mairie de FaranahQuelques heures après la fin des dernières épreuves du baccalauréat unique, session 2016, Guineematin.com a été interpellé par un enseignant résident au centre ville de Faranah. Au bout fil, notre informateur a affirmé que pendant le déroulement du baccalauréat unique, des cahiers-réponses ont été vendus par la complicité de la DPE de Faranah.

« D’abord, il faut remarquer qu’aucun centre d’examen n’est clôturé à Faranah. Donc, l’accès est facile à tous ceux qui veulent s’y rendre. Maintenant, en ce qui concerne les cahiers-réponses, ils ont été vendus sous la complicité du DPE, monsieur Kabinet Mady Fofana. Au début, le prix était à 20 000 GNF ; et, vers la fin, ils ont monté le prix à 50 000 GNF. Cela permettait à des équipes externes d’aller traiter les sujets pour certains candidats privilégiés. Quelques minutes avant la fin de l’épreuve, ils viennent remplacer les autres cahiers qui étaient avec les candidats. Vous pouvez appeler le DPE pour vérifier. S’il nie, demander lui pourquoi certains agents de sécurité et des surveillants ont été remplacés ? Pourquoi certains responsables de centre ont voulu jeter l’éponge ? C’est un secret pour personne à Faranah », rapporte notre informateur qui a requis de l’anonymat.

Parlant des personnes appartenant au réseau du DPE, notre source a cité un certain Soriba Camara, étudiant à l’université et professeur-contractuel : « celui-ci donne les cours de mathématiques au lycée Tandaya. Il y a également, madame Bintougbé qui est conseillère à l’orientation au lycée Gamal Abdel Nasser de Faranah », a précisé notre source.

Evidemment, après cette conversation, Guineematin.com a immédiatement cherché à joindre monsieur Kabinet Mady Fofana, le Directeur préfectoral de l’éducation (DPE) de Franah. Mais, c’est dans la matinée de mercredi 13 juillet 2016 qu’on a pu l’avoir : « C’est ma première nouvelle ! S’il y a eu vente des cahiers-réponses, personne ne m’en a parlé. Je viens juste de me séparer avec le superviseur ; mais, personne n’a parlé de ça », a dit avec une certaine insistance le DPE de Faranah.

Concernant les deux autres personnes citées par notre source, le DPE dit ne même les connaître ! « Il n’y a pas une Bintougbé qui est conseillère à l’orientation au Lycée Gamal Abdel Nasser. Moi, je ne l’a connais pas. Vous pouvez chercher les contacts des intéressés ou bien vous mettez la police à leur trousse. Moi, je n’ai pas le droit parce que je n’ai pas les preuves pour leur demander », a répondu monsieur Kabinet Mady Fofana.

Sur la question du remplacement de certains agents de la sécurité et des surveillants (pour favoriser la fraude), monsieur le DPE a dit : « Au cours de l’examen à Faranah, aucun agent de sécurité n’a été remplacé. Plutôt, vous savez que c’est un problème de sécurisation. Notre centre n’est pas clôturé. Donc, lorsque qu’on constate qu’il y a des gens qui viennent d’ailleurs, on renforce la sécurité. Et, c’est tout à fait normal. On a renforcé la sécurité à ce niveau. De là à dire qu’on a remplacé certains agents de la sécurité, c’est faux », a nié le patron de l’éducation de la préfecture.

Interrogé sur les fraudes avérées à Faranah (au moins 8 cas), monsieur Kabinet Mady Fofana, a essayé de relativiser : « Sur les cas de fraudes, ça c’est lorsque les délégués constatent qu’il y a des anomalies. Je n’étais pas dans les centres en même temps. On me rendait compte. Je crois savoir qu’au niveau d’un centre, il y a eu permutation de cahiers de brouillon, mais pas les cahiers-réponses. Lorsque le délégué l’a constaté, il a appelé la DPE qui lui a donné deux autres surveillants », a-t-il dit.

A la question de savoir comment a-t-on fait la distribution des matériels d’examens à Faranah, monsieur le directeur préfectoral de l’éducation a expliqué que les cahiers-réponses ont été mis à la disposition du chargé du matériel : « C’est lui qui est chargé de la distribution au niveau des centres. Je crois savoir, après avoir conditionné les cahiers et les autres matériels pour les centres, il les emballe pour les mettre à la disposition des responsables des centres. C’est lorsque le délégué arrive qu’ils ouvrent et commencent le conditionnement. Donc, les matériels partent de la DPE aux centres, des centres aux salles d’examens. Ensuite, ces cahiers-réponses sont envoyés à notre niveau. On ne peut pas vous certifier que dans tous les paquets qui viennent, aucun matériel n’a été entamé. Il peut y avoir des cahiers-réponses qui sont entamés dans le transport. Mais, on les reçoit. Maintenant, vouloir dire que les cahiers-réponses ont été vendus, c’est ma première nouvelle…», a-t-il expliqué.

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’actuellement à Faranah, le sujet fait débat. Et le ministère en charge de l’Enseignement Pré Universitaire devrait ouvrir une enquête pour élucider la situation dans l’intérêt de notre système éducatif.

Mamadou Alpha Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

 

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