Comme annoncé dans nos précédentes parutions, la 10ème journée du dialogue politique inter guinéen s’est tenue hier vendredi 07 octobre 2017 sans consensus sur l’indemnisation des victimes des pillages économiques lors des manifestations de l’opposition, a constaté guineematin.com à travers un de ses reporters qui était au palais du peuple.

Réunis depuis 10 heures, les principaux protagonistes ne se séparés qu’aux environs de 19 heures après une longue pose entre 13 heures et 15 heures.

Au sortir de la rencontre, le porte-parole de l’opposition, Aboubacar Sylla a révélé à la presse le point de blocage des négociations: « L’accord du 3 juillet 2013 indiquait que les victimes devaient être indemnisées par l’Etat. Il se trouve qu’aujourd’hui, absolument rien n’est fait sur ce plan. Même nous de l’opposition, nous avons été très choqués par certains propos qui ont été tenus par certaines personnes qui avaient l’air un peu de banaliser ce que nous considérons comme une situation extrêmement grave », a explique l’opposant.

Dans sa communication, Aboubacar Sylla a laissé entendre que l’opposition ne tergiversera pas sur cette question : « Nous avons dit que l’indemnisation des victimes est un principe qui a été retenu et qui doit être distinct de la procédure judiciaire, puisque ce ne sont pas les personnes qui vont être convaincues des culpabilités dans les violences exercées contre les manifestants qui vont les indemniser. C’est tout simplement l’Etat. Nous avons fait une proposition qui, malheureusement, n’a pas été acceptée. Donc, nous avons dit que sur cette question, nous sommes intransigeants », a-t-il ajouté.

Faute de consensus sur la question, les débats ont été renvoyés à lundi prochain dans l’espoir que le temps apportera conseil : « Nous avons donc dû suspendre la session d’aujourd’hui sans avoir abouti à un accord sur ce point. Nous allons reprendre le travail lundi. Je pense que le week-end portant conseil, il sera peut-être possible, dans des lobbyings que nous allons exercer entre temps dans le cadre des consultations plus ou moins informelles que nous allons organiser d’arriver à un accord avant midi pour que nous puissions conclure ce dialogue », a-t-il conclu.

De son côté, le porte-parole de la mouvance présidentielle, Lansana Komara, a indiqué que cette question revient plutôt à la justice : « Concernant l’indemnisation, je crois que la semaine va porter conseils et nous allons nous retrouver lundi pour trouver une solution à ce point. Pour nous, l’indemnisation ne peut se faire que par la justice. C’est-à-dire qu’on ne peut pas indemniser quelqu’un si on ne sait pas qui doit être indemnisé et qui doit le faire, comment on doit le faire. Les jours à venir nous le prouveront. Mais nous sommes sur la bonne trajectoire », a-t-il estimé.

Comme on le sait, ce sont des centaines de personnes qui ont vu leur économie partir en fumée lors des manifestations politiques. Une perte qui se chiffre à des milliards de francs guinéens. Malheureusement, cet argent ou ces biens détruits appartiennent à des personnes qui n’ont parfois rien à voir avec le combat politique. Depuis, ils réclament justice.

Mais, ce nouveau blocus au dialogue laisse encore planer le doute quant à leur dédommagement. Les débats continueront lundi, a-t-on dit.

Mamadou Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

 

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