Syndicaliste vendrediA la fin de ce mois de juin 2016, plusieurs fonctionnaires ont contacté Guineematin.com pour dénoncer « la non application d’un point d’accord entre le syndicat, le gouvernement et le patronat » lors des dernières négociations. Cette dénonciation porte sur un point qui aurait mentionné « l’application de la nouvelle grille salariale à la fin de ce mois de juin 2016 » ! Mais, joint au téléphone par un de nos journalistes, un responsable syndical a dit qu’il faudra attendre environ dix jours (après le 15 de ce mois) pour commencer d’abord l’étude de faisabilité de la nouvelle grille salariale…

Selon le secrétaire général de la fédération syndicale professionnelle de l’éducation à la CNTG, et vice-parole de la commission tripartite des négociations, Casmir Diawara, les opérations d’analyse de la nouvelle grille salariale, n’ont pas encore commencé ; alors que le protocole d’accord tripartite signé suite à la dernière grève prévoyait la fin de l’évaluation de l’impact budgétaire de cette grille et l’éventualité de sa mise à jour, le 30 juin 2016.

« Nous n’avons pas pu faire le travail parce qu’au moins 9/15 des membres de la commission chargée de faire le travail sont partis à Genève au BIT avec certains membres du gouvernement tels que le ministre de la fonction publique, le ministre de l’emploi et du travail, l’inspecteur général du travail et presque tous les cadres qui participent à la négociation. Je me suis retrouvé seul ici. En plus, nous syndicalistes, nous avons souhaité que l’arbitrage soit assuré par un expert du BIT qui est le meilleur arbitre lorsqu’il y a un problème entre le gouvernement, le syndicat et le patronat. Alors, la requête est acceptée par le Directeur Général du BIT. Mais, vu la charge et le faible nombre d’experts spécialisés en matière d’études salariales, il nous a dit qu’il ne peut nous libérer l’un des experts qu’à partir du 15 juillet prochain. Nous préférons donc attendre celui-là pour qu’il vienne voir d’abord ce que nous avons proposé afin de pouvoir bâtir une bonne politique salariale, en nous référant des pays de la sous région », a-t-il précisé.

Par ailleurs, le syndicaliste Casmir  Diawara explique que même si la nouvelle grille salariale est appliquée, le bonus à gagner sera mince parce que dans les négociations le gouvernement a demandé aux syndicalistes de voir dans cette période de crise économique, un impact budgétaire qui ne dépasse pas deux milliards de francs guinéens le mois. Soit 24 milliards l’année. En plus, le syndicaliste lève une équivoque : « transposition ne veut pas dire augmentation. Dans aucune ligne du protocole d’accord, il n’est écrit qu’à la fin de juin il y aurait une augmentation des salaires ».  Cependant, il se félicite du résultat obtenu sur l’avancement des fonctionnaires dont la nouvelle grille prévoit 6000 GNF par échelon au lieu de 2 000 GNF l’échelon dans l’actuelle grille.

Ainsi, les fonctionnaires guinéens qui ont pourtant hâte de voir leurs salaires augmentés en vue de subvenir à leur quotidien devront toujours attendre un délai indéterminé.

Pas de baisse du prix du carburant… craindre une augmentation après 2016

Concernant la question de la baisse du prix du carburant qui intéresse toutes les couches sociales, monsieur Casmir  Diawara estime qu’avec l’évolution du prix du baril au niveau international, mettre une pression sur le gouvernement n’aura plus d’impact positif : « nous n’allons pas lâcher la question du carburant jusqu’au mois d’octobre. Mais, avec la montée du prix du baril qui est actuellement à près de 50 dollars, même si on  mettait la pression sur le gouvernement, on ne pense pas avoir même 500 GNF réduit sur le litre. Mais, rappelez vous qu’il y a de cela huit mois les experts analystes du marché de pétrole avaient prévenu que d’ici le mois d’août 2016 le prix du baril va dépasser les 57 dollars. Et, au moment où nous signions cet accord, le prix du baril était à moins de 30 dollars. Donc, notre souci est de préserver ce résultat obtenu qui constitue un piège pour le gouvernement ; car dans l’accord, on s’est entendu que le prix du litre de carburant à la pompe ne va pas dépasser 8 000 GNF d’ici le mois de Décembre 2016. Ce qui veut dire que même si le prix du baril partait à 60 ou 70 dollars, c’est le gouvernement qui perd parce qu’on leur a dit de ne plus subventionner le carburant », a-t-il renchérit.

Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 622 671 242 / 656 464 286

 

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