Depuis un moment, un conflit domanial oppose les citoyens de Dabadou, majoritairement musulmans, aux chrétiens de Kankan pour la paternité du site de l’ancienne ENI, qui est contiguë à l’église catholique « Christ Roi » de Dabadou, dans la sous-préfecture de Balandou, préfecture de Kankan. Dans la journée de ce jeudi, la tension était vive sur place. Ce qui explique le déploiement des forces de l’ordre pour « contrôler » la zone, rapporte le correspondant local de Guineematin.com qui s’est rendu à Dabadou, ce jeudi 6 avril 2017.

Selon un officier de la police rencontré sur place, le litige a refait surface suite à l’arrivée d’une mission de l’église catholique sur les lieux. « C’est ce matin qu’une mission de l’église catholique est venue de Kankan pour couper les arbres sur le domaine. Mais, les jeunes de Dabadou sont venus en nombre s’interposer », dit-il, avant de préciser qu’ils (agents de la sécurité) sont venus « maintenir l’ordre ».

Aux environs de 13 heures, le correspondant local de Guineematin.com a noté l’arrivée sur les lieux du cortège du commandant du camp de la troisième région militaire de Kankan, le Colonel Mohamed Diané ; alors qu’il y avait déjà plusieurs agents de la police et de la gendarmerie.

Pourtant, à la rentrée de Dabadou (en provenance de Kankan pour Kérouané), alors que tous les jeunes avaient été obligés de se « réfugier » en brousse, un groupe de femmes et d’enfants qui étaient au bord de la route, visiblement très en colère, clamaient d’un ton agressif : « tant que nous sommes en vie, on ne cédera pas ce domaine ».

Joint au téléphone par Guineematin.com, Mohamed Sidibé, a dit que certains jeunes du village sont en fuite et que d’autres ont été interpellés par les forces de l’ordre. « Ce matin, les hommes de l’église étaient venus pour couper des arbres (manguiers, acacia et autres) sur le domaine. Alors, nous sommes venus pour les en empêcher. Et, par la suite, les forces de l’ordre sont venues interpeller certains. Actuellement, la plus part des jeunes sont en brousse… ».

Au moment où nous quittions les lieux (13 heures 30), il n’y avait sur place que les sages, les femmes et les enfants. Tous les jeunes avaient « disparu » des lieux. Et, l’ancien École National des Instituteurs (ENI) était inaccessible aux citoyens, y compris aux journalistes d’ailleurs.

A rappeler que ce conflit domanial a refait surface le jeudi 30 mars dernier lorsque les hommes de l’église catholique étaient venus nettoyer leur église « christ Roi » et l’ancienne ENI pour y effectuer des prières à l’occasion de la fin du mois de carême chrétien. Ce que les habitants de Dabadou ont refusé. Un affrontement a alors éclaté et entraîné cinq blessés parmi les chrétiens.

Le lendemain, vendredi 31 mars 2017, le Gouverneur de Kankan, le Général Mohamed Garé, après avoir rencontré les deux parties, avait publiquement dit que cette parcelle appartient à l’église depuis le temps colonial ; chose que les citoyens de Dabadou, en majorité musulmans, ne veulent pas du tout entendre…

Enfin, il est à noter que si rien n’est fait pour trouver une solution définitive, ce conflit banalisé aujourd’hui risque dans l’avenir de troubler la quiétude sociale de la région Mandingue et voire même au-delà…

De Kankan, Amadou Oury Souaré pour Guineematin.com

Tél. : 628 42 16 32

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