Affaire CITES-GUINÉE : 3 dealers majeurs comparaissent devant le TPI de Kaloum pour trafic international d’espèces animales protégées !

CitéLe tribunal de première instance (TPI) de Kaloum, au centre-ville de la capitale guinéenne a tenu son audience correctionnelle le vendredi  10 juin 2016 sur le dossier Ansoumane Doumbouya et complices. Les présumés mis en cause  sont poursuivis pour faux, usage de faux, usurpation  de titre et de fonction, capture, détention, circulation, commercialisation, exportation d’espèces animales intégralement protégées par le code de faune guinéen et les conventions internationales.

Trois des cinq dealers majeurs impliqués dans le dossier de  l’exportation des espèces animales intégralement protégées ont comparu le vendredi 10 juin  2016 devant le TPI de Kaloum. Ansoumane Doumbouya, ingénieur des Eaux et Forêts,  ancien directeur de l’organe de gestion CITES (Convention internationale sur le commerce des espèces sauvages de la faune et de la flore menacées d’extinction) en Guinée est poursuivi pour faux, usage de faux, usurpation de titre et de fonction. Son complice Thierno Barry,  pisciculteur de profession est mis en cause pour  capture, détention, circulation, commercialisation et exportation d’espèces animales intégralement protégées. Quant au fameux Balla Doumbouya, pisciculteur et  directeur d’une compagnie fictive ’’Doumbouya Pets Company’’ est poursuivi pour trafic international d’espèces animales intégralement protégées.

 Selon nos informations, cette fameuse société ’’Doumbouya Pets Company’’ a permis à Balla Doumbouya et  ses complices Thierno Barry,  Abdourahamane Sidibé et Abdoul Salam Sidibé en fuite,  d’étendre leur activité illégale dans le monde. Principalement au Mali, Ghana, Congo, en  Asie et aux USA par la complicité de puissants réseaux bien connectés au niveau international. A en croire aux indiscrétions, un nombre important de lamantins, de bonobos et des chimpanzés  ont été exportés  vers l’Europe et les pays asiatiques en complicité avec cette même société.

En rappel, l’arrestation de Thierno Barry en août 2015 en possession de deux singes à nez blanc (espèces partiellement protégées) a conduit à la levée de bouclier des activistes de la défense de l’environnement et les autorités guinéennes contre toute forme de criminalité faunique. Déjà en mars 2013, la Guinée a été suspendue de la CITES, présentée comme une plaque tournante de la criminalité faunique en Afrique. Ainsi, par le soutien de  GALF (Guinée Application de la loi faunique) le pays  s’est inscrit dans la dynamique de la lutte contre les trafiquants et de leurs réseaux à travers le monde.

Fait impliquant la responsabilité du commandant Ansoumane Doumbouya, est celui ayant conduit à la détention par Thierno Barry, d’un permis CITES dument signé et cacheté par sa personne, d’autant plus qu’il n’était plus à la tête de l’organe de gestion CITES en Guinée. ‘’Faux, usage de faux, usurpation de titre ou de fonction’’, commente un des juristes de GALF. Et de poursuivre ; ‘’ Le fait de garder par devers soi les documents officiels en vue de poser des actes administratifs alors qu’on est plus dans le droit  légal et d’en utiliser pour des fins égoïstes est purement et simplement une usurpation de titre ou de fonction. C’est dans cette attitude que s’est trouvé le commandant Ansoumane Doumbouya, ancien chef de l’organe de gestion CITES en Guinée’’.

Pour précision, le rapport de mission de la CITES en 2011 avait fait savoir dans sa conclusion que le sieur Ansoumane Doumbouya, ancien chef de l’organe CITES a été reproché pour corruption, corrélation avec les trafiquants et incompétence grossière.

Devant le tribunal, les deux  présumé trafiquants  Thierno Barry et Balla Doumbouya ont tous reconnu les faits qui leurs ont  été reprochés.  Car, Balla a expliqué clairement devant le tribunal comment il partait prendre les permis CITES avec le commandant Ansoumane Doumbouya tout en précisant que les espèces inscrites à l’annexe 2 et 3 étaient celles pour lesquelles, le permis CITES était délivré. Cependant les espèces classées en annexe 1 et 2 ne sont pas à toucher sauf par cas de besoin scientifique ou de conservation de l’espèce et jamais pour un but commercial. Aussi,  certaines espèces peuvent être classées en annexe 2 tout comme 3 et qui peuvent, compte tenu de la menace qui pèse sur elles, passer de l’annexe 2 en 1 et vice-versa, a laissé entendre un des agents assermentés des eaux et forêts.

Le ministère public entant qu’empereur des poursuites a exhibé  toutes les pièces à convictions incriminant  Balla Doumbouya qui tentait  de  défier le tribunal par son incohérence langagière. Car, il disait avoir vendu un lamantin à 1500 dollars US étant donné que l’enquête préliminaire a révélé qu’un seul lamantin serait vendu à 40.000 dollars US.

Une information confirmée par la partie civile qui, dans son interrogatoire a fait savoir au sieur Balla Doumbouya qu’il avait bel et bien publié l’offre de vente des espèces animales  sur son site personnel. Parmi ces espèces, figuraient les lamantins dont l’unité était vendue à 40.000 dollars US.

Se fondant sur l’ignorance de la loi de la part de leurs clients, la défense semble être en position de faiblesse dans ce dossier. Car un des avocats de la partie civile invoque  le principe selon lequel, ‘’ Nul n’est sensé ignoré la loi ‘’. Tout en poursuivant que ce principe est un principe dynamique et constant.

Devant le pool des avocats de la défense qui se déchaînaient et se contredisaient sur un dossier qui semble être mal maitrisé par ces derniers, le président de l’audience a fini par renvoyer l’affaire au  vendredi 17 juin 2016.

Affaire à suivre !

Fatou Kourouma        

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