L’ONG Internationale Greenpeace a officiellement transmis aux autorités guinéennes le rapport de ses enquêtes de près d’une semaine menées dans les eaux guinéennes contre la pêche illicite et illégale. C’était ce dimanche 9 avril 2017, à bord du navire Esperanza au port autonome de Conakry, a constaté sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Ce rapport est le fruit des enquêtes de près d’une semaine menées à bord du navire « Esperanza » de Greenpeace. Ces enquêtes menées par les membres de l’ONG (une vingtaine de nationalités), avec l’appui technique de trois inspecteurs guinéens, a permis d’arraisonner trois navires qui péchaient illégalement dans les eaux guinéennes.

Selon nos informations, Greenpeace est une ONG créée en 1971 pour d’abord lutter contre l’essai nucléaire que des européens voulaient faire dans l’Antarctique. Aujourd’hui, elle s’est fixée pour objectif premier, d’aider les gouvernements Ouest africains à lutter contre la surpêche et la pêche illégale.

Après avoir participé à cette enquête, Saidou Barry, chef programme des bases de surveillance des pêches et des opérations de patrouille au Centre National de Protection des Pêches et de Police des Pêcheries (CNSP), a dit avoir été impressionné par l’équipement qu’il y a à bord du navire Esperanza et de l’esprit d’équipe qui caractérise les membres de l’équipage. « De nuit comme de jour, les services VMS, AES, communication et autres étaient disponibles. Et au besoin, l’hélicoptère décollait à chaque heure qu’on avait le désir d’aller rejoindre ou photographier un navire suspect. C’est ce que j’avais comme impression et c’est ce qui manque maintenant là à la Guinée et je souhaite que le CNSP ait des moyens comme Greenpeace dans l’avenir », a-t-il plaidé.

De son côté Hamed Djammey, chargé de campagne à Greenpeace Afrique a déploré que les pêcheries ouest-africaines soient en crise. Selon lui, cette crise est dû au fait que l’essentiel des poissons qui existent dans nos eaux sont aujourd’hui considérés comme surexploités ou pleinement exploités.

Par ailleurs, le chargé de campagne de Greenpeace Afrique a dit que ces jours passés en mer leur ont permis d’inspecter 12 navires de pêche et parmi lesquels trois ont été arraisonnés pour différents types d’infractions : « possession de requins qui est interdit, également d’utilisation de filets qui est obstrués pour empêcher les petits poissons de sortir. Donc, ces infractions ont été identifiées, des sanctions ont été prises contre ces navires. L’autre chose également qu’on a pu identifier, si on fait la comparaison avec les années 2000, le nombre de navires en mer a beaucoup diminué. Nous voudrions aussi que les États Ouest-africains créent un organisme régional de gestion des ressources. Nous avons aussi déploré les conditions de vie dans les lesquelles les marins guinéens travaillent, surtout dans les navires chinois. C’est inacceptable. Il est inacceptable qu’on traite les marins guinéens d’une manière et les marins chinois d’une autre manière. Les marins guinéens dorment sous des hangars, sur des cartons, sur des couvertures qui n’ont jamais été lavées, ils mangent du riz à la limite pourri », a entre-autres dénoncé Hamed Djammey.

Les responsables de Greenpeace ont posé comme recommandations, le renforcement de la loi en matière d’exploitation du poisson, donner des moyens au CNSP sans lesquelles la lutte contre la pêche illicite ne saurait être effective.

Enfin, le Ministre de la pêche a salué le travail effectué par les membres de l’équipage de Greenpeace et promis de prendre en compte les recommandations qui lui ont été soumises, notamment celle relative au mauvais traitement des marins guinéens dans les navires chinois.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tel. (00224) 621 09 08 18

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