L’information est passée totalement inaperçue. Le 19 février dernier, l’annonce de la suspension de la « grève générale illimitée » déclenchée le 15 février par les deux centrales syndicales CNTG/ USTG, avait tellement déçue que presque personne n’a pris la peine de bien lire le protocole d’accord signé entre les Syndicats, le Gouvernement et le Patronat.

Cette déception était consécutive à la levée de la grève sans la satisfaction du principal point de revendication, à savoir la baisse du prix du litre du carburant à la pompe de 8.000 GNF à 5.500 GNF. Le gouvernement avait catégoriquement refusé d’appliquer cette mesure de flexibilité du prix du litre à la pompe, mettant en œuvre un battage médiatique surdimensionné. Son principal argument reposait sur le passage prévu de la mission d’évaluation du Fonds Monétaire International (FMI) au mois de mars passé.

Pour rappel, cette mission du FMI a effectivement accompli ses 6ème et 7ème revues dont les conclusions ont permis au Conseil d’administration du Fonds de décaisser 25,6 millions de dollars en faveur de la Guinée le 16 mars. Face à la non-atteinte de plusieurs critères par les autorités guinéennes, le FMI a dû faire de nombreuses dérogations pour décider ce décaissement. Encore une fois, l’épidémie d’Ebola a servi de bouc-émissaire au gouvernement …

La mission du FMI est donc derrière nous, pour un résultat franchement décevant ! Que valent 25 millions de dollars (225 milliards GNF) dans l’économie guinéenne dont le Budget 2016 comporte un déficit près de mille milliards de francs ?

En dépit de la grande déception des résultats de la grève qui avait été particulièrement bien suivie, le Protocole d’accord du 19 février contient une information importante selon laquelle le prix du litre du carburant pourrait baisser à partir du 20 mai prochain. Même si cette baisse dépend d’une condition.

En effet, le Protocole mentionne au point 2.1, alinéa 2, «… si le prix du baril se maintient à 57 dollars, le Gouvernement, le Patronat et le Syndicat conviendront du prix du litre à appliquer à la pompe dans les 90 jours ». Si le décompte de ces 90 jours commence à partir du 19 février, date de signature de l’Accord, l’échéance arrive fatalement le 19 mai 2016.

La condition de la revue du prix du litre, certainement à la baisse, est liée au maintien du prix baril de brut à 57 dollars (ou en dessous on suppose). Or, le baril de Brent (la référence) se négocie actuellement à moins de 40 dollars USD et la tendance est plutôt stationnaire. En tout état de cause, on voit mal comment le baril de pétrole va remonter et franchir la barre des 57 dollars à moins de deux moins de l’échéance.

Une question cruciale se pose cependant : à quel prix du litre les trois parties (Gouvernement, Syndicats, Patronat) parviendront-elles ? C’est tout l’enjeu quand on connait la réticence des autorités à consentir à une quelconque baisse !

Il est à souhaiter que d’ici là, les autorités ne trouveront pas une nouvelle pirouette pour empêcher cette baisse tant attendue par une population étranglée par la cherté de vie.

Ibrahima Baldé pour Guineematin.com

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