Filles violéesA l’occasion  de l’examen du BEPC lancé avant-hier, lundi 27 juin 2016, six élèves des écoles Franco-arabe « Badroudine » et « Moustassilim Palaga » de Bambéto, ont été exclues et empêchées de poursuivre leur examen du BEPC au centre Bela Lekkol par leur délégué. Cette exclusion fait suite à un refus catégorique de ces élèves d’ôter leur voile dans la salle d’examen, a appris Guineematin.com hier, mardi 28 juin 2016.

Selon les informations confiées à Guineematin.com par Abdoulaye Cissé, délégué du centre Bela Lekkol, c’est en application du règlement intérieur de l’éducation qui interdit le port intégral du voile dans les centres d’examen, qu’il a pris la décision d’exclure ces 6 élèves qui étaient entièrement voilés.

« Elles sont venues hier intégralement voilé. Je leur ai dit que le port intégral du voile n’est pas autorisé dans les centres d’examen. J’ai tout fait, elles n’ont pas accepté d’ôter le voile. Finalement, je les ai laissé composer, dans l’espoir qu’elles viendront ce mardi dans les règles de l’art, à l’image des autres élèves voilés à mi-moitié, mais en vain. Donc, je n’avais pas autre choix que de les renvoyer », s’est t-il justifié.

Dans le souci de recouper l’information, notre reporter a rencontré Oumou Salamata Barry, une des 6 élèves exclus, qui a confirmé l’information: « A notre arrivée hier au centre d’examen, le délégué nous a dit d’ôter nos voiles, nous lui avons dit que nous ne pouvons pas le faire en public, de nous laisser rentré dans la salle. Là-bas, nous allons ôter nos voiles. Mais, il a refusé malgré que les gens soient intervenus pour le supplier. Finalement, on nous a envoyé dans une salle à l’étage. Mais, le délégué est monté nous adresser des propos déplacés. Aujourd’hui encore, il nous a dit d’ôter le voile sinon, on n’aura pas accès au centre. Après toutes les doléances, il nous a  refusé l’accès et il nous a empêché ainsi de poursuivre l’examen », a-t-elle expliqué.

Rencontré également par Guineematin.com Mohamad Tafsir Diallo, fondateur et Directeur général de l’école Badroudine, a dit avoir appris aussi l’information d’un des parents d’élèves : « Vraiment, c’est une mauvaise nouvelle. C’est bien vrai, elles ont été exclues pour avoir porté le voile intégral. Cette réaction du délégué m’a beaucoup étonné, car ces enfants sont des guinéens, nés au pays. Elles ont remplis toutes les conditions leur permettant de passer le brevet. Nullement je n’ai imaginé qu’on ferait sortir une d’entre elles du centre d’examen pour le simple fait d’avoir porté le voile. Ce délégué devrait au moins laisser ces élèves composer. Maintenant, il a mis à l’eau tous les efforts fournis par elles dans les 10 dernières années », a t-il fustigé, rappelant que nullement il n’a été informé en amont d’une telle décision des autorités éducatives, sinon il aurait pris la mesure d’informer ses élèves.

Par ailleurs, Mohamed Tafsir Diallo a reproché ses élèves de ne lui avoir pas informé depuis hier sur la  menace qu’elles ont subit par rapport au port intégral du voile: « S’il leur a été exigé d’ôter le voile, elles auraient dû nous informer ou enlever le voile, juste le temps de passer l’examen qui ne dure que 3 à 4 jours », a-t-il conclu.

Au moment où nous quittions le centre d’examen, deux élèves du groupe scolaire Moustassilim Palaga, notamment Mama Aissata Camara et Maminata Camara, avaient accepté d’ôter leur voile et s’apprêtaient à passer la seconde épreuve du jour.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

 

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