Modification du code électoral : Dr. Deen Touré donne la position de l’UFR (interview)

Après les députés du RPG arc-en-ciel, Gobou Camara, député uninominal de Yomou, et de l’UFDG, Cellou Baldé, député uninominal de Labé, Guineematin.com a donné la parole, ce mardi 27 décembre 2016, à l’honorable Deen Touré, député de l’UFR et président du groupe parlementaire Alliance républicaine. Comme les autres députés, nous l’avons interrogé principalement sur l’étude et l’examen du projet de modification du code électoral et du code des collectivités locales.

Décryptage !

Guineematin.com : Honorable, depuis le 19 décembre, vous êtes plongés sur l’étude et l’examen d’un certain nombre de textes dont ceux concernant la modification du code électoral et le code des collectivités. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire en ce qui concerne la modification du code électoral ?

Honorable Dr. Deen Touré : Je pense que, comme c’était prévu par les accords de 2015 et reconfirmer par les accords de 2016, nous avons donc entrepris le réexamen ou la révision du code électoral. Un code de 225 articles. Avant, on nous avait déposé un projet d’amendement du code électoral en 213 articles. Je pense que ça évolue tant bien que mal pour l’UFR et le groupe parlementaire qu’il dirige.

Guineematin.com : pouvez-vous nous parler des réserves portées par les députés de l’UFR et d’autres députés ?

Honorable Dr Deen Touré : les réserves portées par notre groupe en particulier concernent la forme. Vous savez comme moi qu’en droit, le fond et la forme se soutiennent fermement. Vous savez, quand on doit présenter un projet d’amendement de loi, on doit indiquer dans ce projet le dispositif à amender, on doit le décrire dans l’exposé des motifs. On doit aussi parler des relations de ce dispositif avec les autres articles de la loi, encore plus avec la constitution qui est le texte de base de notre pays. Et, ce projet comme ils l’ont amené (ndlr : le gouvernement), c’est comme s’il faut encore faire un autre code électoral parce qu’on ne nous a pas demandé les dispositifs à amender. Mais, on se rend bien compte que de 225 articles, nous sommes allés à 213 articles dans ce projet. Donc, ça veut dire que 12 articles soit ont été remaniés, soit ont été refondus. Ça soumet le parlementaire à un travail fatidique qui voudra qu’il passe à la relecture de tous les articles.

Guineematin.com : aujourd’hui, nous savons que le problème réside au point 2, relatif au mode de désignation des conseillers des quartiers et des districts. À ce niveau, quelles sont vos propositions ?

Honorable Dr. Deen Touré : Nous, au groupe parlementaire Alliance Républicaine, nous avons fait des propositions particulières. Nous voulons que les quartiers et les districts soient dirigés par des responsables élus tel que prévu par le code électoral maintenant. On nous propose aujourd’hui dans le code à amender de prendre ces responsables au prorata des résultats des communales et de faire designer les chefs des quartiers et des districts par des entités dont les listes viendrons en tête des quartiers. Cela veut dire que c’est une élection indirecte, ce n’est pas dans les prérogatives des partis politiques de désigner les chefs de quartiers. Nous, nous trouvons qu’il y a un problème avec la constitution, il y a aussi des problèmes avec la société civile, avec les citoyens. Les quartiers et les districts, c’est là que les familles se côtoient, c’est là où la Nation commence. Nous à l’UFR, nous ne voulons pas que ces localités soient dirigées par des personnes désignées par les partis politiques. Nous nous sommes pour le moment favorables à l’élection directe par les citoyens des conseillers de quartiers et des districts.

Guineematin.com : Est-que vous avez une idée de la faisabilité de cette opération électorale, caractérisée par un nombre impressionnant de commission administrative de centralisation de vote ?

Honorable Dr. Deen Touré : C’est un débat qui a commencé à avoir lieu. Mais, je vous di, nous agents politiques, nous députés, ce n’est pas tellement notre travail. Notre travail, c’est émettre un principe politique démocratique tel que prévu par notre constitution et trouver la possibilité comment cela se fasse. L’exécution, c’est le domaine réglementaire. De la même façon qu’on a pu organiser les élections présidentielles et législatives, c’est de la même façon qu’on doit procéder pour ces élections locales. Pour élire le chef de l’Etat, c’est dans le quartier, pour élire le député, c’est dans le quartier. Donc, pourquoi on ne peut pas élire les hommes de quartiers dans le quartier ?  Les bulletins sont déjà là-bas, les urnes sont déjà là-bas, le fichier est déjà là-bas. Je pense qu’il faut juste réfléchir comment ça été dans le passé, comment ça va se passer, c’est une question technique, il suffit juste d’y réfléchir un peu. Mais, avec le principe de base qu’un responsable de quartier à la base ne saurait répondre aux desideratas d’un parti politique, fut-il l’UFR, nous trouvons que c’est dangereux.

Guineematin.com : certains disent que les travaux sont bloqués. Que dites-vous ?

Honorable Dr. Deen Touré : Je ne dirais pas que c’est bloqué, déjà les commissions sont entrain de travailler. Seulement, ça patine un peu, souvent il y a même des querelles de crochées ; mais, nous pensons que tout ira bien, nous devons juste savoir que nous sommes élus pour représenter les citoyens pas pour les remplacer.

Guineematin.com : quelle est la chance que ce projet de code modifié pourrait avoir pour passé en Janvier ?

Honorable Dr Deen Touré : Je ne saurais évaluer, je ne saurais le dire. Ce que je peux dire, moi député, je voterais contre.

Guineematin.com Merci honorable d’avoir répondu à nos questions.

Honorable Dr Deen Touré : Je vous remercie.

Interview réalisée par Ibrahima Sory Diallo et Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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