Amadou Diallo, SG de la CNTGLes négociations entre le gouvernement et le syndicat qui font suite aux accords tripartites signés le 19 février dernier sont suspendues après de timides reprises cette semaine, a appris Guineematin.com, de sources proches du dossier.

Selon le secrétaire général de la confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG), Elhadj Amadou Diallo, qui a joint Guineematin.com ce samedi 21 mai 2016 (à 8 h 13 mn), les négociations sont bloquées à cause de l’absence au pays de certains partenaires clés.

« Dès lors que les partenaires principaux ne sont pas sur place, à savoir le ministre du Budget, en mission et le ministre de la fonction publique (qui a un décès), nous ne pouvons pas négocier avec des directeurs nationaux qui, en plus, ne sont pas de fondés de pouvoir », a-t-il expliqué.

Bientôt une baisse du prix à la pompe. Mais, quid du prix du transport  ?

Si le syndicaliste reconnaît l’absence de retombées significative de la réduction du prix du carburant pour les populations, monsieur Amadou Diallo compte sur la volonté de la fédération syndicale des transporteurs à « œuvrer désormais au respect des accords conclus avec le gouvernement ».

Par ailleurs, dans un langage pragmatique, le patron de la CNTG rappelle le rôle du gouvernement qui dispose de mesures coercitives pour faire respecter ses décisions auprès des réfractaires.

Faut-il souligner que lors des deux dernières baisses du prix du carburant à la pompe, les transporteurs ont refusé d’appliquer les prix convenus sur le terrain.

Par exemple dans le transport urbain à Conakry, un tronçon comme Enta-Matoto, devait coûter 1 200 GNF contre 900 GNF au niveau des transversales. Mais, le tarif appliqué par les chauffeurs de taxi est resté à 1 500 par personne et par tronçon, qui est parfois divisé en plusieurs autres. Et, au niveau de l’inter urbain, Conakry-Kindia par exemple, qui se négociait à 23 000 devait revenir à 21 000 dans le nouveau tarif. Mais, erreur : ce tronçon se négocie actuellement à 25 000 GNF par passager ; alors que le prix du carburant a baissé de 10 000 à 8 000 GNF par litre à la pompe… Donc, des accords non appliqués du côté des transporteurs qui n’ont pas pensé aux pauvres passagers et à leurs marchandises…

C’est pourquoi, une autre source officieuse proche du gouvernement a confié à Guineematin.com que cette fois, avant la baisse du prix du carburant, « les syndicalistes devront montrer au gouvernement une nouvelle structure réaliste et conséquente des prix du transport, mais également le mécanisme de son application sur le terrain ».

Notre interlocuteur anonyme a rappelé l’engagement sacro-saint de l’Etat de soulager la population et non un groupe de personnes qui profiteraient de la baisse du prix du carburant pour s’enrichir sur le dos des pauvres citoyens : « nous tenons à ce que toute baisse du prix du carburant à la pompe bénéficie directement aux populations et non pas une certaine catégorie de privilégiés », a rassuré notre interlocuteur.

Sur la volonté de respecter ou non les engagements pris par le gouvernement, Elhadj Amadou Diallo est catégorique : « ils n’ont pas de choix », a-t-il rappelé. « Les engagements seront respectés et le président de la République l’a réitéré lors de l’audience qu’il nous a accordée en début de semaine », a fermement dit à Guineematin.com le dirigeant syndical, en préparation avec ses pairs aux assemblées ordinaires du BIT à Genève.

Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél. : +224 628 089 845

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin