Dans la matinée de ce vendredi 30 décembre 2016, des journées de réflexions les institutions constitutionnelles de la Guinée ont été officiellement ouvertes. Organisée dans la salle des actes du Palais du peuple par le Conseil National des Organisations de la Société Civile (CNOCS-G), cette rencontre animée par des experts de haut niveau, vise à diagnostiquer les problèmes auxquels sont confrontées nos institutions, a appris Guineematin.com, à travers son reporter qui était sur place.

Expliquant les raisons de cette rencontre, Dr. Dansa Kourouma, président du CNOCS-G, a rappelé que les précédentes rencontres organisées par la société civile ont révélé que les populations guinéennes ne sont pas satisfaites de leurs institutions républicaines. « D’abord, les conditions de mise en œuvre de ces institutions posaient problème, la loi n’est pas respectée sur toute la rigueur, le mode de choix ne respecte pas les principes d’intégrité et la rigueur requise pour avoir des représentants de qualité. Et, ces institutions sont étouffées par un manque de ressources financières et des ressources humaines de qualité qui leur permettent d’offrir les services publics de qualité. Et, nous-mêmes, on est représenté dans certaines de ces institutions républicaines en tant que société civile, on s’est dit pourquoi ne pas organiser ces journées de réflexions et se dire réellement pourquoi ça ne va pas ».

A l’issue de cette rencontre, Dr. Dansa Kourouma  espère que la Guinée aura « un document de plaidoyer où les points faibles, les facteurs fragilisant, les défis émergents au niveau de ces institutions soient répertoriés, analysés par les experts et transmis à qui de droit », dit-il, avant de préciser à qui ce document final sera destiné : « je veux dire le Président de la République qui est le premier responsable de la République et l’Assemblée nationale qui vote ces réformes institutionnelles ».

Invitée à prendre la parole à l’occasion de cette cérémonie d’ouverture, madame Martine Condé, la présidente de la Haute Autorité de la Communication (HAC), a longuement parlé des problèmes auxquels sont confrontées les différentes institutions de la République, en général et son institution en particulier. Selon la présidente de la HAC, ces problèmes sont souvent liés au mode de désignation du personnel qui se fait non pas par le mérite, mais par affinité.

« Dans les institutions, tout le monde sait qu’on dit souvent que la Présidente ou le président est élu ; mais, on sait comment se fait le mode de désignation. C’est souvent le copinage, la loi n’est pas respectée. On désigne par népotisme ; soit son parent, son copain ou bien il doit aller à la retraite, il faut qu’il profite… Une institution, ce n’est pas un Ministère où il peut y avoir plusieurs niveaux de fonctionnaires ! Dans une institution, on doit pouvoir concevoir des textes », a expliqué madame Martine Condé.

Par ailleurs, la présidente de la HAC a rappelé que depuis la mise en place de son institution, en Mars 2015, « le salaire et les indemnités du personnel ne sont pas fixés, ce qui constitue un handicap majeur et qui empêche son institution de fonctionner correctement ».

Enfin, monsieur Souleymane Keita, le représentant à cette cérémonie de monsieur Mohamed Lamine Fofana, Ministre conseiller spécial à la Présidence chargé des relations avec les institutions républicaine, a félicité la société civile pour cette initiative. « Les acteurs doivent se retrouver à tout moment pour revisiter les lois par rapport au fonctionnement, aux rapports entre les institutions, aux rapports entre les institutions et la population guinéenne. Ce, pour pouvoir trouver des solutions et éviter de sortir dans les rues », a-t-il rappelé.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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