Le nouveau préfet de Labé, Elhadj Safioulahi Bah a mis les travaux de la première session 2017 du Conseil Administratif Préfectoral (CAP) à profit pour lever un coin du voile sur les pénibles conditions dans lesquelles il a trouvé la préfecture, le jour de la passation de service entre lui et son prédécesseur, Lieutenant-colonel Mamadou Lamarana Diallo, rapporte un correspondant de Guineematin.com dans la région.

Le nouveau préfet de Labé, Elhadj Safioulahi Bah a officiellement déclaré aux sous-préfets, maires, présidents de délégations spéciales, responsables de la société civile et autres cadres des services déconcentrés de l’Etat avoir subi une pression de la part du gouverneur de la Région Administrative (RA), Monsieur Sadou Keïta pour signer le procès-verbal de passation de services entre lui et son prédécesseur, Lieutenat Colonel Mamadou Lamarana Diallo, actuellement préfet de Dinguiraye.

« La préfecture n’était pas reluisante quand j’ai pris services. Pour preuves, nous avons mis plusieurs jours pour la signature du procès-verbal. Les créances vis-à-vis de certains commerçants et prestataires de services, les primes des contractuels, beaucoup d’autres choses étaient en instances, bref du travail en plus. A cause de l’intervention de la tutelle, nous avons accepté de taire ces impairs. En effet, dès que nous avons pris services, nous avons visité les services déconcentrés, administratifs et préfectoraux. Nous avons recensé un certain nombre de problèmes communs enfreignant en grande partie le fonctionnement normal de l’administration. Il s’agit notamment de l’insuffisance du personnel ou personnel mal utilisé, la vétusté des infrastructures, l’exiguïté des bureaux et qui suintent par endroit, l’absence de crédit de fonctionnement, l’absence ou insuffisance des équipements adéquats », a-t-il accusé.

Poursuivant son intervention, Elhadj Safioulahi Bah a dénoncé un autre problème, dit-il, préoccupant. Celui du « conflit d’attributions et de compétences entre services régionaux et préfectoraux ».
Ces graves révélations faites en l’absence du gouverneur de la région, Sadou Keïta qui a pourtant présidé la cérémonie d’ouverture des travaux de la première session ordinaire 2017 du CAP de Labé ouvre le débat sur la sincérité et la franchise dans la collaboration entre autorités régionales et préfectorales.

En effet, c’est plusieurs mois après avoir signé ce procès-verbal que l’actuel préfet de Labé, Elhadj Safioulahi Bah dénonce « une pression de la tutelle » qui ne le disculpe pas pour autant par rapport au contenu du document officiel signé de façon solennelle. Une signature qui l’engage entièrement et totalement devant la loi, le droit,
l’histoire et les hommes.

L’on se demande aujourd’hui, pourquoi Elhadj Safioulahi Bah a attendu le départ du gouverneur qui était venu présider le lancement des travaux de son CAP pour porter ces graves accusations sur la place publique.

Ce rétropédalage qui n’est pas de nature à honorer une autorité de son rang conduit à des interrogations sur la crédibilité des cadres de l’administration publique guinéenne.

Idrissa Sampirng DIALLO pour Guineematin.com

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