L’affaire opposant le maire de la sous-préfecture de Koundou, Fara Désiré Koundouno, au préfet de Gueckedou, El hadj Mohamed V Keita, continue de susciter le débat. La classe politique ne cache pas sa colère devant l’incarcération dudit sous-préfet, accusé de détournement de fonds. Un groupe de leaders politiques de l’opposition est monté créneau ce samedi 18 mars 2017 à travers une conférence de presse animée au siège du RDIG à Yimbayah, dans la commune de Matoto.

Selon Me Kamano, avocat de Fara Désiré Koundouno, le dossier dans lequel son client est mis en cause est « vide ». Pour lui, c’est un acharnement politico-judiciaire, une manière de salir la réputation de son client.

« Le 31 mai 2015, monsieur le préfet a envoyé une mission préfectorale dans la commune rurale de Koundou, pour ce qu’il a qualifié d’une mission de contrôle administratif et financier. À l’issue de ce contrôle, la mission a dit retenir un déficit de 123 millions 131 mille francs guinéens, que les dirigeants de Koundou auraient détourné. Il s’agit de monsieur Fara Désire Koundouno, maire de la commune, monsieur Tamba Michel Tinguiano, receveur de la commune rurale de Koundou et un certain Moussa Camara, secrétaire général de la commune rurale de Koundou. Mais, ce qui est curieux, l’exercice qui semble reprocher aux trois personnes dont je viens de citer les noms, est un exercice qui a été contrôlé déjà par une mission nationale en date du 4 décembre 2014. Cette mission a retenu par contre un excédent de 12 millions 240 mille 500 francs guinéens », a-t-il fait remarquer.

Par ailleurs, l’avocat de Fara Désiré Koundouno a dit qu’il n’y a jamais eu de rapport à travers les pièces comptables où le secrétaire général où le receveur de Koundou, ont adopté un comportement qui soit contraire à la loi. Aussi, Me Kamano a rappelé qu’il n’y a jamais eu une pièce comptable lui permettant de savoir le montant reproché à ses clients. Une procédure judiciaire qui selon lui, viole aussi les dispositions de la loi portant sur l’organisation de l’agent judiciaire de l’Etat, notamment en son article 2 et les articles 1 et 2 du code des collectivités locales.

Très en colère, Faya Milimono, président du Bloc Libéral, n’est pas allé du dos de la cuillère. Pour lui, Fara Désiré Koundouno est victime du choix politique qu’il a fait. « Pour ceux qui ne le savent pas, Fara Désiré Koundouno a été le candidat du RDIG lors de la dernière élection législative. Je peux vous affirmer sans risque de me tromper, il était le véritable gagnant, parce que s’il y a un personnage respecté dans la préfecture de Gueckedou, si vous comptez un, ce serait lui. Et, le RPG donc sachant cette réalité, se bât depuis pour l’avoir de son côté. Le refus a entraîné le courroux. Le dernier acte n’est qu’un parmi tant d’autres posés contre la personne de Fara Désiré Koundouno et sa famille », accuse le leader du BL.

Par ailleurs, Dr Faya n’exclut pas d’organiser une manifestation dans les prochains jours à Gueckedou et à Kissidougou pour demander la libération de Fara Désiré Koundouno.

De son côté, Jean-Marc Telliano, Président du Rassemblement pour le Développement Intégré de la Guinée (RDIG), a dit avoir déposé une plainte contre El hadj Mohamed V, préfet de Gueckedou qui est en « manque d’arguments, m’accuse, étant ici à Conakry, d’être à la base de tout ce qui se passe à Gueckedou. Il oublie que c’est une parodie de justice, il oublie l’aspect politico-judiciaire contre Fara Désiré. Mais, comme il n’a pas d’autres arguments, il faudrait jeter l’anathème sur notre personne, mais je sais que l’avenir nous édifiera », a-t-il laissé entendre.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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