Gestion des ordures : « on n’est pas très avancé », dit le maire de Ratoma (Interview)

Monsieur Souleymane Taran Diallo, président de la délégation spéciale de Ratoma
Monsieur Souleymane Taran Diallo, président de la délégation spéciale de Ratoma

Dans l’après-midi de mercredi 29 juin 2016, le président de la délégation spéciale de Ratoma, monsieur Souleymane Taran Diallo, a accordé une interview, à Guineematin.com, à travers un de ses reporters. Il a été essentiellement question de l’insalubrité que connaît la commune de Ratoma, où les tas d’immondices sont devenus le lot quotidien des populations.

Guineematin.com : monsieur Souleymane Taran Diallo bonjour. Où en êtes vous aujourd’hui avec la gestion des ordures dans la commune de Ratoma, d’autant plus qu’on est en début de la saison des pluies ?

Monsieur Souleymane Taran Diallo : bonjour à vous. Cette gestion des ordures, nous en sommes à un point où on peut dire qu’on a commencé mais on n’est pas très avancé. On n’est pas très avancé parce que nous venons de traverser des périodes très difficiles du fait de la fermeture momentanée du dépotoir central de Dar-Es-Salam, où l’accès était impossible pendant environ deux semaines. Les camions ne pouvaient pas y accéder du tout. Ce qui a expliqué l’amoncellement des ordures dans tous les quartiers de Conakry. Vous l’aviez remarqué, même Ratoma qui était réputé relativement propre, les ordures se sont accumulées partout. On nous appelait de partout, on nous interpellait pour raconter un peu n’importe quoi.

Guineematin.com : qu’est-ce qui a provoqué la fermeture du dépotoir de Dar-Es-Salam ?

Monsieur Souleymane Taran Diallo : l’accès était impossible à cause du mauvais état de la route. Les camions ne pouvaient pas passer, il y avait de la boue qui s’était accumulée et il y a une seule entrée. Donc il y avait plus d’une quarantaine de camions là, qui ne pouvaient pas y accéder. Et ensuite, à l’intérieur de la décharge, les ordures étaient presque jusqu’au bord. La machine qui habituellement pousse les ordures était en panne. Donc, il a fallu réparer la machine, samedi dernier (ndlr 25 juin) et elle a commencé à travailler. Ce jour nous étions sur le terrain de 7 heures à 18 heures 30. Cela nous a permit de faire un travail un peu au camp carrefour (Cosa)  et un autre travail à Sonfonia gare 1 où la route était presque coupée. Donc, hier lundi (27 juin) l’armée nationale s’est impliquée et elle a fait un grand travail, elle a terminé le travail qu’on a commencé au camp carrefour.

Guineematin.com : par quels moyens êtes-vous parvenus à réaliser toutes ces activités ?

Monsieur Souleymane Taran Diallo : les premiers travaux  effectués l’ont été grâce à l’aide du gouverneur de la ville de Conakry, le général Mathurin Bangoura. Il nous a beaucoup aidés, aussi bien sur le plan matériel que financier. Il a loué les bulldozers, c’est lui qui a envoyé les camions puis qu’à notre niveau, nous n’avons pas les moyens de le faire. Nous sommes intervenus quelque fois en mettant un peu de carburant. Mais l’essentiel du travail a été fait par le gouverneur de Conakry. Il nous a vraiment secourus et nous avons pu tenir jusqu’à maintenant.  Avec l’implication de l’armée, nous sommes optimistes et nous voulons que cette action continue et qu’on nous donne les moyens. Grâce à l’appui du gouverneur, nous avons, avec 7 véhicules, ramassé un tas d’ordures derrière le marché de Taouyah de 16 heures à 23 heures. Nous avons aussi effectué le travail du Radar, à Hamdallaye 1. C’est des ordures qui s’étaient accumulées là depuis une vingtaine d’années.  C’est un travail qu’on a fait en quatre jours avec des camions et des bulldozers.

Guineematin.com : donc les moyens qui vous ont alloués sont si insignifiants ? Que dire des recettes et autres taxes que vous percevez ?

Monsieur Souleymane Taran Diallo : on n’a pas du tout les moyens d’assainir. Je vous assure que c’est une question de gros moyens. Le bulldozer se loue à quatre millions par jour, sans compter le carburant pour le bulldozer qui va jusqu’à 140 litres et les camions, au moins 20 à 30 litres par jour. La semaine dernière par exemple, nous avions 10 camions à carburer. Vous voyez que c’est une question de gros moyens. Les PME de ramassage d’ordures font ce qu’elles peuvent mais elles n’ont pas les moyens. On doit les suppléer. Quant aux recettes et autres taxes dont vous parlez, ça ne peut faire face qu’au fonctionnement de la commune. Au meilleur des cas on a un montant de 12 millions, si non c’est moins de ça. Il y a tellement de choses à faire. Donc ça ne peut pas faire face.

Guineematin.com : monsieur Diallo merci beaucoup !

Monsieur Souleymane Taran Diallo : c’est à moi de vous remercier.

Entretien réalisé par Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com 

Tél. : 628 14 99 17

 

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