Comme annoncé dans une précédente dépêche de Guineematin.com, la commune urbaine de Boké a été hermétiquement fermée dans la matinée de ce vendredi, 6 janvier 2017, par les conseillers communaux qui ne veulent plus voir la tête de leur maire, le président de la délégation spéciale, monsieur Modibo Fofana. Malgré tous les arguments placés et propositions faites par ce dernier, il n’a pas réussi à convaincre les frondeurs de rouvrir la porte de la commune. La grande porte du bâtiment étant barricadée à l’aide d’un violon et d’un cadenas, aucun service n’a pu exercer ce vendredi à la commune urbaine de Boké.

Sur les lieux, le correspondant local de Guineematin.com a donné la parole à quelques conseillers frondeurs les motivations réelles de leur fronde contre monsieur le président, Modibo Fofana.

Jeune conseiller communal, issu de l’UFR, Jacques Andréa est l’un des plus grands meneurs de cette fronde. Il nous étale ici le chapelet de comportements néfastes qu’ils reprochent au président de la délégation spéciale, Modibo Fofana, venu du RPG arc-en-ciel.

Jacques Andréa de l'UFR

Jacques Andréa de l’UFR

« Nous avons barricadé la commune ce matin pour demander le départ pur et simple du président de la délégation spéciale, monsieur Modibo Fofana, parce que nous ne pouvons plus supporter ses agissements. Trop, c’est trop », a-t-il introduit.

Concernant le processus qui a conduit au divorce entre le président de la délégation spéciale et les autres conseillers, Jacques Andréa rappelle. « Une première fronde a été organisée contre lui, les autorités à tous les niveaux, les sages, son QG et une bonne partie de la population nous ont demandé de céder. Étant des bons croyants, nous avons accordé de l’importance aux plaidoyers et nous avons cédé. Mais, quand on a cédé, des engagements ont été pris par le président lui-même dans la salle de conférence du gouvernorat. Il avait promis que désormais il s’engage à collaborer avec nous, puisque la commune fonctionne par délibération… ».

Modibo Fofana, président de la délégation spéciale de Boké

Modibo Fofana, président de la délégation spéciale de Boké

Selon Jacques Andréa, « le président n’est pas habileté à faire des décaissements seul n’importe comment, comme il a fait cette fois-ci. Depuis quelques temps, il a organisé des audits que nous-mêmes on a salué, bien qu’il ne nous a pas informé, à plus forte raison nous associer. Il est parti informer la tutelle (la préfecture) et celle-ci a envoyé une commission d’audit qui a travaillé jusqu’à mi-chemin. Il a vu que ça ne l’arrange pas, il a sauté la tutelle pour aller tomber à la présidence, même pas au ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation qui nous encadre. Il a fait venir des inspecteurs de finances sans nous informer ! Et, ces gens-là sont venus faire ce qu’ils veulent et repartir. C’est normal de faire l’audit, nous saluons l’idée. Mais, là où le bas blesse, c’est le fait qu’il n’a jamais associé les conseillers dans tout ce qu’il fait. Alors nous avons vu tout ça mais nous avons fermé les yeux. Seulement, plus grave, il s’est permis d’aller négocier une dame du nom de Hadja Ami Cissé pour venir remplacer le receveur communal, monsieur Massa Touré. Et, cela aussi sans qu’on ne soit informé. Il a envoyé cette dernière à quelques jours du lancement de la SAFRA (semaine d’amitié et de fraternité) organisée en Guinée-Bissau, pour juste régulariser ses papiers à la banque afin de pouvoir soutirer de l’argent. On a appris qu’il a décaissé une somme de cinquante millions de francs guinéens (50 000 000 GNF) à la banque, il est parti à la SAFRA, seul avec le secrétaire général de la commune, lequel il n’a même pas assisté financièrement. C’est lui seul qui sait ce qu’il a fait de ce montant parce qu’il n’est parti avec aucun conseiller et il n’a dit au revoir à personne. Nous avons donc fermé les yeux face à beaucoup de ses agissements. Mais, comme on a vu qu’il n’écoute pas, malgré toutes les interventions, on va lui montrer qu’il vit avec des hommes et non des animaux. On n’a jamais ténu une réunion avec lui sans qu’on ne se quitte à queue de poisson. Il a fait de cette commune sa propriété privée. C’est pourquoi on demande maintenant inconditionnellement son départ de la commune. On préfère qu’on nous envoie un canard ou un poulet pour travailler avec, que de continuer avec monsieur Modibo Fofana », a expliqué Jacques Andréa, conseiller communal frondeur.

Pour sa part, monsieur Mamadouba Savané, également conseiller communal venu du parti au pouvoir (le RPG arc-en-ciel comme d’ailleurs le président Modibo Fofana), il se pose la question de savoir pourquoi le président Modibo ne veut pas associer les autres conseillers aux prises de décisions pour la cause commune et surtout en vertu de quoi traite-t-il ses conseillers de vautours…

Mamadouba Savané du RPG arc-en-ciel

« Quelque part, les gens vont penser que c’est un problème d’intérêt qui nous oppose à monsieur Modibo Fofana. Je dis non ! Ce qui me travaille, c’est pourquoi avec une équipe de 11 personnes, on n’harmonise pas nos points de vue et travailler ensemble ? Il n’y a pas longtemps nous avons suivi une formation autour de la gestion et les responsabilités allouées aux conseillers communaux. Et lui-même Modibo était présent lors de cette formation. Il sait jusqu’où il doit aller et nous également. Mais là où il y a hic, nous avons fait plus d’un an ici (à la mairie), nous n’avons fait qu’une seule session communale, alors que dans les conditions normales nous devons à chaque 4 mois faire une session pour voir d’où nous venons et prévoir où nous allons. Mais rien de tout ça. Même les recommandations issues de la seule session n’ont pas été prises en compte. On se demande pourquoi ? Pourtant si ça marche, c’est l’honneur des uns et des autres, c’est Boké qui avance. Quand vous regardez cette délégation spéciale de Boké, elle est composée des cadres pétris d’expériences qui entourent le président. Mais pourquoi il ne nous appelle pas pour qu’ensemble nous travaillons et lui il exécute ? Au lieu de tout ça, il fait ce qu’il veut, quand il veut, comme il veut. Lui il n’a besoin de personne. Et puis dans certains journaux de la place, il traite les conseillers de vautours. Mais en vertu de quoi ? Alors nous ne comprenons plus qu’il viole les lois assignées aux collectivités locales. Il n’a qu’à partir. Nous ne sommes pas contre sa personne mais sa façon de gérer », a lancé monsieur Mamadouba Savané à l’endroit du président indésirable Modibo Fofana.

De Boké, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 622 671 242 / 666 952 215

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