Depuis le début de la crise post-électorale en Gambie, plusieurs ressortissants guinéens craignant les violences, notamment avec une menace d’intervention militaire, quittent le pays de Yahya Jammey pour regagner la Guinée. A Labé, les candidats au retour sont tellement nombreux que les chauffeurs vont avec les véhicules vides pour chercher nos compatriotes, a constaté Guineeatin.com via sa correspondante basée dans la préfecture.

Ces derniers jours, de nombreux compatriotes ont quitté la Gambie pour regagner la Guinée. Interrogé sur ce retour en grand nombre, le secrétaire général du syndicat des transporteurs (CNTG) de Labé, Elhadj Zawiya, a confirmé que certains quittent Labé sans passagers pour aller chercher nos compatriotes à la frontière.

« Il y a un afflux très massif des citoyens guinéens qui quittent la Gambie présentement. La semaine  dernière, plus de 15 voitures ont quitté ici vide pour aller prendre des passagers à Koundara. Un peu avant la semaine dernière on a envoyé un gros bus vide pour toujours chercher des passagers » a déclaré El Hadj Malado Zwiya, avant de préciser que ces ressortissants sont principalement originaires de la moyenne Guinée. « Ces ressortissants guinéens sont originaires de la moyenne Guinée. Généralement  ils descendent à Thiaguel Bory,  à Kouramangui, à Popodara, mais aussi ils vont à Lelouma, Mali, Pita et  Tougué », a ajouté le syndicaliste.

Interrogés sur les raisons qui motivent leur retour brusque en Guinée, ces compatriotes n’ont pas caché leur peur avant de quitter le pays de Jammeh.

« Quand on est en Guinée, ce sont des informations qui vous imprègnent de la situation  qui prévaut en Gambie. Mais, sachez que nous les ressortissants, nous avons vécu cette situation et nous pouvons témoigner que la Gambie est en crise postélectorale. Nous avons eu peur. Tout le monde ne fait que se refugier dans les pays voisins. C’est pourquoi, nous avons quitté aussi », a expliqué Souleymane Daouda.

Dénonçant de nombreuses tracasseries sur la route, notre interlocuteur a dit : « sur la route, nous avons connu d’énormes difficultés. Vue l’expiration de nos cartes, on nous a fait payer chacun 10 000 francs guinéens à quatre reprises. Cela m’a beaucoup tiqué parce qu’on nous a fait payer cher sur le territoire gambien et pareil sur le territoire guinéen… », a déploré Souleymane Daouda.

Pour sa part, Ibrahima Sory Diallo fustige la dégradation avancée des routes guinéennes et la faible moralité qui caractérise certains agents de la sécurité en Guinée, installés le long des frontières. « Je viens de Banjul. Ce sont les problèmes qui nous ont fait fuir la Gambie. Les gens souffrent vraiment là-bas. Les ressortissants guinéens veulent tous revenir ; mais, certains n’ont pas de moyens. Donc, un appel d’aide est lancé à toutes les bonnes volontés. La dégradation de la route de Koundara, nous a posé également d’énormes difficultés. Et, sans oublier la faim qui nous a malmenés durant le trajet. Au niveau des barrages, c’est encore pire avec la réclamation d’argent. Au lieu de compatir à notre sort, les agents de la sécurité nous arnaquent. Moi, par exemple, j’ai dû payer 200 000 francs guinéens sur la route. A Banjul, on détruit des magasins fermés, on cambriole souvent. Tout ça pour vous dire, que la situation est critique », a dit ce compatriote.

Pour une autre ressortissante, mère de 4 enfants, rencontrée à la gare routière de Labé, en partance pour sa préfecture natale de Lélouma, ses sentiments sont partagés entre craintes et préoccupations « Je suis rentrée avec quatre de mes enfants. Mon mari, lui, est resté là-bas pour l’instant. Nous sommes rentrés chez nous pour être à l’abri des violences qui pourraient être enregistrées. Ça craint vraiment. Aujourd’hui, je suis là ; mais, mon esprit n’est pas tranquille dans la mesure où mon mari est là-bas. Je prie Dieu de veiller sur lui », a-t-elle confié sous anonymat.

De Labé, Yayé Aissata Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 620 03 66 65

 

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