Francis Kéita ne se doutait de rien au petit matin de la fin mars 2017 en sortant tôt de chez lui. Mais, arrivé à un certain niveau, au quartier Simbaya gare, dans la commune de Matoto, monsieur Kéita tombe nez-à-nez avec deux jeunes gens qui tiennent à tout prix à lui enlever sa moto. Dans la dispute, les deux malfaiteurs réussissent à le renverser avant de chercher à partir avec son engin. A l’aide d’un caillou, la victime déséquilibre les deux individus qui tombent avant qu’un seul ne réussisse à se sauver. Le second, qui s’appelle Ibrahima Sory Camara prend la fuite et se fait suivre, sans le savoir, jusqu’à sa concession. Finalement mis aux arrêts, il a comparu ce vendredi 05 mai 2017, au Tribunal de Première Instance de Mafanco, rapporte un reporter de Guineematin.com qui était sur les lieux.

Au cours de cette audience, consacrée aux réquisitoires et plaidoiries, les parties au procès ont eu des échanges très houleux.

Dans ses réquisitions, la procureure, madame Joséphine Loly est revenue sur les circonstances dans les quelles cet acte de vol s’est passé. « Le prévenu Ibrahima Sory Camara, en compagnie d’un de ses amis, s’est attaqué matinalement à Francis Kéita. Ils s’en sont pris à lui alors qu’il était sur sa moto. Les deux sont parvenus à le faire tomber. Mais, pendant leur fuite, la victime a jeté une pierre sur eux. Les dos d’âne aidant, les deux sont tombés », a rappelé madame Joséphine Loly.

C’est ainsi que, poursuit le ministère public, celui qui conduisait réussira à se relever et à s’enfuir avec la moto, en laissant Ibrahima Sory Camara sur place. Ce dernier « va s’échapper à son tour, pour aller à son domicile.

Malheureusement pour lui, il ne savait pas que la victime l’avait suivi pour savoir où il se dirigeait. En alertant la police, c’est là que Camara Ibrahima Sory sera mis aux arrêts », a-t-elle relaté.

Par ailleurs, madame Joséphine Loly va préciser que Camara Ibrahima Sory est connu des services de sécurité. C’est pourquoi, dit-elle, « nous sollicitons que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur ». Conformément à l’article 373 du code pénal, la procureure demande à ce que le prévenu soit retenu dans les liens de la culpabilité et qu’il soit condamné à deux ans de prison et à un million de francs guinéens d’amende.

Dans sa plaidoirie, la défense à son tour a clamé haut et fort qu’aucune preuve n’a été brandie par le camp adverse. D’ailleurs, « le lieu de commission du prétendu vol est fréquenté très tôt chaque matin. Comment un tel acte a pu se produire à 6 heures 30 minutes, à un endroit où les jeunes jouent au football, sans que mon client ne soit poursuivi par la clameur publique ? Il y a donc doute dans cette affaire. Mon client réside à Kamsar, il était là pour le weekend. Il a été pris dans sa concession alors qu’il faisait la lessive après avoir fait le sport. Il a été pris parce qu’on l’a vu le matin faire du jogging. Il n’y a aucune preuve matérielle. Le ministère public prétend qu’il est connu des services de police mais sans jamais fournir son casier judiciaire. Ce sont des allégations manifestement mensongères. Il y a un sérieux doute dans cette affaire. Et comme le doute profite au prévenu, nous sollicitons de renvoyer mon client des fins de la poursuite pour doute. », a plaidé m’avocat de la défense.

Avant de rendre sa décision, la présidente du tribunal, madame Mariam Bamba Kallo a brandi un document versé au dossier et qui « prouve » que le prévenu Ibrahima Sory Camara est connu des services de police. Ensuite, le tribunal a reconnu coupable le prévenu et l’a condamné à un (1) an d’emprisonnement.

La défense a automatiquement exprimé son intention d’interjeter appel de cette décision. En attendant, Ibrahima Sory Camara poursuit son séjour à la maison centrale de Conakry, où il est détenu depuis le 31 mars 2017.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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