Mamadou Kaly Diallo, consultant de la Baïonnette intelligente, projet de la coopération Guinéo-Allemande

Mamadou Kaly Diallo, consultant de la Baïonnette intelligente, projet de la coopération Guinéo-Allemande

Le meurtre de notre confrère El hadj Mohamed Diallo, le vendredi 05 février 2016, continue de susciter des réactions. La «Baïonnette intelligente », un projet de la coopération Guinéo-Allemande, mis en œuvre par l’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH), a condamné le meurtre, mais dénonce la procédure judiciaire en cours. C’est du moins ce qui ressort d’une interview accordée à Guineematin.com par Mamadou Kaly Diallo, consultant de ladite structure.

Guineematin.com : Bonjour monsieur Mamadou Kaly Diallo. Comment avez-vous accueilli le meurtre de notre confrère Elhadj Mohamed Diallo ?

Mamadou Kaly Diallo : Bonjour, avant tout je tiens à présenter mes condoléances à ses camarades des médias. Je précise que Mohamed Koula Diallo est un de mes amis personnels, qui m’interviewait souvent dans le cadre des activités de la Baïonnette intelligente. Donc, je Dieu que son âme repose en paix et dans le paradis éternel, lui qui a tend servi le pays dans le cadre du respect de la promotion, disons  de la liberté d’opinion. Ceci dit, nous sommes complètement indignés, nous condamnons cet acte ignoble, cet assassinat lâche. En principe cela ne devrait pas avoir lieu. Nous le disons souvent, la classe politique guinéenne, que ça soit de la mouvance ou de l’opposition, a toujours créé des problèmes au sein du peuple de Guinée. Mais ce que nous condamnons d’ailleurs dans ça, c’est le mépris des acteurs politiques envers la justice guinéenne.  Même si elle laisse à désirer, mais quand il y’a une telle décision, il y’avait les voies de recours avant d’aller créer des situations qui ont finalement abouti à cet assassinat de ce monsieur qui œuvre dans le cadre de la promotion d’un des droits les plus précieux, à savoir la liberté d’opinion dans tous les pays démocratiques.

Guineematin.com : Quelle analyse faites-vous de la procédure judiciaire en cours ?

Mamadou Kaly Diallo : Ecoutez, la procédure judiciaire, vous savez qu’en matière de droit on ne commente pas une procédure judiciaire qui est en cours. Mais, quand même, il y a lieu de faire des analyses par rapport aux procédures, par rapport à beaucoup d’interrogations qui restent pour l’instant non satisfaites. D’abord, pourquoi a-t-on dessaisi le coordinateur des escadrons mobiles de la gendarmerie de Conakry qui avait l’air de conduire une enquête impartiale ? Un gros point d’interrogation qu’il faille répondre. La deuxième question, j’ai suivi quand même le collectif d’avocats de l’UFDG faire des révélations qui ne sont pas des moindres, et qui sont très graves dans une procédure judiciaire. Vous savez que la justice dans l’esprit des lois, des séparations des pouvoirs, comme là écrit Montesquieu, les abus du pouvoir, le pouvoir dois arrêter le pouvoir. Donc, le pouvoir judiciaire doit être indépendant du pouvoir exécutif. Mais si un enquêteur, lui-même indique les présumés auteurs alors que le principe de présomption d’innocence, que ça soit dans le cadre de la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen, ainsi que la constitution guinéenne, reste très précieuse aux principes de présomption d’innocences . Donc, cette enquête laisse à désirer et j’ose espérer qu’il y aura de bonne foi et qu’ils iront à une justice impartiale, équitable et indépendante. Ceci dit, nous avons aussi dénoncé de l’autre côté les mesures prises sous pression, sous l’effet de l’émotion par des associations de presse. Vous savez, vous êtes les acteurs de la promotion, de la défense de la protection de la liberté d’opinion. Donc, on avait vu qu’il y’a eu un excès de la part des associations de presse en prenant une décision comme telle, il fallait suspendre les activités relatives à la couverture médiatique de l’UFDG. Je rappelle qu’il y’a des reporters de guerres, il y’a des risques du métier, vous êtes un peu à l’image des activistes des droits de l’homme, qui sont parfois assassinés. Le cas du Burundi fait l’exemple de fois, bref j’ose espérer que les uns et les autres feront preuve de retenue et que la primauté du droit prévaudra à la longue.

Guineematin.com : A votre avis, qu’est ce qu’il fallait faire pour éviter la politisation de cette affaire ?

Mamadou Kaly Diallo : Ecoutez, pour éviter la politisation de cette affaire, il fallait juste que la personne mise en cause se rappelle qu’en Etat de droit, il y a  ce qu’on appelle les voies de recours. Donc, s’il n’était pas d’accord par rapport à cette décision prise par le conseil politique élargi aux députés, je ne défends pas l’UFDG, il fallait juste intenter un procès. Donc, c’est ce qu’il fallait faire, passer par les voies de recours pour attaquer cette décision à la cours suprême.

Guineematin.com : Pour terminer, vous êtes activiste des droits de l’homme. Quelle appréciation faites-vous du respect des droits de l’homme actuellement dans notre pays ?

Mamadou Kaly Diallo : Je vais juste rappeler qu’actuellement sur le plan théorique, il y a des avancées majeures que nous saluons. Mais, sur le terrain il y a beaucoup de violations des droits de l’homme et des atteintes aux droits de l’homme.  Je vais juste parler des cas de ce qui se passe actuellement à Kankan où ils ont incendié une mosquée, alors que c’est un lieu de culte. Même en état de guerre, ce sont des lieux qui sont préservés, quand vous prenez des écoles, quand vous prenez des églises, quand vous prenez des églises, les lieux de culte sont protégés. Je rappelle que la Guinée est l’un des rares pays au monde  qui a ratifié toutes les conventions qui sont relatives à la protection des droits de l’homme, c’est le cas de l’acte constitutif des droits de l’homme et du citoyen. Les principes, les idéaux, les droits et les devoirs je veux dire, c’est le cas de l’acte constitutif de l’union africaine, le pacte international relatif au droit civil et politique et tous les autres traités et conventions qui sont relatifs à la CEDEAO. Donc, voilà, je lance un appel très solennels afin qu’on aille au respect de ces principes, de ces conventions, de ces traités au bénéfice de tous les citoyens guinéens, par ce que vivre dans un pays où les droits de l’homme sont respectés, c’est vivre dans un paradis.

Guineematin.com : Votre mot de la fin ?

Mamadou Kaly Diallo : J’en appelle à la conscience de tous les acteurs politiques d’œuvrer dans le cadre de l’instauration d’un véritable Etat de droit, c’est-à-dire celui qui sera respectueux des principes et celui qui sera respectueux des droits de l’homme. Et, surtout là où il y aura une justice impartiale, indépendante et équitable.

Interview réalisée par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 621 090818

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