Labé : « Nous ne bénéficions d’aucun financement dirigé vers les handicapés »

handicapesDans la ville de Labé, la situation des personnes handicapées reste une préoccupation compte tenu des  nombreuses difficultés auxquelles ils sont quotidiennement confrontés. Ces handicapés, majoritairement regroupés à la devanture de la grande mosquée, sont obligés de mendier ou de recourir souvent au vol pour subvenir à leurs besoins, faute de soutien, a constaté Guineematin.com, via sa correspondante basée dans la préfecture.

Pour quelques personnes handicapées interrogées, leur situation actuelle suscite des interrogations car disent ils, ils sont laissés à leur merci, sans aucun soutien venant des autorités  compétentes : « Ici, nous sommes près d’une centaine de handicapés, malades et bien portants. Seulement, la plupart n’a pas de travail. Les handicapés bien portants se livrent au banditisme et au vol. Nous sommes laissés à notre merci et nous ne bénéficions d’aucun soutien des responsables concernés. Pourtant, ils doivent nous aider pour ne pas qu’on soit des mendiants et que nous enfantons aussi des mendiants », a dénoncé Sally Madiou.

« Les autorités compétentes sont censées nous assister car personne ne décide de naitre handicapé », estime  Thierno Souleymane Baldé  qui contrairement à d’autre handicapés, entreprend une activité pour subvenir à ses besoins. « Les autorités connaissent notre existe et elles savent que nous avons besoin d’aide. Donc, si elles nous aident, tant mieux, et si elles ne nous aident pas aussi on s’en remettra à Dieu car naitre handicapé est une volonté divine. Moi, je ne me promène pas pour mendier, je suis sur place et dispense des cours coraniques pour subvenir à mes besoins », a-t-il confié à Guineematin.com ce samedi.

Côté autorités locale, les responsables sont conscients des enjeux que cette marginalisation pourrait susciter. Cependant,  Madame Kadiatou Soumano, chargée des questions d’enfance à la préfecture de Labé, explique cette attitude par un manque de financement. « Nous ne bénéficions d’aucun financement dirigé vers les handicapés leur permettant de survivre. Ce n’est pas nécessaire de remonter l’information au ministère de tutelle d’autant plus qu’ils savent que tous les handicapés de la Guinée relève de ce département. Donc, de la même manière qu’ils cherchent des financements pour les enfants et femmes, ils doivent faire autant pour les handicapés ».

En dépit donc de ce manque de financement, Madame Soumano invite tous les handicapés au travail au lieu de pleurnicher sur leur sort. « Ce qui est déplorable, c’est le fait que les personnes qui se réclament handicapées ne s’efforce pas à étudier ou à entreprendre un métier lui permettant de survivre. Donc, je pense qu’ils doivent tous travailler comme nous tous ».

Malgré l’exécution de différentes actions annoncée par le ministère guinéen de l’action sociale à l’occasion de la célébration de la journée internationale des personnes handicapées ce samedi 3 décembre 2016, beaucoup de travail reste encore à faire pour le respect des droits de ces personnes handicapées.

De Labé, Yayé Aïssata Diallo pour Guineematin.com

Tél.: (00224) 620 03 66 65 

 

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