Mandian Sidibé à DakarNombre d’internautes, d’amis et de proches m’exhortent à renoncer à mes publications sur les sites et réseaux sociaux pour, estiment-ils, faciliter mon retour rapide au pays.

J’adresse mes sincères remerciements doublés de la profonde gratitude à tous ceux et toutes celles qui inscrivent mon retour au bercail et mes difficiles conditions de vie d’exilé au rang de leurs préoccupations.

Qu’à cela ne tienne, je me dois de leur dire que ce serait vraiment se leurrer de croire que Mandian SIDIBE rentrerait en Guinée pendant tout le temps que durera le magistère du Professeur Alpha Condé, tant et si bien que son entourage me diabolise et cherche à tout prix à trouver des poux sur mon crâne rasé.

Le même entourage empêche même tous médiateurs en ma faveur de rencontrer physiquement le Président.

Pire, tout en parlant sous le contrôle d’un confrère du Groupe HADAFO qui séjournait à Dakar au moment des faits et qui en fut témoin, une dame bien implantée au Palais à Sekhoutoureya avait planifié mon assassinat à la faveur de la dernière visite officielle du Président au Sénégal, en me faisant croire qu’elle avait rencontré celui-ci à mon sujet et que tout serait réglé, m’invitant à rentrer urgemment.

Alors que je piaffais d’impatience pour quitter l’hôtel Radisson, à l’effet d’aller faire mon sac et rentrer en Guinée pour satisfaire ses recommandations, elle m’appela en aparté, pour me dire exactement ceci :

《Je te vois agité de joie, au point que tu es en train de te confier à Aboubacar Sakho le journaliste pour ton retour. Je tiens à te préciser que l’information doit absolument demeurer entre toi, le Président et moi. Tu ne dois informer personne, même ton épouse et tes deux géniteurs. Ne communique pas non plus dans les médias. Tu rentres discrètement et c’est moi-même qui viendrai te chercher au bas de la passerelle de l’avion pour éviter que la police te violente. Je te conduirai calmement à la Maison Centrale où tu te constitueras prisonnier pour trois jours, le temps qu’on fasse ton jugement en catimini, puis te libérer sans bruit》.

Mon confrère de la Radio Espace FM fut témoin  de cette déclaration. Puis la dame ouvrit son porte-monnaie et offrit à chacun de nous deux journalistes cent dollars, tout en insistant à ce que je rentre impérativement en Guinée le lendemain du retour du Président. Je n’en dirais pas plus pour le moment. Le temps d’en parler viendra un jour, si Dieu le veut bien.

De cette histoire cocasse, j’ai deviné automatiquement certaines procédures utilisées pour faire disparaître clandestinement les personnes jugées encombrantes en Guinée. Mon frangin Cherif Diallo n’est-il pas victime d’un scénario similaire? L’attaque perpétrée contre Moussa Moïse Sylla ne peut-elle pas être glissée dans le même registre? L’avenir nous édifiera.

Bref, par mesure de prudence et de précaution, je suis désormais résolu et psychologiquement préparé, à vivre à l’exil, pendant toute la durée du magistère du Professeur Alpha Condé. Mon retour imminent relèvera d’un miracle.

Au tant dire que je ne peux ni ne dois renoncer à mes publications qui entrent dans le cadre de l’exercice de mon métier de journaliste. Sinon, je risque bien de mourir professionnellement.

Toujours est-il qu’en le faisant, je m’efforcerai à respecter scrupuleusement les règles déontologiques et les principes éthiques de notre noble et exaltant métier.

En fait, je suis conscient d’être dans une situation de vulnérabilité pouvant entraîner mon expulsion de mon pays d’accueil, en cas de dérapage. Je prends alors mon mal en patience et me confère à mon destin.

Infiniment merci à tous ceux qui, de près ou de loin, m’offrent leurs soutien et sympathie.

Mandian Sidibé, journaliste exilé à Dakar, au Sénégal

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