Délestage de l’électricité à Conakry: les réactions contrastées de certains soudeurs

Depuis un moment l’électricité n’est pas stable dans la capitale guinéenne. Les citoyens dont les activités sont liées au courant électrique commencent à sentir les effets du délestage, a constaté Guineemain.com, à travers un de ses reporters.

Assis dans un café à quelques mètres de son atelier de soudure, au quartier Concasseur, maître Dramé explique qu’il est obligé de venir se distraire en attendant le retour probable de l’électricité.   « S’il n’y a pas d’électricité, nous sommes obligés de nous asseoir  pour attendre sa venue. Parce qu’à l’absence de l’électricité, nous essayons de compenser avec le groupe électrogène. Mais sauf que les clients ne le comprennent pas. La plupart d’entre eux préfèrent le travail avec l’électricité, parce que c’est moins coûteux. Si  nous utilisons le groupe, nous essayons d’amortir cela au niveau du prix du service rendu. Les clients trouvent le coût élevé. Alors que si nous ne le faisons pas, nous risquons de ne rien avoir et souvent même de perdre le prix de certains matériaux utilisés pour le travail.  Donc, nous exhortons les autorités de bien vouloir nous aider à stabiliser l’électricité. Nous avons des travaux  à exécuter, mais par manque d’électricité,  le travail ne peut pas être exécuté. Et pire, à la fin du mois, c’est une facture exorbitante que les agents de l’électricité de Guinée vous présentent », a déploré maître Dramé.

Un autre soudeur rencontré au quartier Kipé, dans la commune de Ratoma, soutient que  « quoique l’on dise, le délestage actuellement est négligeable par rapport à ce qui se passait il y’ a cinq ans.  Depuis 1985 jusqu’a ce jour en 2017,  je travaille ici. Donc, je sais que bien avant le lancement de Kaleta, combien de fois nous souffrions. Mais, depuis le mois de mai 2015, moi je rends grâce à Dieu. Parce que je venais travailler ici la nuit. Et souvent, l’électricité ne venait qu’à partir de minuit et cela, pour une ou deux heures. On passait toute la nuit ici sans dormir. Les rendez-vous avec les clients étaient difficiles à respecter. Eux ne comprenaient pas que c’était indépendamment de notre volonté. Tellement que c’était dur, j’allais souvent à Tombo, dans la commune de Kaloum pour travailler afin de satisfaire mes clients. Mais actuellement le problème ne se pose pas. C’est vrai qu’il y’ a délestage, mais ça ne dure que des heures. Même si souvent ça dure trop, c’est pour une ou deux journées.  Donc je pense qu’il ne faut trop tenir rigueur. Mais tout de même, nous demandons aux autorités de faire de l’effort pour améliorer la déserte.  Aussi au niveau d’EDG, il faut qu’elle joue franc  jeu. Les factures ne reflètent pas souvent la consommation des clients et cela nous fatigue énormément », a expliqué Maitre Mamadou Cellou Kanté.

Pour Mamadou Oury Diallo, spécialisé dans la construction, la rénovation, la menuiserie métallique, le délestage chamboule le programme de travail élaboré et crée même la perte de certains clients. « Quand il y a délestage, nous perdons beaucoup. Nous sommes obligés de travailler à des heures qu’on ne doit pas travailler. Les travailleurs sont sensé rester jusqu’à 18 heures pour rentrer à la maison. Mais souvent, toute la journée il n’y a pas d’électricité. Et c’est au moment de leur départ que l’électricité revient. Ils sont obligés de rester jusqu’a minuit souvent, afin d’effectuer leurs travaux. Souvent nous avons des problèmes avec les clients, qui nous demandent des devis afin de nous donner des contrats. Mais souvent, nous perdons parce qu’il n’y pas d’électricité » a-t-il confié.

Abdoulaye Oumou Sow pour Guineematin.com

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