Généraux et prisonniersLe tribunal militaire qui poursuit six militaires guinéens (emprisonnés depuis 2011, pour désertion et non respect de consigne) a suspendu ses activités ce jeudi jusqu’au mercredi prochain, a appris Guineematin.com à travers un de nos reporters qui suit ce procès.

Après plus de deux heures de débats avec l’adjudant Mohamed Condé, le tribunal a fait appel au lieutenant Kémo Condé, officier en service au Bataillon des troupes aéroportées (BATA) du camp Alpha Yaya Diallo, à 13 heures 26′. Arrêté au même moment que l’adjudant Mohamed Kaba, le chauffeur de feu De Gaulle, le lieutenant Kémo Condé a dit que c’est en allant chercher sa moto chez le commandant Sidiki Camara, alias  »De Gaulle » qu’il a été mis aux arrêts par une brigade mixte

« C’est après le rassemblement au camp que mon commandant d’unité nous a informé de l’attaque du domicile du président de la République. Au même moment, il nous a annoncé qu’il ira avec certains éléments au domicile du chef de l’État et que ceux qui n’y seront pas doivent rester en stand-by », a expliqué le lieutenant Kémo Condé.

« C’est après ce rassemblement que le commandant De Gaulle a emprunté ma moto pour éviter l’embouteillage, dans le but de rentrer vite à la maison parce qu’il avait pris la permission pour un repos, revenant d’un voyage. Et, en quittant, le Commandant De Gaulle a demandé que je parte avec son chauffeur (NDLR : Lieutenant Mohamed Kaba) dans sa voiture pour reprendre ma moto et revenir au camp », a ajouté le lieutenant Kémo Condé

« C’est quand nous sommes arrivés chez le commandant De Gaulle qu’on a été informé qu’il a été arrêté. J’ai demandé alors au chauffeur qu’on retourne au camp. On a garé le véhicule chez le Commandant pour rentrer au camp. Et, c’est en ce moment que nous avons été arrêtés au niveau de Kakimbo, attachés et déposés au PM3 », a expliqué l’accusé.

Après le lieutenant Kémo Condé, le tribunal a suspendu les audiences jusqu’au mercredi prochain, le 30 décembre 2015.

A rappeler que les délits (de désertion et de non respect de consigne) reprochés aux six militaires (le général de division Nouhou Thiam, l’ancien préfet de Dubréka, le lieutenant Colonel Mamadou Bondabon Camara, le lieutenant-Colonel Kémo Condé, le lieutenant Mohamed Condé, Adjudent Mohamed Condé et le Colonel Sadou Diallo) qui sont dans le box des accusés sont sanctionnés par un maximum de deux ans de prisons, alors qu’ils ont tous passé beaucoup plus depuis leurs interpellations, au lendemain du putsch manqué le 19 juillet 2011.

Du tribunal militaire Abdoulaye Oumou Sow pour Guineematin.com

Tél.: (00224)620 848 501

 

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