MacentaLes jeunes et les femmes de Macenta qui protestent contre le recrutement d’une ONG de N’Zérékoré par Plan Guinée appellent à une journée Marché fermé ce lundi, 18 janvier 2016, pour demander le départ immédiat du secrétaire général chargé des collectivités décentralisées, a appris Guineematin.com des organisateurs.

Le mouvement de protestation contre le recrutement de Zaliac N’Zérékoré pour exécuter des activités de Plan Guinée à Macenta s’est radicalisé à l’issue de la réunion de restitution organisée hier, samedi, 16 janvier 2016, à la maison des jeunes de la préfecture.
Selon les informateurs de Guineematin.com, cette concertation a abouti à la rédaction d’un mémorandum dans lequel les jeunes et les femmes qui ont déclenché le mouvement de protestation contre Plan Guinée demandent ouvertement le départ du secrétaire général chargé des collectivités décentralisées de Macenta, Elhadj Sory Camara, de son poste qu’il occupe depuis 15 ans.

Le mis en cause est accusé d’être complice de Plan Guinée dans le recrutement de l’ONG de N’Zérékoré au détriment des structures de Macenta : « c’est lui qui a fait ces manipulations. Mais, c’est un habitué des actions contre les intérêts de Macenta. En 2013, il avait aussi favorisé l’enlèvement frauduleux du groupe qui alimentait la ville de Macenta en électricité pour une destination inconnue. C’est un jeune venu de Conakry qui avait pris ce groupe électrogène, sous le prétexte que c’est le ministre de l’énergie qui l’avait envoyé pour cette mission. À l’épique, c’est l’actuel préfet de Mamou, Mory Diallo, qui était à Macenta. Celui qui avait plaidé pour calmer les jeunes de Macenta, après l’enlèvement frauduleux de ce groupe. Le nom de général Sory est cité dans beaucoup de cas. En plus, le jour où Plan Guinée a rencontré les ONG qui ont postulé dont 3 de Macenta, les conférenciers avaient promis que la sélection allait se faire uniquement entre les ONG de Macenta, parce que le travail se fait dans notre préfecture ici. Ils avaient éliminé d’office les ONG étrangères. C’est le général des collectivités qui dit aux responsables de Plan Guinée de regarder d’abord s’il y a une bonne ONG dans les dossiers de Macenta. A défaut, de recourir aux ONG étrangères. Il semble même qu’il s’est disputé chaudement avec l’équipe technique qui était chargée du dépouillement. Le doute a commencé ce jour là avec lui. Si maintenant, les résultats n’ont pas été publiés. C’est le nom d’une ONG juste qu’on a trouvé affiché » accuse le président de la coordination des associations de jeunesse de Macenta.

Dans le même document, le secrétaire général de la commune urbaine, Ibrahima Fofana, est invité à rembourser des sommes d’argent qu’il aurait extorqué à des femmes commerçantes : « Général Fofana a détourné des fonds au préjudice de certaines femmes. Il a réclamé de l’argent à de nombreuses femmes pour leur installation sous les deux hangars du marché construits avec l’appui du ministre Oyé Guilavogui », ajoute le Président de l’antenne préfectorale de l’OGDH de Macenta.
Le troisième point de revendication porte sur le départ sans conditions de Zaliac N’Zérékoré de Macenta.

Le comité de crise a cherché à rencontrer le préfet de Macenta, Kémo Pascal Dembadouno, dans la matinée de ce dimanche, 17 janvier 2016. Mais, en vain ! L’autorité préfectorale a préféré envoyer le Directeur Préfectoral de la Jeunesse, Sékou Emanuel Tolno pour écouter le comité de crise.

Pour maintenir la pression, ce comité de crise, composé de 10 jeunes et de 5 femmes, appelle à une journée Marché fermé pour ce lundi, 18 janvier 2016. Histoire de paralyser le secteur économique pour se faire entendre auprès des autorités préfectorales.

Le secrétaire général de la commune urbaine de Macenta, Ibrahima Fofana, actuellement à Conakry où il a accompagné son épouse pour des soins médicaux a rassuré, dimanche soir, Guineematin.com être propre dans cette affaire de fonds des femmes du marché : « je n’ai touché à aucun sous. Moi, je ne faisais qu’assurer la coordination au marché. Je crois que c’est une équipe qui est à côté du maire et qui ne sait pas comment aider le maire et il ne sait pas comment se débarrasser du général de la commune. Il emprunte alors une voie de recours qui ne peut pas amener le groupe loin. La commune connait que ce sont les femmes qui géraient l’argent là. Le maire même a appelé ces femmes pour leur demander. Moi, je crois que c’est un débat qui n’a pas de sens dans la vie, parce qu’honnêtement moi je suis outillé. Hadja Makany et Hadja Sadioly Fofana sont mieux placées que n’importe quiconque pour vous dire que monsieur Fofana n’a pas touché à un franc et qu’il n’a fait que vraiment coordonner les activités au niveau de ces femmes là en tant que général de la commune. L’argent n’appartient pas à la commune. C’est donc la gestion des femmes. Je crois qu’elles sont mieux placées pour vous certifier mes propos. Malheureusement, elles ne sont pas lettrées », se défend-il.

De son côté, le secrétaire général chargé des collectivités de Macenta, Elhadj Sory Camara, estime que c’est un dossier un peu costaud : « c’est suite à un détournement de vivres que Plan Guinée a décidé de rompre avec l’AACG qui était avant son partenaire de terrain à Macenta. Plan Guinée a estimé qu’il fallait éviter de recruter les ONG de gré à gré. Ils ont lancé un appel d’offre national et les ONG de Macenta, de N’Zérékoré et même de Conakry ont postulé. Ils ont fixé une date pour l’ouverture des plis. Heureusement que le secrétaire général des collectivités n’était pas seul. Je faisais partie d’un panel. Ce jour là, on a donc vu les 10 dossiers. On avait une grille de notation qui a donné les résultats. Malheureusement, je n’ai pas le dossier à côté de moi ici. Sinon, j’allais te donner au plus petit détail. C’est cette grille de notation qui a classé les ONG. Je n’ai donc favorisé aucune ONG. Je n’étais pas seul. Vous pouvez parler avec Plan Guinée, vous pouvez parler avec d’autres acteurs. Ils ne font que m’accuser sans preuves », s’est-il justifié au téléphone de Guinéematin.com ce dimanche, 17 janvier 2016, aux environs de 21 heures.

A noter qu’en plus de la journée Marché fermé, le comité de crise compte repartir à la préfecture demain, lundi 18 janvier 2016, pour tenter de rencontrer le préfet Kémo Pascal Dembadouno.

Dossier à suivre !

Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com
Téléphones : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 11 35 15

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