L’opposition ne décolère pas contre le régime Alpha Condé. Peu après la clôture de la session budgétaire et l’annonce d’une session extraordinaire au mois de février prochain, le chef de l’opposition parlementaire a dit à Guineematin.com que son groupe n’y sera pas. « Cette affaire du code électoral est derrière nous. C’est terminé ! Nous avons tourné la page et nous ne parlerons plus jamais de ce code que je considère aujourd’hui comme un chiffon ! Vous entendez bien ? Je dis que c’est un chiffon… », a-t-il indiqué.

Pour Docteur Fodé Oussou Fofana, le dialogue n’est plus possible avec le régime d’Alpha Condé, puisque ce dernier ne respecte aucun de ses engagements. « Nous ne nous sommes pas entendus aujourd’hui à l’Assemblée nationale, nous ne nous entendrons plus jamais ! C’est terminé ! Désormais, nous exigeons des élections locales en vertu du code électoral en vigueur. D’ailleurs, depuis toujours, nous avions demandé des élections avec ce code. C’est lors du dialogue qu’on nous a dit que le gouvernement n’a pas les moyens matériels, financiers et humains pour organiser des élections dans les quartiers et districts. C’est avec cela qu’on nous avait demandé d’accepter une élection indirect des chefs des quartiers et des présidents des districts. Maintenant, il faut qu’on les élise. C’est ce que prévoit le code électoral en vigueur et il faut le faire », a dit l’opposant.

Mais, comment les opposants parviendront-ils à obtenir ces élections ? « De gré ou de force ! », a répondu le vice-président de l’UFDG, avant d’enchaîner : « évidemment, nous allons reprendre les manifestations de rue. Nous allons gérer le deuxième mandat comme nous avons géré le premier. Parce que nous risquons d’avoir plus grave, une modification de la Constitution pour permettre à monsieur Alpha Condé de rester au pouvoir… ».

A en croire le président de l’opposition parlementaire, il n’y a plus de doute, le chef de l’Etat guinéen veut s’accrocher au pouvoir. « De la même manière qu’ils avaient réussi à faire croire à Blaise Compaoré que rien ne pourrait lui arriver, ils sont en train de faire croire à monsieur Alpha Condé que s’il décide de rester au pouvoir, il le pourra… », a-t-il dit.

Par ailleurs, Docteur Fodé Oussou Fofana considère le président de l’Assemblée nationale comme une marionnette qui ne fait que subir les décisions prises ailleurs. « Même le chronogramme qui devait être décidé par la conférence des présidents, on le lui envoie et on lui dit que c’est ce qu’il faut programmer : il ne sait et ne maîtrise absolument rien à l’Assemblée. Tout vient d’ailleurs et on lui impose… », a encore dénoncé l’opposant.

Bref, au quatrième jour de la nouvelle année (2017), c’est une grave crise politique qui a éclaté aujourd’hui entre l’opposition et la mouvance présidentielle. Pourtant, les Guinéens, dans leur écrasante majorité, se félicitaient de la détente politique intervenue depuis le lendemain de la marche de l’opposition, le 16 août 2016, concrétisée par la rencontre entre le chef de l’Etat et le chef de file de l’opposition, le 1er septembre… Et, quand on connaît la puissance de mobilisation de l’UFDG et l’engagement des militants (dont certains sont comme des adeptes du leader du parti, Elhadj Cellou Dalein Diallo), on ne pourra que craindre une reprise des mouvements de contestation en Guinée. Surtout qu’une éventuelle modification de la Constitution en vue du maintien au pouvoir du professeur Alpha Condé après 2020 n’est pas acceptée même par certains membre du camp présidentiel…

A suivre !

Entretien réalisé au téléphone par Nouhou Baldé pour Guineematin.com

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