Le point deux (2) de l’accord politique du 12 octobre dernier semble difficile à passer à l’Assemblée nationale. Deux reporters de Guineematin.com ont donné la parole à l’honorable Gobou Camara, député uninominal de Yomou et membre du RPG arc-en-ciel hier, jeudi 22 décembre 2016. L’échange a essentiellement porté sur la modification du code électoral et du code des collectivités locales, les réserves soulevées par certains partis politiques et des organisations de la société de la société civile sur le mode de désignation des conseils de quartiers et des districts.

Décryptage !

Guineematin.com : honorable, depuis le 14 décembre dernier, date marquant l’adoption du budget de l’Etat pour l’exercice 2017, vous examinez un certain nombre de textes de loi. Est-ce qu’on peut savoir réellement où en êtes-vous ?

Honorable Gobou Camara : Je vais vous dire que nous avons reçu trois textes pour le moment. Parmi lesquels, il y a le code électoral, le code des collectivités et le code du haut conseil des collectivités locales. Actuellement, nous sommes sur le code électoral qui pose assez de problèmes. On n’arrive pas à se comprendre sur le type d’élection qui porte sur la désignation des chefs des quartiers et des présidents des districts.

Guineematin.com : est-ce que vous pouvez nous donner un peu plus de détails sur l’ambiance qui règne au sein de la commission des lois qui examine ce projet de modification du code électoral ?

Honorable Gobou Camara : Depuis le lundi 19 décembre, nous avons statué sur le dossier, sur le code électoral. Dans l’ensemble, tous les partis politiques sont représentés. Depuis lundi passé, nous travaillons ; mais, le mercredi (21 décembre 2016), on s’est butté au titre 2 de ce code électoral. Cette question ne nous permet pas d’avancer. Nous avons reçu un groupe de partis, dirigé par Dr. Faya Milimono, qui nous ont déposé une pétition le mardi. Et, le mercredi matin, on a reçu une pétition de la société civile, signée par deux mille organismes qui représentent la société civile à Conakry et à l’intérieur du pays.

Guineematin.com : honorable, quand est-il des réserves soulevées par ces partis politiques et ces organisations de la société civile, par rapport au mode de désignation des conseils de quartiers et des districts ?

Honorable Gobou Camara : Justement, ces partis politiques et les organisations de la société civile ne sont pas d’accord sur le mode de désignation des chefs des quartiers et des présidents des districts. C’est-à-dire que l’accord politique du 12 octobre qui a été conclu entre l’opposition et la mouvance présidentielle avait indiqué que désormais, au lieu que les chefs des quartiers et les présidents des districts soient élus par leurs mandants, qu’ils soient désormais choisis au prorata des résultats des élections obtenues. Et, cela limite un tout petit peu la démocratie. Alors que la constitution dit qu’en Guinée, les élections sont universelles et directes. Donc, le point 2 de l’accord du 12 octobre va en contradiction avec la constitution qui est la mère des lois dans notre pays.

Guineematin.com : Justement, quel est votre point de vue, vous, en tant que mouvance présidentielle ?

Honorable Gobou Camara : En ma qualité d’élu et en tant que citoyen libre, l’accord ne veut pas dire la loi ! L’accord est obtenu en fonction d’un certain nombre d’événements. Donc, pour mettre fin à toutes ces tracasseries, ces deux grandes formations politiques sont tombées d’accord sur quelque chose qui a été envoyé au gouvernement, celui-ci a pris soin d’envoyer ce texte à l’Assemblée nationale pour que toutes ces questions soient débattues là.

Guineematin.com : honorable, est-ce que vous avez une idée relative au cycle électoral qui a quand même du mal à s’appliquer sur la prescription de la constitution, si chaque année il faut organiser une élection ?

Honorable Gobou Camara : le problème est que même nous, en commission, on a essayé d’en parler. C’est que chez nous, la politique gère tout, elle est pratiquement au dessus de tout. Sans quoi, un pays sous développé comme la Guinée, bien qu’on vienne de traverser ce cap avec autant d’élections. Si nous prenons l’année 2017, il doit il y avoir l’élection communale. C’est l’élection la plus compliquée, la procédure est très longue et complexe. En 2018, on doit organiser l’élection législative. En 2020, on parlera d’élection présidentielle ; imaginez notre économie, avec le budget que cela demande. Sinon, moi, j’aurais voulu que l’élection présidentielle et les élections présidentielles se passent au même moment, pour qu’en fin de mandat, qu’ils partent à la même période. Ça pourrait nous aider à réduire un peu les dépenses au niveau de l’Etat.

Ibrahima Sory Diallo et Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

 

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