Ahmed CamaraCe lundi 15 Aout 2016, le Premier ministre guinéen, Mamady Youla, était l’invité de nos confrères de la radio Espace, à l’occasion de leur première émission des Grandes Gueules de la saison. Et, c’est la première fois dans l’histoire de la Guinée qu’un Premier ministre se déplace vers un média privé pour répondre aux questions des journalistes. Egalement enthousiasmé par cette rentrée, Guineematin.com a dépêché deux de ses reporters à la « Maison Espace ». Cela nous a permis, non pas de parler avec le Premier ministre, mais de parler avec ceux qui ont parlé avec lui. Pour Ahmed Camara, c’est important « qu’il ne soit pas le premier et le dernier ».

Décryptage et vidéo de notre entretien avec Ahamed Camara

Ecoutez, c’est une satisfaction. On en demande pas plus. Vous avez un mandat qui vous est confié. Vous avez besoin de dire au peuple ce que vous faites, est ce que c’est le bon chemin. Si ce n’est pas le bon chemin, mais venez en Guinée vous asseoir dans le pays. Nous on fait pas mal de souci, on fait pas mal d’enquête, on a beaucoup d’informations sur la gestion des autorités. Alors, si on peut faire un service au peuple de Guinée, il faut venir se prêter aux questions des journalistes.

Donc, en Guinée, si ça n’a jamais été fait par un Premier ministre en fonction et que maintenant c’est le cas, je pense que c’est une bonne voie à suivre bien évidemment, surtout si à part lui d’autres ministres viennent se prêter aux questions des journalistes et qu’il ne soit pas le premier et le dernier.

On a eu le Président de la République à quelques heures de sa prise de fonction en 2010, avant qu’il ne soit déclaré Président. Moi-même, je l’ai eu au téléphone, on a cordonné une interview ; mais, depuis lors, je n’ai jamais eu l’occasion d’interviewer le Président de la République. Il est parti au Burkina Faso, il s’est dirigé vers une radio privée avec laquelle nous faisons concurrence, il leur a accordé une interview ; mais, pourquoi pas chez nous en Guinée. C’est un grand plaisir de voir le Président de la République s’assoir et débattre sur les antennes d’une radio de la place.

Le Premier ministre a dit ce qu’il fait, nous lui avons posé un certain nombre de questions, c’est la raison pour laquelle je suis revenu d’ailleurs sur la question des taxes qui sont payées par les populations au niveau des zones minières. Quand vous allez dans ces localités, vous allez trouver des populations qui souffrent avec un taux de pauvreté qui a atteint son seuil ; alors que ce sont des œuvres. J’ai donné l’exemple sur Siguiri. Vous avez Siguiri qui donne une somme de 30 milliards chaque année et cela ne date pas d’hier, cela fait des années. Alors, toute cette somme qu’est ce qu’on fait exactement avec toute cette somme ? Les populations ne voyant pas du tout l’impact. J’ai posé la question pourquoi. Le Premier ministre a trouvé cette question un peu embarrassante.

Ensuite, la question sur la pèche, cette question n’a pas eu réellement de réponse ; on m’a dit non l’Union européenne ! L’Union européenne ! Mais, j’ai dit à quand le poisson pour le guinéen ? On parle du poisson pour les européens, on ne parle pas du poisson des guinéens ; je ne suis pas d’accord. C’est ce que j’ai condamné. A chaque fois qu’on pose la question au Président, il ne parle que du poisson dans l’assiette des européens ; mais, pourquoi pas le poisson dans l’assiette des guinéens ? Donc, il faut s’habituer à répondre aux questions dans le bon sens parce que pour moi la réponse qu’il donne n’est pas celle qui intéresse le bas peuple. L’assiette d’autrui n’intéresse pas le bas peuple, c’est son assiette qui l’intéresse.

Donc, nous avons posé nos questions, le Premier ministre a répondu à sa manière. Maintenant, le reste, c’est à chacun de tirer les leçons.

Mamadou Diouldé Diallo et Abdoulaye Oumou Sow pour Guineematin.com

 

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