Dans la matinée du vendredi 30 décembre 2016, un reporter de Guineematin.com a rencontré l’ancien ministre de la communication, Alhousseiny Makanéra Kaké. Dans cet entretien, l’ancien bras droit du professeur Alpha Condé, devenu opposant, a répondu à plusieurs questions d’actualité.

Décryptage !

Guineematin.com : Bonjour monsieur le ministre et merci d’avoir accepté de nous recevoir

Alhousseiny Makanéra Kaké : Tout le plaisir est pour moi parce que je précise que Guineematin.com est l’un des sites les plus actifs de la Guinée. Ce qui est surprenant parce que c’est en peu de temps qu’il existe. Comme pour confirmer l’adage qui dit qu’: « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années » est une réalité chez vous.

Guineematin.com : Merci encore monsieur le ministre ; et pour commencer, je vais vous demander comment se porte votre parti, le FND (Front National pour le Développement) ?

Alhousseiny Makanéra Kaké : Je voudrais vous dire que mon parti se porte très bien et que nous sommes dans une alliance qu’on appelle Coalition Anti Système (CAS) avec mon frère jumeaux El hadj Papa Koly Kourouma, président du parti GRUP.

Guineematin.com : dans quelles circonscriptions on peut s’attendre à votre candidature lors des prochaines élections communales ?

Alhousseiny Makanéra Kaké : D’abord, mon parti ira en alliance avec le parti GRUP, sous le label CAS (Coalition Anti Système) sur la quasi-totalité des communes de la Guinée. Mais, ce qui demeure pour le moment vrai, c’est que je serais candidat pour briguer la mairie de Boké.

Guineematin.com : Vous êtes candidat pour la mairie de Boké et vous appartenez à une coalition de l’opposition. Dites-nous comment cette opposition se porte avec le départ de Faya Millimono du BL, en plus de l’UFR de Sidya Touré ?

Alhousseiny Makanéra Kaké : Je ne crois pas que le Bloc Libéral soit parti de l’opposition. Le Bloc Libéral a émis son opposition par rapport à un certain nombre de points d’accord ; mais, Dr. Faya a réitéré son appartenance à l’opposition et sa volonté irréversible pour qu’il y ait une alternance en 2020 compte tenue du fait que tout démontre aujourd’hui que le régime d’Alpha Condé est incapable d’apporter le minimum de bonheur pour la Guinée.

Makanéra Alhousseiny Kaké, ancien ministre de la Communication

Par rapport à la Guinée, je vous pris de croire que depuis 6 ans cette opposition n’a pas été aussi forte comme elle est aujourd’hui. Et, depuis 6 ans, elle n’a pas apporté autant de solutions pour la population guinéenne en peu de temps comme ce que nous avons gagné cette année. Rappelez-vous, il n’y a pas longtemps encore, le Professeur Alpha Condé et son gouvernement maintenaient la TVA à 20 pour cent. Grâce à la pression de la rue, à la volonté inébranlable d’El hadj Cellou Dalein Diallo que je salut de passage, de faire en sorte que les Guinéens puissent vivre mieux et l’accompagnement de ses partenaires de l’opposition dont entre autres, El hadj Papa Koly Kourouma, Faya Millimono, Jean Marc Télliano, le jeune Mouctar Diallo, nous ont permis d’obliger le gouvernement à revoir à la baisse de la TVA qui est parti 20 points à 18. Egalement, nous avons obligé le gouvernement à accepter l’ouverture d’un dialogue qui a accouché les points que vous avez connu et qui est une grande avancée sur le plan de la démocratie dans notre pays. Si ces accords sont effectivement appliqués, cela nous permettra non seulement d’avoir des très bonnes élections communales, mais ensuite des élections législatives et assurer l’alternance en 2020. Ce qui prouve à suffisance qu’aujourd’hui, notre opposition a fait une grande mutation et elle a même influencé considérablement le budget de la Guinée cette année. Vous avez remarqué que l’Assemblée nationale était une simple caisse à résonance quand il s’agit de voter la loi des finances.

Pour une fois, même la majorité présidentielle a exigé de participer désormais aux conférences budgétaires. Le projet de budget qui avait été déposé au préalable avait été retiré et corrigé puisque pour la première fois, quand ils ont déposé, il n’y avait nulle part l’effort des sociétés guinéennes dans le budget. Mais, après, ils ont corrigés. Il y avait des dépenses qui étaient exagérées, ils les ont revus à la baisse. Tout cela concourt non seulement à renforcer la démocratie sur le plan économique mais aussi l’amélioration des conditions de vie des populations. Cela, c’est grâce à cette opposition qui semble être bien organisée et capable d’assurer une alternative en 2020. Vous-vous rappelez également que c’est la première fois cette année que l’opposition a pu organiser une marche aussi disciplinée qui a permis lorsque quelqu’un a été tué par les forces de l’ordre et que l’auteur du crime soit rapidement retrouvé le même jour et écroué en attendant son jugement. Depuis combien de temps on avait tué des gens ici ? L’enquête est restée toujours lettre morte. Mais, c’est maintenant, grâce à l’organisation que nous avons mise en marche qui a permis, pour une fois, que personne ne pouvait accuser l’opposition d’une violence.

Guineematin.com : Vous parlez de la force de l’opposition certes ; mais, elle a aussi des faiblesses. Qu’est-ce qui ne marche pas aujourd’hui au sein de cette opposition parce qu’on a vu que même le dernier accord politique, il y a peu de chance qu’il soit respecté ?

Alhousseiny Makanéra Kaké : C’est vrai, je suis d’accord avec vous et  vous savez aussi qu’aucune œuvre humaine n’est parfaite. Si on a des acquis, des forces, c’est vrai, nous avons aussi des faiblesses. Ces faiblesses sont dues au fait que d’abord les partis politiques en Guinée ne sont pas suffisamment subventionnés. Ensuite, le fait que tout part de l’Etat et tout fini par l’Etat. C’est une faiblesse pour l’opposition. Et, au sein de l’opposition, nous avons aussi besoin de formation parce que quand vous prenez les points de discorde entre nous au sein de l’opposition, je pense qu’il y a beaucoup plus d’incompréhensions que d’opposition. Si les uns et les autres se disputent pour dire, je ne dis pas discuter, mais se disputer, même parce que ça avait pris l’allure d’une dispute à un certain moment entre nous les responsables de l’opposition. Mais, c’est  le fait qu’on n’avait pas compris parce que le point d’accord sur lequel il y a avait des contradictions, c’était un point qui constituait une avancée dans la démocratie parce que nulle part on avait dit qu’il fallait nommer les chefs des quartiers, les présidents des conseils de quartiers et des districts. C’était une élection qui était prévue. Malheureusement, certains n’avaient pas compris. L’autre problème est le fait qu’au sein de notre opposition, on n’arrive pas encore à avoir la possibilité d’une définition claire et nette de celui qui est opposant et de celui qui ne l’est pas. Cela permet à certains individus de jouer les troubles fêtes. Ils peuvent être aujourd’hui dans l’opposition, demain ils sont avec le pouvoir tout en continuant à garder le statut de l’opposition. Il faudrait que les lois évoluent aussi dans ce domaine. Je ne vais pas indexer une personne ou un parti politique mais cela permettra de donner une bonne définition de l’opposition pour ne pas que certains utilisent des prétextes pour dire que ça ne va pas au sein de l’opposition.

Guineematin.com : Monsieur le ministre, le président Alpha Condé vient d’achever la première année de son second et dernier mandat constitutionnel. Quelle lecture faites-vous de sa gouvernance en peu de mots ?

Alhousseiny Makanéra Kaké : La gouvernance d’Alpha Condé, je suis allé dans les anales de l’histoire de la gouvernance, dans les livres de démocratie mais je n’ai pas trouvé pareil. Il est difficile de trouver un nom approprié. Mais, ce qui est évident, sur le plan économique, c’est une catastrophe, une calamité. Le Professeur Alpha Condé a fait un échec sur toutes les lignes et il ne pourra pas les rattraper.

Mais pourtant, je voudrais, s’il a la chance de suivre cette vidéo ou bien ses amis de suivre cette vidéo, je voudrais qu’il sache que celui qui parle, c’est quelqu’un qui est complètement désintéressé. Désintéressé sur le plan de son argent, du décret qu’il peut avoir et ce n’est pas non plus un ennemis à lui. Je voudrais lui dire que la seule chance pour lui c’est de faire en sorte qu’il puisse organiser de très bonnes élections communales, locales, législatives et, en 2020, passer le pouvoir par voie constitutionnelle à celui qui sera élu en 2020. Toute alternative outre celle-là sera suicidaire pour lui.

Sur le plan économique, il ne peut pas gérer, il n’a pas l’expertise et ce qui est très grave, il ne peut pas gérer la contestation. Il ne la supporte pas. Et puisque, pour gérer une société, il faut accepter un débat contradictoire parce que le choc des idées peut créer la lumière et il (Alpha Condé) est incapable de pouvoir accepter cette contradiction, il ne pourra pas gérer. Il n’a pas n’ont plus l’expérience. Il aime les gens qui n’ont aucune personnalité, aucune position, aucune histoire et qui ne défendent que leur petits intérêts parce qu’ils ne dépendent que de lui de bout en bout. Mais, s’il travaille avec ces hommes, s’il s’entoure de ces hommes, qu’est-ce que vous pouvez attendre comme résultat ? C’est pourquoi aujourd’hui, vous avez vu sur le plan des infrastructures, je ne voudrais pas aller très loin. Je prends les routes. Il a dit qu’au temps de Lansana Conté, les Elhadj Cellou Dalein faisaient des routes à trois couches qui ne durent pas. Lui, il va faire des routes de sept couches qui feront 50 ans. Mais, promenez-vous dans les rues de Conakry.

Guineematin.com : quand même, il a récemment promis de faire une autoroute de Conakry à Bamako, monsieur le ministre ?

Alhousseiny Makanéra Kaké : Mais, vous savez que le Président Alpha Condé, par rapport aux promesses, j’avais dit la dernière fois que c’est comme un musulman qui a 5 femmes. Vous savez que la limite chez les musulmans, c’est 4 femmes. Si vous prenez 5, vous pouvez aller même jusqu’à un million parce que vous n’avez plus de limite. Sur le plan de promesses, Alpha Condé n’a plus de limite. Lui-même ne croit pas à ses promesses. Finalement, ça n’a pas de sens. Celui qui a fait 6 ans sans réussir à faire l’autoroute Conakry-Coyah, s’il promet de faire Conakry-Bamako, mais il a dépassé toutes les limites possibles. Donc, par rapport aux promesses, Alpha n’a pas été un homme qui réalise ses promesses. Il n’en a même pas besoin, ça n’a jamais été son souci.

Par contre, ce qui est très grave, ce qu’il s’est trompé de Guinéens. Il a pensé que lorsqu’il a les deux leviers, économique et celui des décrets, il pouvait traiter tous les Guinéens comme il veut. Malheureusement, il commence à comprendre qu’il y a des Guinéens qui ne l’accepteront pas. Finalement, s’il ne tire pas les leçons le plutôt, il risque d’être surpris d’une manière désagréable. Le Guinéen est patient, il est très humain ; mais, il y a des limites, quand vous dépassez cela, il devient un tout autre homme. Je ne souhaite pas qu’il puisse dépasser ces limites.

Quand je parle du bilan d’Alpha Condé, ce qui me choque et me fait révolter, c’est la situation des populations de Boké qui vivent aujourd’hui dans une situation catastrophique. Une situation où les gens sont abandonnés, ils vivent dans l’esclavage total. Lorsque les entreprises peuvent aller délimiter dans les zones des gens, leur interdire de là où ils avaient l’habitude de cultiver, de là où ils devaient boire, c’est grave. Là où les gens avaient l’habitude de boire, les cours d’eau ont tari, ceux qui n’ont pas tari, l’eau est mélangée avec de la boue, ils ne peuvent plus trouver à boire. Les gens avaient des champs de riz, de fonio et d’arachide, ils sont venus délimiter et même racler tout. Jusqu’au jour où nous parlons, aucun n’est rentré en possession d’aucun franc.

Guineematin.com : Vous venez de parler d’une passation de pouvoir de façon constitutionnelle. Mais, aujourd’hui, on constate qu’il y a des voix qui s’élèvent de plus en plus au sein du camp présidentiel pour demander un troisième mandat pour Alpha Condé. Vous qui êtes un ancien du RPG et qui avait côtoyé le Président Condé, est-ce qu’il faut craindre cette situation ?

Alhousseiny Makanéra Kaké : D’abord, je vais préciser que je n’ai jamais appartenu au RPG. Je suis un ancien du RPG Arc-en-ciel qui est d’ailleurs un parti créé par moi-même. Le RPG Arc-en-ciel, c’est mon initiative, c’est mon argent. Alpha Condé n’a mis aucun franc dedans. C’est pourquoi, quand j’entends les gens dire que j’ai été ingrat envers Alpha Condé, ça me fait sourire parce qu’il y a des choses que vous devez comprendre. En 2010, je ne dis pas que j’ai été le seul artisan pour sa victoire, mais Alpha Condé sait, là où il est aujourd’hui, sans ma participation, sans mes conseils, il n’allait jamais avoir la Basse Guinée. Je voudrais qu’on lui pose cette question.

Ensuite, le parti qu’il a créé, pendant plus de vingt ans, il est entrain de se battre il n’a pu trouver que 18%. Moi, j’ai créé le RPG Arc-en-ciel, quelque soit la manière dont les élections se sont tenues ; mais, c’est le RPG Arc-en-ciel qui lui a permis de passer. Donc, s’il y a quelqu’un qui doit à un autre, je crois que c’est Alpha Condé qui me doit.

Par rapport au 3ème mandat, je vais vous dires que l’idée n’est pas venue du RPG. Le secrétaire général du RPG, parce qu’il ne faut pas confondre le RPG Arc-en-ciel et le RPG, Saloum Cissé a dit que le RPG Arc-en-ciel a besoin d’un troisième mandat mais pas avec Alpha Condé. Ceux-là qui parlent d’un 3ème mandat, la première personne qui a osé le dire, c’est mon frère, le fils de Kéïra Karim, Alpha Ibrahima Kéïra, qui a été la première personne à oser le dire publiquement. Vous-mêmes, vous ne voyez pas la contradiction ? Ce monsieur a été à la base de la révolte des fonctionnaires qui a entraîné tout le mouvement social que vous avez connu en 2006, puis en janvier et février 2007. Il était le plus proche de Lansana Conté à l’époque. Si c’est la même personne qui demande aujourd’hui un 3ème mandat à Alpha Condé qui a été l’opposant farouche à Conté, même là où Conté est comme ça dans la tombe, Alpha est opposé à lui. Vous allez comprendre que eux, ils n’ont pas de position. Après, c’est les Malick Sankhon. C’est pour vous dire que ce n’est pas le RPG. Dire maintenant quelle va être la position d’Alpha Condé, c’est clair. Alpha Condé ne voudra pas abandonner le pouvoir. Je l’ai dit et répété quand je suis allé en Europe.  J’ai fait une tournée et j’ai demandé à la diaspora guinéenne de se mobiliser pour faire en sorte qu’on puisse défendre notre Constitution. Il faudrait que celui qui tente de toucher à notre Constitution, que cela soit une déclaration de guerre pour tous ceux qui défendent la démocratie. Que chacun puisse réagir pour protéger la démocratie et le droit des citoyens. Maintenant, ce qui demeure vrai, la première action à entamer dès aujourd’hui, c’est la préparation des élections locales parce qu’Alpha Condé a laissé passer une confusion en disant ‘’je ne sais pas si je vais être candidat pour un 3ème mandat, c’est le peuple qui connait’’. Le peuple s’est exprimé dans la Constitution il y a longtemps. Mais, s’il veut que le peuple lui rappelle, il faudrait que lors des élections locales, que le parti qui se réclame défenseur d’Alpha Condé, que ça soit le RPG Arc-en-ciel ou un autre parti allié à lui, que tous ces partis ne puissent pas avoir 10%. C’est en ce moment qu’Alpha Condé comprendra que ce peuple conjugue maintenant son pouvoir au passé. C’est pourquoi, je lance un appel à toute la population guinéenne pour dire que notre pays est entrain de traverser une période excessivement difficile. Nous avons en face un régime qui se comporte comme des conquérants qui ont réussi à conquérir un territoire et qui veut spolier la population de tous ses droits. Le droit à la liberté, à l’expression et même économique. C’est pourquoi, tous les grands contrats, ce sont les étrangers qui en bénéficient. Toutes les mines que les autres présidents ont préservées, on est entrain de les brader à vil prix. Je me demande aujourd’hui quel est l’avantage de l’exploitation minière que le Professeur Alpha Condé a mise en place quant on sait que toutes les mines de la Guinée, leur contribution au budget national est moins que la contribution de l’ARPT. Pourquoi alors on va exposer la vie des citoyens, l’écosystème, compromettre le développement durable de notre pays lorsque cela ne rapporte rien, même aux riverains ? Il faut que les Guinéens comprennent que c’est dans les moments difficiles que les peuples écrivent les plus belles pages de leur histoire. Il est vrai aujourd’hui que notre pays est entrain de traverser l’une des périodes les plus difficiles de son histoire lorsque vous avez à faire à un régime qui n’écoute pas, qui n’a pas pitié et qui s’en fout, ni de la santé, ni du manger de sa population…

Guineematin.com : alors, qu’est-ce qui est entrain d’être fait au sein de l’opposition contre cet éventuel troisième mandat ?

Alhousseiny Makanéra Kaké : Je vous assure que nous n’allons jamais permettre à Alpha Condé d’emprunter ce chemin. C’est pourquoi, tant que nous ne sommes pas sûrs que toutes les conditions sont réunies pour aller aux élections locales, on n’ira pas et on ne lui permettra pas aussi de gouverner une année de plus sans qu’il n’y ait la mise en place des collectivités décentralisées. Parce que c’est cette forme de démocratie qui permet de rapprocher le pouvoir aux gouvernés. Il s’agit de leur donner la possibilité de décider de leur sort, de leur budget et de leur environnement. Il faudrait qu’Alpha Condé comprenne que nous avons atteint la limite acceptable pour cette dictature qui voudrait que tout doit commencer par lui et que tout doit se terminer par lui. Ce n’est pas cela la démocratie. La démocratie est une séparation de pouvoir et c’est le règne de la loi. Il faudrait que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur.

Guineematin.com : merci monsieur le ministre

Alhousseiny Makanéra Kaké : Tout le plaisir est pour moi.

Interview réalisée par Mamadou Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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