Le procès des vingt-une personnes, tous poursuivis pour une série d’infractions (violences, voie de faits, destruction d’édifices publics et biens mobiliers, outrage à magistrats, participation à un attroupement, participation délictueuse à des réunions sur des lieux publics, participation à des défilés, cortèges sur des voies publics non autorisés, coups et blessures volontaires et complicité), a connu son épilogue dans la nuit d’hier, mercredi à aujourd’hui, jeudi 30 mars 2017 à 1 heures 32 GMT au tribunal de première instance de Mamou, a constaté Guineematin.com à travers son correspondant local.

Interpellés lundi dernier à l’occasion d’une manifestation des étudiants de l’institut supérieur de technologie de Mamou (IST) contre la guinéenne de l’électricité ‘’EDG’’, qu’ils accusent d’avoir causé la mort de deux de leurs collègues, décédés dans un incendie provoqué par un court-circuit, les prévenus (20 étudiants dont 4 filles et un élève) ont tous plaidé non coupables, excepté Fara Gilbert Leno et Lah Traoré qui ont reconnu partiellement des faits qui leurs sont reprochés.

A part Mamadou Aliou Bah, renvoyé devant un tribunal pour enfant à cause de son âge (14 ans), les vingt autres prévenus (dont l’âge varie entre 21 ans et 27 ans) se sont succédé à la barre pour expliquer, dans un français digne d’anciens combattants, les circonstances de leurs interpellations par les agents de la sécurité.

S’il ressort de leurs dépositions qu’ils ont été arrêtés dans divers endroits de la ville, ces individus présentent tout de même des dénominateurs communs. Tout d’abord, ils sont tous des étudiants de l’IST. Ensuite, ils ont tous été arrêtés dans la rue, vêtue de l’uniforme noir et blanc (tenue des étudiants manifestants). En fin, ils ont tous désobéit, à tort ou à raison, aux instructions de la direction de l’IST en se rendant dans la famille mortuaire, lieu de départ des manifestants qui ont caillassé le palais de justice et le siège de la protection civile, causant ainsi des dégâts (matériels et humains) au niveau de ces institutions.

Mais pour les prévenus, il n’a jamais été question de manifester. « Nous sommes allés dans la famille mortuaire pour présenter les condoléances aux parents de nos amis (Ibrahima Sory Mara et Tamba Alhassane Camara) décédés dans un incendie », ont-ils déclaré.

Après la clôture des débats qui ont duré environ dix heures de temps, le ministère public, sur ordre du président du tribunal a pris la parole pour son réquisitoire.

Un réquisitoire au cours duquel il est revenu sur les faits reprochés aux prévenus, tout en rappelant au tribunal l’itinéraire, les slogans qu’ils scandaient et les dégâts qu’ils ont causé au palais de justice et à la base des sapeurs-pompiers.

« Il est clair monsieur le président. Tous ceux qui sont actuellement devant vous, font partie des manifestants », a déclaré le ministère public, tout en faisant lecture de l’article 621 du code pénal qui régit les manifestations et cortèges sur les voies public. Ceci pour illustrer le caractère illégal de la manifestation des étudiants.

Le ministère public a ensuite demandé au tribunal d’accorder de larges circonstances atténuantes à certains prévenus dont entre autres Oumou Barry et Dario Malomou, avant de requérir des peines allant de trois mois à un an d’emprisonnement assorti de sursis et des amandes qui varie entre cinq cent mille à un million de francs guinéens pour chacun des prévenus.

Pour leurs derniers mots de défense, les prévenus ont tous imploré la clémence du tribunal et demandé pardon aux autorités et à la population de Mamou.

Dans son délibéré rendu à 1 heures 32 GMT, le tribunal a déclaré Mamadou Alpha Diallo et Thierno Lamarana Bah non coupable des faits à eux reprochés, tout en les renvoyant aux fins de la poursuite pour délit non constitué.

Par contre, Sanoussy Diallo, Mamadou Saliou Dramé, Alpha Oumar Niakasso, Aboubacar Keïta, Mamadou Yacine Diallo ont été condamné à six mois d’emprisonnement assorti de sursis et une amande de cinq cent mille francs guinéens. Ernest Eromou, Mathieu Doré, Mamadou Mouctar Diallo, Mohamed Bah, Boubacar Bah, Lah Traoré ont écopé de trois mois d’emprisonnement assorti de sursis et une amande de trois cent mille francs guinéens.

Quant à Kadiatou Diallo, Houssaïnatou Sow, Fara Gilbert Leno, Dario Malomou, Oumou Barry, Aïssatou Kaly Diallo, Faya André Kamano, ils ont été condamnés à deux mois d’emprisonnement assorti de sursis et deux cent mille francs d’amande.

Sur les intérêts civiles, le tribunal a reçu monsieur Sidiki Camara, monsieur Boubacar III Barry, la direction de la protection civile et le tribunal de première instance de Mamou en leur constitution de partie et condamné solidairement les prévenus à les payer sept millions cent cinquante mille francs (7 150 000 GNF) à titres de dommage et intérêt pour toute cause de préjudice confondu, en mettant les frais à la charge des prévenus.

A noter que l’audience s’est déroulée sous haute surveillance des agents de la sécurité de Mamou, renforcés par des agents venus des régions de Kindia, Labé et Faranah.

De Mamou, Mamadou Baïlo Kéïta pour Guineematin.com

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