Le Centre International de Recherche et de Développement (CIRD), sis à Kipé Dadia, a servi de cadre, ce vendredi 31 mars 2017, à une conférence de presse organisée par le syndicat national des employés de maisons de Guinée. Cette rencontre avec les médias avait pour but de vulgariser la convention numéro 189 de l’OIT ratifiée récemment par la Guinée et portant sur le travail décent pour les travailleuses et travailleurs domestiques, a constaté Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Pour rappel, c’est le 16 juin 2011, lors de la conférence internationale du travail que l’Organisation Internationale du Travail (OIT) a adopté la convention sur le travail décent pour les travailleurs et travailleuses domestique, également appelée la convention sur le travail domestique, 2011 (n°189).

Selon la secrétaire générale du syndicat national des employés de maisons de Guinée et présidente du réseau africain des travailleurs domestiques, une étude prouve que les travailleurs domestiques sont parmi les plus exploités et les plus maltraités au monde.

« Majoritairement, mais pas exclusivement féminine, cette main d’œuvre est souvent confrontée à des conditions de travail éloignées des normes internationales. Notamment à des salaires bas et payés de façon irrégulière, à des heures de travail excessivement longues, à l’absence des périodes de repos et à l’exclusion de protection sociale », a dit madame Doukouré Asmaou Bah.

Elle rajoute que les travailleurs domestiques subissent parfois des maltraitances physiques, psychologiques et sexuelles, des privations de nourriture, la réclusion forcée et la traite vers le travail forcé.

Par ailleurs, madame Doukouré regrette que les risques d’abus chez les enfants, surtout chez les jeunes filles de plus en plus nombreuses, soient plus élevés. A cela s’ajoute la situation préoccupante des femmes et filles migrantes, qui sont exposées à un très haut risque d’exploitation en raison des statuts liant le statut de travailleur immigré à des employeurs individuels.

Ce pendant, certains gouvernements ont fait des efforts louables pour garantir aux travailleurs domestiques une égalité de protection dans le cadre de leur législation du travail, nous apprend-on.

Comme l’a observé l’OIT, de nombreux gouvernements ont considéré les travailleurs domestiques comme appartenant au domaine du travail informel, et donc en dehors du champ d’action des règlements et de tout contrôle. « C’est pour palier à ça que le gouvernement a accepté de ratifier la convention numéro 189 relative à un travail décent pour les travailleurs et travailleuses domestiques », a rappelé la secrétaire générale du syndicat national des employés de maisons de Guinée.

A en croire Madame Doukouré Asmaou Bah, les éléments pris en compte dans la convention, s’ils sont appliqués, seront un pas en avant pour la protection des droits et de la dignité des travailleurs domestiques. Ces éléments sont entre-autres la protection juridique globale ; la protection spéciale pour les enfants travailleurs domestiques ; la protection spéciale pour les travailleurs domestiques migrants; le contrat de travail explicite; les mesures visant à protéger les travailleurs domestiques des violences physiques, sexuelles, psychologiques et la surveillance.

Enfin, la présidente du réseau africain des travailleurs domestique appelle l’ensemble des travailleurs et travailleuses domestiques de Guinée à oser et d’accepter d’intégrer le syndicat pour la défense de leurs intérêts communs.

Il faut signaler que la Guinée est le troisième pays à ratifier la convention de Genève sur le travail domestique, 2011 (n°189).

Mouctar Barry pour Guineematin.com

Tel: 621 607 907

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