Aujourd’hui, Labé a le plus faible effectif des élèves dans les centres de formation professionnelle du territoire guinéen. Ces propos sont ceux de Diallo Mamadou Aliou Pellel, directeur du centre  de formation professionnelle de Labé. Ce constant au delà de la désolation, suscite inquiétudes et angoisse chez le responsable de l’institution d’enseignement professionnel de Labé qui au micro de Guineematin.com, s’est permis d’évoquer quelques conséquences que cet état de fait pourrait engendrer si rien n’est fait pour renverser la tendance.

L’an passé, c’est près de 2000 candidats qui se sont présentés au CFP de Boké. Alors qu’au même moment, Labé peinait à avoir 40 candidats, a rappelé M. Mamadou Aliou  Pellel Diallo avant de renforcer son argumentaire par les statistiques obtenues cette année lors du recrutement. « Ce problème ne date pas d’aujourd’hui, il remonte de l’année 2000. Pour le recrutement de cette année 2016, on a enregistré que 40 élèves pour les cinq préfectures de la région administrative de Labé.  Au même moment, Kankan ville qui a deux centres, enregistre plus de 1500 candidats par centre. »

A la question de savoir quelles sont les raisons du faible afflux au sein de ce centre de formation, le directeur du CFP de Labé indique,  « la raison est que nos parents ne comprennent pas que l’enseignement technique représente le socle de tout développement.  Ils pensent que c’est en faisant le commerce ou en exerçant la corporation de taxi-moto qu’on peut résoudre les problèmes. Pourtant, ils ignorent que les école professionnelles sont mieux placées pour résoudre les problèmes d’emploi que les guinéens ont aujourd’hui. Pour cela, je souhaite leur dire que le CFP est loin d’être une poubelle parce que c’est généralement ceux qui ne réussissent pas  ailleurs, qui viennent chez nous. Or là où les autres ont échoué, c’est là-bas où, nous, nous réussissons ».

Faisant une étude comparative entre les institutions universitaires et les centres de formation, M. Diallo estime que ce désintéressement à l’enseignement technique pourrait susciter à long terme, un regret général. « L’université est entrain de fabriquer des chômeurs. Mais chez nous, dès que tu viens en première année, on te met en tête qu’on ne te forme pas pour la fonction publique mais plutôt pour que tu puisse te prendre en charge au terme de la formation. Imaginez vous, si l’enseignement technique représente le socle de tout développement, si les enfants du foutah, restent hostiles et ne viennent pas se former, il va s’en dire qu’il arrivera un jour où ça sera un regret pour tous les habitants de cette région », a-t-il confié à Guineematin.com

Avec un effectif total de 277 élèves dont 47 filles, pour l’année scolaire 2016-2017, le CFP de Labé,  dispose actuellement de six (6) filières.  A savoir, la chaudronnerie, la maçonnerie, la menuiserie, la mécanique auto, l’électricité bâtiment et la plomberie.

De Labé, Yayé Aïssata Diallo, pour Guineematin.com

Tél: (00224) 620 03 66 65

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