Par El Béchir : Les électeurs du prochain président de la Féguifoot savent mieux que personne qui parmi les candidats sera le plus utile au football guinéen. Ils les ont vus à l’œuvre, ils les ont pratiqués humainement.

Antonio Souaré aime le football, c’est son hobby, sa profession et toute sa vie. Candidat à la présidence de la fédération guinéenne de football (Féguifoot), il a décidé, s’il est élu, de déléguer entièrement l’administration de ses sociétés pour s’occuper uniquement de football, sa passion, son ADN. On ne lui connaît aucun vice si ce n’est le cuir rond. Il s’y investit avec abnégation et générosité. Il se donne corps et âme à son pays à travers le foot. Il y met un paquet d’argent, comme aucun Guinéen n’oserait. Il vit sans stimulant (ni cola ni café), sans excitant (ni tabac ni alcool) et sans stupéfiant. Ce n’est pas un Don Juan, encore moins un Casanova. La fortune incline pourtant à l’être. Dieu sait qu’il en a ! Peu de riches y résistent. Une grande sagesse, qui se décline en modestie native, frugalité sidérante et courtoisie exemplaire, est sa boussole et son rocher. Il n’amasse que pour donner, encore et encore. Et surtout au football guinéen.

Antonio Souaré n’est pas du genre solitaire, misanthrope, autocrate ou opportuniste. Il est sensible àl’humain et s’y s’intéresse sans arrière-pensée ni finasserie. Il est sincère dans ses sentiments, il a l’esprit d’équipe et de partage. Il ne donne pas de la main droite pour retirer de la main gauche.

Dès son enfance, il est passionné de foot. Et plus encore dans son adolescence et sa jeunesse. Il jouealors bien et peut même devenir un professionnel si son frère et tuteur ne renâcle devant son ambition. « Je préfère te voir ingénieur sur les gradins que Pelé sur la pelouse », lui répète-il comme une antienne. Et pourtant que de talent il a dans le foot ! Il peut même être recruté parmi les Espoirs, en même temps que le célèbre Papa Camara, qui deviendra triple champion d’Afrique avec le Hafia FC. Mais Mamadou Antonio Souaré, comme le veut son frère, devient ingénieur en télécommunications. Frais émoulu de l’Institut polytechnique de Conakry (IPC) – actuelle université Gamal Abdel Nasser de Conakry (UGANC) –, il garde en coin ce remords de n’avoir pas été footballeur professionnel. Positif par nature, il développe une proactivité extraordinaire vis-à-vis de son hobby manqué. Parallèlement à ses activités lucratives, il détecte les jeunes talents guinéens et les aide à devenir des professionnels.

Dans les années 80 déjà, il organise à chaque fin d’année, avec son ami Laye Oumar Coulibaly, des galas de football auxquels participent des internationaux de renom comme Abedi Pelé, Marcel Desailly ou Didier Deschamps, pour le plus grand bonheur des Guinéens, férus de football. Il dédie une bonne partie des gains rapportés par ses sociétés, comme Global Businesse Marketing (GBM), au financement du football guinéen dans toutes ses composantes : recrutement et émoluments des joueurs et des entraîneurs, équipements, compétitions, internat…

En 2002 il crée la société de jeux Guinée Games qui, grâce à ses jeux de hasard et à son pari sportif, grandit vite, crée 18 000 emplois dans le pays et procure tous les jours des gains substantiels à des milliers de parieurs. Mais pas seulement. Antonio Souaré affecte gracieusement une part du chiffre d’affaires de sa société à la promotion du sport, en général, et du football, en particulier. Il vise la renaissance sportive guinéenne.

En 2012, il prend en charge le Horoya Athlétique Club, apure ses passifs – plus de 3 milliards de francs –, lui donne un siège et le professionnalise en recrutant des entraîneurs de haute volée. Il paie aux sociétaires et aux encadreurs des salaires mirobolants. Le Horoya AC tient le haut du pavé en Guinée et participe aux compétitions continentales.

Antonio Souaré est le premier Guinéen nanti à donner un nouvel élan au championnat national de football, qui a périclité après le triple sacre continental du Hafia FC et surtout sous le régime libéralpostrévolutionnaire, durant lequel aucune politique cohérente n’a été menée dans le domaine sportif. Il suscite et encourage l’émulation. D’autres crésus guinéens lui emboîtent le pas, ils se font présidents de club et contribuent à ses côtés à améliorer le championnat national. Les clubs guinéens deviennent de véritables viviers de pros et émergent au plan africain.

Tout en dépensant une fortune pour le Horoya AC, Antonio Souaré finance le Syli national aux CAN Gabon-Guinée Équatoriale 2012 et Guinée Équatoriale 2015, après avoir apporté un appui matériel et financier à toutes les phases de qualifications.

En 2013, il lance un vaste chantier pour répondre à un défi lancinant en Guinée, ce pays à immense potentiel footballistique mais sans centre de formation. À Yorokoguia, dans la préfecture de Dubréka, il engage des travaux de construction d’un complexe sportif multidisciplinaire sur 11 hectares. Le projet est réalisé à 80 % à ce jour. Il sera l’un des plus grands centres de formation sportive du continent africain.

Son groupe de médias comporte une radio et une télévision, Culture-Info-Sport (CISTV). Il est sur le bouquet Startimes et sera sur celui de Canal+ dès avril.

En 2017, au congrès de la Féguifoot, il fait créer la Ligue professionnelle de football guinéen et en devient « président expérimental ». Il finance de sa poche le championnat national tout entier, auquelconcourent 24 équipes. Il en fait de même cette année, avec 28 clubs.

Le président de la république l’a nommé président du COCAN (Comité d’organisation de la CAN Guinée 2023).

La candidature d’Antonio Souaré à la présidence de la Féguifoot a conduit à son remplacement à la tête de la Ligue professionnelle de football guinéen. L’entrepreneur KPC, président du Hafia FC, a remporté l’élection.

Notons que le statut de président de club est tout à fait compatible avec la fonction de président d’une fédération nationale de football, contrairement à certaines allégations ou appréhensions. Le président de l’US Gorée du Sénégal, Adrien Augustin Senghor, est le président de la Fédération sénégalaise de football. Il est en même temps président de l’Union des fédérations ouest-africaines de football (UFOAF), membre d’une commission de la CAF, membre d’une commission de la FIFA et maire de l’île de Gorée. Excusez du peu !

Antonio Souaré, lui, s’il est élu président de la Féguifoot, n’assumera pas d’autres fonctions en dehors du football. Il renoncera même à diriger ses propres sociétés, assure-t-il d’ores et déjà.

Avec tant d’efforts faits pour la renaissance et l’émergence du foot guinéen, qui mieux que lui peut diriger la Fédération ? Une chose est sûre, Antonio Souaré président, les allocations de la FIFA n’iront guère dans ses poches. Il y ajoutera plutôt son propre argent. Servir et non se servir, telle semble être sa devise, si on considère ses œuvres. Les électeurs n’en sont-ils pas déjà persuadés ?

Pour l’intérêt des clubs comme pour l’intérêt général, ils ne se tromperont certainement pas en glissant leur bulletin dans l’urne le 28 février 2017.

El Béchir

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