Dans l’après midi de ce vendredi 6 janvier 2017, le président de l’UFDG, Elhadj Cellou Dalein Diallo, a reçu à son domicile, à Dixinn, une forte délégation de militants de la Casse Madina. Composée des jeunes, des sages et des femmes, les visiteurs étaient venus présenter leurs vœux de nouvel an au chef de file de l’opposition guinéenne et pour réitérer leur soutien indéfectible à ses idéaux, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

A tour de rôle, les militants ont exprimé leur regret d’avoir soutenu le champion du RPG, Alpha Condé durant toutes ses années.

« Le caractère national de l’UFDG est large prouvé. Ce qui est évident et que je peux dire à haute voix est que la Haute Guinée est consciente que les gens ont menti et ils ont survolé sur le sentiment de dignité, d’orgueil et d’honneur. Elhadj Cellou est constant dans l’accomplissement de ses obligations. Pour cette raison, en harmonie avec notre conscience, nous devons l’accompagner », a dit le doyen, Cheick Mohamed Kaba.

Ancien préfet de Siguiri et aujourd’hui vice-président de l’Assemblée nationale au compte de l’UFDG, Elhadj Abdoulaye Diouma Diallo a dit avoir gardé un bon souvenir de la période de l’insurrection populaire de 2007 pendant qu’il était représentant personnel du défunt chef de l’Etat, le Général Lansana Conté, à Siguiri. « J’ai était particulièrement marqué en janvier et février 2007 où tout avait été cassé. Mais, j’ai entendu les malinkés dire que ‘’Foulaké Kagni’’ (Le peulh est bon : ndlr). Pendant cette période, je sortais pour aller prendre mon jus chez les Doumbouya sans problème. Donc, je sais qu’il n’y pas de problème entre les malinkés et les peulhs. C’est une création des politiciens véreux lors du second tour de 2010 », a-t-il rappelé.

En réponse aux différents discours des visiteurs, le président de l’UFDG a expliqué les raisons de son acceptation des résultats du second tour de la présidentielle de 2010. « Votre arrivée à l’UFDG est une grande victoire. La victoire de la patience parce que j’ai été patient et l’UFDG a été patiente. En 2010, on était au bord de la guerre civile. Vous alliez être tués ou être obligés de tuer vos compatriotes. Il suffisait juste que je dise que je refuse le verdict de la Cour suprême. Le pays allait s’enflammer. Alors, comment assimiler cette décision responsable que nous avons prise à autre chose parce que vous tous, vous étiez intoxiqués ? Vous n’agissiez plus en fonction de votre conscience, mais en fonction de ce qu’on vous a dit.  Et, pour moi, vous êtes mes frères. Ce qui s’est passé à Siguiri a été rappelé ici. Je ne peux pas comprendre qu’il y a deux semaines avant, j’étais accueilli à Siguiri comme un prince, même s’ils n’ont pas voté. Je ne peux comprendre que deux semaines après on organise la chasse à l’homme contre les peulhs. Les gens étaient complètement hors d’eux. La haine a été inculquée, le contexte a été mauvais », a rappelé Cellou Dalein Diallo, sous le regard triste des visiteurs.

Dans son discours-réponse, le chef de file de l’opposition guinéenne a indiqué que cette forte présence des personnes venues de la Casse-Madina chez lui et à l’UFDG, symbolise sa patience. « Les Guinéens ont compris parce que si la Casse est là, c’est vraiment la victoire de la patience. Aujourd’hui, nous sommes redevenus des amis, des frères. Hier, on a fait de nous des ennemis sur la base du mensonge », a déploré le président de l’UFDG.

Par ailleurs, Elhadj Cellou Dalein Diallo a rappelé ses différentes réalisations en Haute Guinée lorsqu’il était ministre de Travaux publics. « Lorsque j’étais ministre de la République, je voyais la Guinée. Dans mon éducation, on m’a dit que lorsque Dieu te met haut, regarde tout le monde, ne regarde pas tes pieds. J’ai travaillé en tant que ministre de la République. La Haute Guinée était enclavée. S’il n’y avait pas eu la guerre en Côte d’Ivoire, on aurait déjà fait Oudioné-Kankan, via Mandiana. La guerre en Côte d’Ivoire est intervenue au moment où l’équipe ivoirienne était là… », a-t-il rappelé, rassurant qu’il est loin d’être hostile à la région de la Haute Guinée.

Revenant sur les difficultés de l’époque, le chef de l’opposition guinéenne a rappelé que la réalisation de ces infrastructures lui avait fait faire le tour du monde avec l’honorable Kalémodou Yansané pour trouver l’argent nécessaire. « On avait mobilisé cent millions de dollars. Et, lorsqu’on a fini le projet, il restait encore 14 millions de dollars qui n’étaient pas utilisés. Je ne pouvais pas comprendre qu’on dise à Siguiri que je suis contre ce projet », a-t-il rajouté.

Revenant sur la chasse à l’homme intervenue à Siguiri en 2010, Elhadj Cellou Dalein Diallo a dit que ce qui s’est passé là ne se justifie pas. « Votre candidat à l’époque (le professeur Alpha Condé : ndlr) n’avait que 18% des voix ; et, j’avais 44%. On devait aller au second tour. Il fallait utiliser tous les moyens, y compris ceux qui vont détruire les fondements de la Nation, c’est-à-dire le tissu social, l’unité des citoyens et leur égalité devant la loi. On n’avait pas besoin de violence pour ça, en faisant croire que ce candidat là est un étranger alors que s’il y a un étranger, ce n’est pas moi. Je connais au moins huit de mes parents, leurs tombent sont là, je viens me recueillir à chaque fois », a dit l’opposant.

Enfin, le président de l’UFDG a invité les uns et les autres à renforcer l’unité et éviter la haine entre les citoyens.

Mamadou Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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