Binta DialloUne de nos compatriotes, Binta Diallo, vivant entre la guinée et la France, a décidé de s’engager dans la lutte contre l’excision, notamment en France où elle réside. Pour ce faire, cette étudiante en communication, a lancé une pétition dans la quelle elle invite les autorités éducatives françaises, à parler de l’excision dans les écoles hexagonales. Guinematin.com a eu une conversation téléphonique avec l’initiatrice de cette pétition intitulée Excision : brisons le tabou, parlons-en à l’école.

A la question de savoir qu’est-ce qui l’a poussé à engager cette lutte, Binta Diallo répond : « Moi j’ai commencé la lutte contre l’excision en 2010 avec une campagne que nous avons mené là-dessus en Guinée. Ensuite je suis revenue ici en France pour chercher à promouvoir la réparation des filles et femmes victimes de cette pratique avec mon association Espoir et combat de femmes. Et là je viens de lancer une pétition portant sur l’excision.  Je l’ai adressée à la ministre française de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Najad Vallaud-Belkacem. C’est à travers le site change.org que j’ai entamé la lutte. On lui demande d’introduire le sujet de l’excision dans le plan national de sensibilisation aux violences faites aux femmes. Donc cette pétition en ligne a déjà recueilli plus de 89.000 signataires », a-t-elle précisé.

Par ailleurs sur la question de la réalité du phénomène en France, Binta Diallo a dit : « Beaucoup de ressortissantes françaises, d’origine africaine, en sont victimes. On estime aujourd’hui à près de 50.000 femmes excisées qui vivent en France. Et notre objectif c’est justement de mener une campagne de sensibilisation, nous faisons de la prévention pour éviter à d’autres femmes de subir la même chose. C’est pourquoi nous avons ciblé les écoles. Nous ne disons pas forcément que l’excision va cesser en France. Notre objectif est qu’on en parle, surtout à l’école, mais aussi dans les familles et dans les médias. Nous voulons biser le tabou et oser en parler», martèle la jeune étudiante.

A-t-elle des projets dans ce sens pour la Guinée ? La réponse de cette activiste de la défense des droits des femmes est sans équivoque : « Ça c’est l’étape 2 de notre combat et nous pensons que les mesures prises en France dans ce combat pourront servir d’exemple pour notre pays. Donc j’ai la même vision pour la France que pour la Guinée », a-t-elle laissé entendre.

Mais est-ce que ce n’est pas une recommandation de l’Islam que les gens pratiquent à travers l’excision ? Binta Diallo explique : « Non pas du tout, parce que l’excision était pratiquée depuis l’Egypte pharaonique donc antérieurement à la venue de l’Islam. Et surtout l’Islam parle plus d’une circoncision que d’une excision. Et la manière de procéder à la pratique est quelques fois une violence faite à la jeune fille. On peut juste toucher ou retirer une toute partie de l’appareil génital, mais parfois on assiste à une ablation totale du clitoris. Donc cela n’a rien à voir avec l’Islam », a-t-elle soutenu.

Pour voir et signer cette pétition, cliquer ici

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628 17 99 17

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