Après 10 jours de congés, la réouverture des classes était prévue ce lundi matin. A Fria, élèves et enseignants n’ont presque pas répondu à l’appel du gouvernement, a constaté Guineematin.com à travers sa correspondante locale.

L’appel du porte parole du gouvernement, Albert Damantang Camara, n’est pas tombé dans de bonnes oreilles des enseignants et élèves de la cité de l’alumine. Beaucoup d’entre eux n’ont pas repris le chemin de l’école ce matin alors que ce 13 février marque la prise de fonction des nouvelles recrues de la fonction publique au compte de l’enseignement pré-universitaire.

Du lycée Amilcar Cabral, en passant par le complexe Josip Broz Tito, les écoles élémentaires jusqu’au collège Hadja M’Mah Camara, le constat est le même ! Les responsables des écoles sont présents, les enseignants absents ; à certains endroits, peu d’élèves sont retenus dans les classes ; et, à d’autres, il n’y a aucun élève.

Fodé Moussa Camara, enseignant gréviste, interrogé par Guineematin.com, soutient le syndicat et se dit prêt à aller jusqu’au bout ! « Moi, je suis entièrement d’accord avec le syndicat. Je resterai à la maison tant que le syndicat me le demande parce que c’est dans mon intérêt. Ce gouvernement n’a aucune considération pour les enseignants alors que ce sont des enseignants qui les ont formés pour qu’ils soient aujourd’hui ce qu’ils sont », a-t-il dénoncé.

Parmi les nouveaux enseignants qui devaient, eux, répondre à l’appel (puisque selon le ministre, ce congé a été imposé aux élèves pour leur permettre de rallier leur lieu d’affectation) peu d’entre eux se sont présentés dans les écoles. L’un d’entre eux affirme s’être présenté à l’école malgré lui. « Je suis venu à l’école où je suis muté juste parce que je viens d’être recruté et j’ai peur d’être radié. Je me suis présenté à mon responsable ; mais, il n’y a pas d’élèves. Donc, je rentre à la maison. Mais, je suis avec le syndicat parce que s’il y a gain de cause, c’est dans l’intérêt de nous tous », a déclaré un nouvel enseignant qui a requis l’anonymat par peur de représailles.

Pour leur part, les élèves se disent très touchés par cette situation et comptent réagir les prochains jours si rien n’est fait. « On n’a jamais eu un congé au mois de février, c’est ma première fois de voir ça ! Moi, je suis dans une classe d’examen, si on n’étudie pas, c’est nous qui perdons. Ils ont leurs enfants à l’étranger entrain d’étudier dans de bonnes conditions tandis que nous ils nous font trainer comme des animaux. Nos enseignants sont très courageux, on doit les mettre dans les meilleures conditions. On est avec eux ; et, si le gouvernement ne fait rien dans 48 heures, nous aussi, nous allons descendre dans les rues parce qu’on en a marre », a martelé Mohamed Bangoura, élève dans un lycée de la place.

En attendant, le secrétaire général adjoint du SLECG à Fria, Amara Touré, demande à ses pairs de rester à l’écoute du syndicat national.

De Fria, Djenabou Diallo pour Guineematin. com

Tél. : (00224) 628 28 67 44/ 657 10 69 95

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