Top Sylla« Les promesses n’engagent que ceux qui y croient » ! Un aphorisme qui tirerait son origine de l’attitude d’un barbier pour le moins futé. Il aurait écrit sur une pancarte placée devant sa porte : « demain on rase gratis ».  Mais notre bonhomme, assurément très près de ses sous, l’y laissait tous les jours.

Résultat ? Le client qui, le lendemain du jour où il avait lu la pancarte, venait se faire raser ou couper les cheveux et qui s’étonnait de devoir quand même payer, s’entendait répondre : « oui, mais il y a écrit que c’est demain que c’est gratuit ».

Comme il l’avait promis, le président Alpha Condé, après sa réélection, a nommé un Premier ministre et les autres membres du gouvernement librement, en refusant de se plier à une quelconque pression de son parti ou de ses alliés. Après des grincements de dents du côté du RPG/AEC, et des critiques contre le népotisme et le copinage qui auraient prévalu au choix de certains, la nouvelle équipe a suscité de l’espoir.

Sept mois plus tard, ce serait un pur euphémisme d’affirmer que les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs. Au fil du temps, les observateurs – y compris les plus complaisants –  sont arrivés à cette conclusion : avec cette dernière fournée ministérielle il n’y a pas d’équipe, pas de plans, pas de cohésion. Notamment par la faute d’un Premier ministre inhibé qui semble comme perdu dans son rôle de coordination et d’impulsion de l’action gouvernementale.

« L’administration est affaire de technique et le gouvernement affaire de personnalité » (A. Siegfried). Mamady Youla illustre aujourd’hui parfaitement ces propos. La conséquence ? Une gouvernance qui hésite, bafouille, hoquette, manque de clarté et d’intelligibilité. Autrement dit, l’embrouille érigée en système de gouvernement. Pour rester juste, il faut quand même reconnaître qu’il a réussi une prouesse : Il est arrivé à nous faire regretter l’insipide Saïd Fofana. Triste, mais incontestable exploit.

Fini le Ramadan, voilà que le pays – notamment Conakry la capitale – s’attend, non sans inquiétude, à la reprise annoncée des manifs d’une partie de l’opposition (la plus significative en termes d’électorat et de mobilisation). Il est fort à craindre que là également le Premier ministre, censé mener le dialogue politique et social, ne soit pas à la hauteur pour désamorcer la crise avant la date fatidique. Comme ce fut le cas avec la dernière menace de grève des syndicats, où il aura fallu une intervention in extremis du parlement pour amener ceux-ci à de meilleurs sentiments.

Les propos que l’on entend dans certains QG ne sont pas de nature à calmer les appréhensions. Comme ceux faisant allusion à une éventuelle contre-manifestation de la part du parti présidentiel. Les tenants de ce scénario n’en perçoivent certainement pas le danger, alors que cela ne pourrait que faire l’affaire des leaders opposants. Plus les débordements et autres troubles seront importants, plus ils se frotteront les mains : c’est surtout le pouvoir qui en pâtira (image écornée, perturbation des activités économiques génératrices de recettes, etc.).

En attendant, on croise les doigts. Après le Ramadan, le ramdam ?

Jusqu’à preuve du contraire

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