GuinŽée Conakry, à l'Est de Rio Pongo

GuinŽée Conakry, à l’Est de Rio Pongo

Kindia, la cité des agrumes, drapée dans son étoffe de fraîcheur en cette période d’harmattan a accueillit le mercredi 23 décembre 2015, tous ceux que le monde rural guinéen a d’acteurs majeurs de terrain (responsables des directions régionales et préfectorales, cadres et techniciens des  ministères sectoriels et représentants  des organisations socioprofessionnelles) tous conviés, en une journée de partage et d’échange pour être éclairer sur les tenants et les aboutissants du Projet d’Appui au Secteur Agricole, le PASAG. Du beau monde : 187 présents sur 200 invités attendus dans la salle de conférence de l’ENI de Kindia.

Ce forum de partage a permis aux organisateurs de braquer les projecteurs sur ce projet novateur du gouvernement guinéen appuyé par la Banque Mondiale et doté d’une enveloppe de 16 millions dollars us. Le PASAG qui est un projet institutionnel vise à renforcer les capacités institutionnelles et les systèmes de gouvernance des structures et organisations impliquées dans la gestion du secteur agricole.  Il a été pensé et conçu pour corriger les faiblesses et lacunes institutionnelles et structurelles, apporter des connaissances et des outils performants aux acteurs de terrain pour leur permettre d’utiliser des systèmes d’information et de gestion axées sur le résultat dans la mise en œuvre des projets et programmes du secteur agricole.

Mettre les acteurs du terrai au diapason du PASAG

Vue de la salle avec les participants

Vue de la salle avec les participants

L’atelier de Kindia solennellement ouvert par le Directeur de Cabinet du Gouvernorat de Kindia a été animé par les cadres du Bureau de Stratégie et du Développement ainsi que par le staff de la Coordination Opérationnelle Déléguée du Projet. En introduction de l’atelier, le Directeur Général du Bureau de Stratégie et du Développement au Ministère de l’Agriculture a campé le contexte, rappelé les mutations opérées dans le monde rural guinéen avant de  souligner les atouts et les faiblesses qui ont sous-tendu la conception et la mise en œuvre du Projet d’Appui au Secteur Agricole, le PASAG.

Ce projet atypique soulignera Chérif Diallo « vient en  appui au secteur agricole en renforçant la compétence des acteurs et en développant les capacités des  structures afin qu’ils soient mieux outillés à démarrer, gérer, suivre et évaluer les projets et programmes projetés », à l’attention des participants, tous acteurs de terrain.

Lui emboîtant le pas, le Coordinateur Déléguée Opérationnel du Projet reviendra avec forces détails sur les composantes du PASAG notamment, l’axe sur le renforcement des capacités de gestion sectorielle, le volet appui analytique visant à faciliter la mise en œuvre du Programme National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire ‘’PNIASA’’ et la variante, gestion et coordination efficace du Projet. Abdoulaye Keita invitera les participants, acteurs de terrain « à s’approprier et à s’imprégner de ce projet pour entretenir cette nouvelle dynamique et agir soudés afin de favoriser l’action concertée dans la mise en œuvre l’approche sectorielle de développement du secteur agricole ». 

Beaucoup d’obstacles à lever pour l’essor du secteur agricole guinéen

Des présentations techniques sur les dispositions de passation de marchés ainsi que sur la Gestion financière du projet précéderont le grand débat suscité par les participants. Des questions pertinentes seront alors soulevées portant sur l’harmonisation des structures, l’ancrage du projet, le problème récurrent du foncier rural, la part dévolu aux acteurs dans la protection et la préservation de l’environnement. Des préoccupations également sur la réhabilitation et l’équipement des infrastructures d’appui  dévastées à l’intérieur du pays, l’aménagement des espaces pastoraux pour endiguer les conflits entre éleveurs et agriculteurs, le le retard accusé dans le recensement agricole, la problématique de l’allocation des ressources, de la dotation en matériel roulant et des consommables aux structures et responsables de terrain.

Des contraintes de terrain et de problèmes de gouvernance récurrents qui sont, de l’avis des différents intervenants « de véritables freins à la mise en œuvre efficace et efficiente  des projets et programmes,  si jamais, on veut gagner le pari de la sécurité alimentaire et relever le défi du développement agricole en Guinée ».

Des réponses rassurantes et appropriées  aux préoccupations des acteurs de terrain ont été apportées par des éclairages pointus des animateurs de l’atelier, en adéquation avec le fonctionnement de leurs services et leurs contributions à la mise en œuvre du PASAG.

Les acteurs et partenaires de terrain mieux outillés et davantage motivés

Fumage de poissons à Katafoura. Guinée Conakry. La plupart des poissons sont des ethmaloses poissons pélagiques abondants et qui se reproduisent trés rapidement. Mais leur fumage demande une énorme quantité de bois de palétuvier qui font disparaître la mangrove guinéenne.

Fumage de poissons à Katafoura. Guinée Conakry. La plupart des poissons sont des ethmaloses poissons pélagiques abondants et qui se reproduisent trés rapidement. Mais leur fumage demande une énorme quantité de bois de palétuvier qui font disparaître la mangrove guinéenne.

En termes de résultats pratiques, le Coordinateur Délégué Opérationnel du PASAG se réjouit du fait que -les acteurs et bénéficiaires du projet connaissent dorénavant mieux ses objectifs et mécanismes  ainsi que leurs rôles dans le cadre du renforcement de l’efficacité du secteur agricole. Pour Abdoulaye Keita « les acteurs sont mieux imprégnés du dispositif d’appui à la mise en œuvre du diagnostic organisationnel, de l’animation des comités préfectoraux de suivi environnemental et social , de la préparation du Programme de Travail et de l’Élaboration des Budgets Annuels ‘’PTBA’’,  de la  mise en place du GAR et de la réalisation du suivi évaluation »

A noter que le PASAG, Projet d’Appui au Secteur Agricole opérationnel depuis avril 2015 est conçu suivant une approche sectorielle destinée a déblayer le terrain pour la mise en œuvre du Plan National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire ‘’PNIASA’’ couvrant 4 départements sectoriels : Le Ministère de l’Agriculture, le Ministère de l’Elevage et de la Production Animale, le Ministère des Pêches et de l’Aquaculture et le Ministère de l’Environnement , des Eaux et Forets aux quels s’ajoutent la Chambre Nationale d’Agriculture et les Organisations professionnelles sectorielles.

Dans la perspective de mise en œuvre de nouveaux grands projets agricoles dans les années à venir, le gouvernement,  ses partenaires et acteurs s’emploient a lever les obstacles et freins institutionnels pour valoriser le potentiel agricole afin qu’il contribue grandement dans la formation du PIB national. Cela passe par l’amélioration du cadre institutionnel et juridique en dotant les parties prenantes de capacités adéquates à mieux gérer et superviser le secteur agricole.

Il s’agira aussi accroître le volume de production, de développer des filières agro industrielles, d’apporter de gros investissements afin que le secteur génère des recettes et distribue des revenus pour le bénéfice des paysans et acteurs du secteur.

Ibrahima Ahmed Barry, Journaliste Consultant, Président du Réseau des Journalistes Economiques de Guinée ‘’REJEG’’

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