Tribunal de première instance de Dixinn

La vente d’une concession au quartier résidentiel de la Minière, dans la commune de Dixinn, oppose actuellement les familles d’Elhadj Amara Kalo et celle d’Elhadj Issiaga Kalo, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon nos informations, c’est courant l’année 2016 que la famille Kalo a désigné leur frère Amara Kalo pour revendre leur concession. Un bien qu’ils ont tous hérité de leur feu père. Ainsi, Amara Kalo, avec le consentement des 22 membres de la famille, a liquidé sans aucun document l’immeuble à hauteur de 270 millions de francs guinéens à Elhadj Issiaga Kalo.

Après avoir perçu les 270 millions de francs guinéens, Amara Kalo a fait comprendre à Elhadj Issiaga que les documents de la concession se trouvent avec un notaire et que dans les heures qui suivaient, il sera en possession de ces documents.

« Cinq jours après, il me dit que les documents se trouvent avec son frère. Je lui ai alors dit que la vente d’un immeuble ne peut pas être possible sans le titre foncier. Et, je lui ai réclamé mon argent », a à peu près narré Elhadj Issiaga Kalo.

Aujourd’hui, ce dossier a été transporté au Tribunal de Première Instance de Dixinn où prévenu et victime ont été entendus ce mercredi 26 avril 2017.

Monsieur Amara Kalo, le prévenu, qui représente les 22 membres de la famille, a soutenu devant le tribunal que les 270 millions qu’il a reçus d’Elhadj Kalo ont été déjà partagés entre les membres de la famille, suivant la règle islamique…

Mais, à la barre, il a pris l’engagement de payer l’intégralité de la somme réclamée par la partie civile. « J’ai déjà payé cent millions. Il me reste 170 millions de francs guinéens. Je payerai le reste d’ici le 31 août 2017», s’est-t-il engagé.

De son côté, la victime a fait remarquer que cette somme appartenait à son frère qui est décédé : « J’ai décidé de payer une concession pour ses enfants », a-t-il souligné.

Prenant la parole, monsieur Alsény Bah, le procureur, a sollicité du tribunal de requalifier les faits de stellionat à l’escroquerie. Mais, la défense s’est opposée à cette demande, priant le tribunal de rejeter cette sollicitation du parquet.

Finalement, madame Fatoumata Camara, la présidente du tribunal, a requalifié les faits en escroquerie ; et, les plaidoiries et réquisitions ont aussitôt commencé.

Sans surprise, la partie civile a demandé le payement intégral de son argent.

Par ailleurs, dans ses réquisitions, le procureur a fait remarquer que cette concession est située dans une zone foncière réservée de l’Etat. Et, c’est la raison pour laquelle ils ont été incapables de produire un quelconque document y afférent. Monsieur Alsény Bah alors réclamé un an de prison avec sursis contre le vendeur et évidemment le payement intégral de la somme réclamée par la victime.

Pour sa part, la défense a plaidé non coupable : « nos clients n’ont commis ni stellionat, ni escroquerie. Alors, on vous demande de les renvoyer à des fins de la poursuite », a lancé un des avocats de la défense.

Bref, à la fin de l’audience, ils ont été condamnés à un an de prison avec sursis et au payement intégral de la somme réclamée par la partie civile.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 654 416 922/664 413 227

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