaines parties de la ville. « A part cela, on n’a pas encore bénéficié d’autres fonds pour nous permettre de faire des activités de reboisement. Présentement, on organise les feux précoces, nous essayons de suivre et limiter les coupes abusives avec les tronçonneurs. Nous passons des émissions à la radio pour éduquer les gens et leur apprendre à protéger l’environnement. Nous vulgarisons aussi le code de l’environnement et le code forestier et nous essayons de suivre l’évolution des gardes forestiers sur le terrain », a expliqué le directeur.

Répondant à nos questions sur la complicité des autorités dans la coupe abusive du bois à Tougué et du contrôle des tronçonneurs, monsieur Mamadou Malal Baldé a évoqué une chasse aux tronçonneurs, mais reconnaît n’avoir aucune force pour mettre fin à la pratique. « Avant que l’Etat n’organise la coupe abusive, on faisait la répression, c’est-à-dire la chasse aux tronçonneurs partout où on apprenait qu’ils sont. Ensuite, nous essayons de passer par les élus locaux pour leur localisation. Actuellement, nous avons un tronçonneur agréé qui essaie de contrôler l’ensemble des tronçonneurs qui sont dans la zone parce que les gens sont quand même avec les machines. Nous n’avons pas une force pour dire qu’on est capable de retirer toutes ces tronçonneuses pour les immobiliser. Si j’ai des problèmes avec les tronçonneuses, c’est seulement s’ils désobéissent à la loi. Dans ce cas, ils sont frappés par des peines. Même cela, madame la ministre a instruit l’ensemble des directeurs pour que cette coupe soit organiser afin que les besoins des communautés en bois soient quand même satisfait », a-t-il dit.

A rappeler que la préfecture de Tougué est l’une des localités où les besoins de reboisement et de protection de l’environnement se fait le plus sentir. Elle est aujourd’hui fortement menacée par l’avancée du désert.

De retour de Tougué, Mamadou Alpha Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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