Tougué: les contractuels communautaires exclus de la surveillance des examens

BEPC, école, Fatako, TouguéLes enseignants contractuels communautaires qui évoluent dans les établissements élémentaires et secondaires sont mécontents. Ils dénoncent le refus de la Direction Préfectorale de l’Education de Tougué DPE, de les prendre comme surveillants lors des examens de fin d’année scolaire, a appris le correspondant de Guineematin.com des enseignants concernés.

Alahoudine Baldé, enseignant contractuel communautaire, qui a 18 heures de cours de français au lycée de Tougué, espérait au moins être pris à la surveillance pour bénéficier de cette prime : « Nous, les contractuels communautaires, nous sommes confrontés à des multiples problèmes. Même si la communauté fait quelque chose pour nous, au moment de la surveillance, on pouvait au moins nous prendre. Le peu qu’on allait gagner pourrait nous nous arranger aussi.

Mais, à Tougué ici, parce que moi j’ai fait d’autres villes comme Siguiri, Kankan et Kindia où les enseignants du privé sont souvent pris à la surveillance ou la correction des examens de fin d’année. Ici, à Tougué, j’ai trouvé que c’est tout autre. Personnellement, ça me choque. La DPE connait les conditions dans lesquelles nous vivons. Nous sommes plus d’une dizaine de contractuels au lycée de Tougué. Les sentiments que je suis entrain d’exprimer comme ça sont les mêmes chez les autres. Nous avons un sentiment de remord parce que les autorités éducatives ne se soucient pas de nous. Nous sommes exploités mais cette exploitation personnellement je pense que nous n’allons pas perdre dans la mesure où nous sommes de Tougué et nous sommes entrain d’aider nos frères, nos fils qui serviront ce pays. Nous n’allons pas nous décourager », a promis Alahoudine Baldé.

Quant à un autre enseignant évoluant dans certaines établissements sécondaires dans la sous-préfecture de Koin, il dit avoir un sentiment de déception et de découragement « Nous contractuels communautaires, nous n’avons aucune considération de la part des responsables  éducatifs,  administratifs et même communaux.  A Koïn ici, nous sommes nombreux qui donnons des cours depuis des années. Certains ont même jusqu’à 28 heures de cours comme charge hebdomadaire. D’autres 18 heures. Mais,  avec tout ce sacrifice, la DPE-A refuse de penser à nous pendant la surveillance. La collectivité locale n’en fait même pas cas dans leurs lignes budgétaires. Les parents des élèves ne nous remercient même pas.  Nous avons des familles. Comment 2.500 GNF par élève par mois pour un effectif de moins 250 élèves peut nous arranger ? Et, même cet argent est parfois grignoté. Heureusement, nous sommes assistés par une personne de bonne volonté ressortissant. C’est ce qui nous aide à couvrir certains de nos besoins primaires », a-t-il expliqué au micro de notre correspondant local.

Nous qui évoluons dans ces conditions, nous sommes découragés par tout le monde. On ne pense jamais à nous. Et pourtant nous sommes chargés de cours.  Nous sommes les professeurs principaux, nous remplissons les documents administratifs, même les dotations en cahiers nous sommes oubliés par cette DPE. Nous avons plusieurs fois demandé à la DPE-A de nous retenir comme surveillants au moins, on nous a toujours refusé sous prétexte qu’on n’a pas de numéro matricule. Une décision qui est appliquée partiellement, parce qu’en 2013 un de nos collègues communautaire, n’ayant pas de matricule avait été retenu comme surveillant dès sa première année de travail à Koïn, parce que ce dernier était de la même préfecture que le responsable de la DPE-A de Tougué. Je demande à ce qu’on pense aux jeunes qui ont le courage et la volonté de venir travailler avec eux. Nous pouvons servir de bons ou de mauvais exemples aux autres éventuels volontaires, peut-être nous sommes sur le point d’y quitter », a-t-il renchérit.

Interpellé par le correspondant de Guineematin.com lui aussi parmi les contractuels communautaires, le chargé des examens à la DPE-A de Tougué, monsieur Ibrahima Yemberin Baldé a dit que ce sont seulement les fonctionnaires de l’Etat qui doivent surveiller : « les gens qui n’ont pas de numéro matricule de l’Etat ne peuvent pas être surveillants. Nous avons reçu une lettre d’instruction de l’Inspection Générale de l’Education. Cette décision est pour toute la République. Ici, on la met en application. Si ailleurs on la met pas, c’est à eux de connaître pourquoi ils n’ont pas appliqué », a répondu monsieur Yemberin avec mépris.

De son côté, le DPE Abdoulaye Souaré soutien la même thèse : « Si nous n’appliquons pas les textes, vous (journalistes) êtes prêts à écrire ça ».

Rencontré par Guineematin.com monsieur Lancéi 2 Camara censeur du lycée Hoggo M’bouro à Labé affirme avoir tout fait pour que les contractuels communautaires qui travaillent avec eux soient pris comme surveillants pour au moins les encourager : « Nous, on s’est battu,  nous avons été voir le DPE. On leur a demandé si on peut prendre les gens qui nous aident volontairement. On nous a répondu oui il faudrait qu’on encourage les personnes qui ont eu une bonne idée d’aider. Certains contractuels communautaires ont été utilisés et on attend aussi pour le baccalauréat ».

En attendant, dans la préfecture aride de Tougué, les contractuels communautaires qui comblent un grand vide dans les établissements scolaires sont priés de rester à la maison.

Nous y reviendrons.

De Koïn (Tougué), Alpha Ibrahima Diogo Baldé pour Guineematin.com

Téléphone : (+224) 622 22 11 78

 

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