Des tirs de gaz lacrymogène et des jets de pierres, suivis d’une chasse à l’homme, ont émaillé la matinée de ce vendredi 5 mai 2017 au quartier Cameroun, dans la commune de Dixinn. Des gendarmes, arrivés sur les lieux à 7 heures, ont tenté de faire déguerpir des citoyens d’une concession qui serait déjà vendue. Il s’en est suivi une bataille rangée entre eux et des jeunes du coin armés de pierres, a appris sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

La situation était confuse ce vendredi matin à Cameroun où forces de l’ordre et jeunes du quartier se sont affrontés. Selon nos informations, ce sont les héritiers de monsieur Lansana Kaba, qui connaissent des dissensions autour de la concession familiale, obtenue après un recasement qui daterait de la période coloniale.

L’un des membres de la famille, Fodé Bakar Kaba a expliqué à notre reporter l’origine de la confusion. « Pendant la colonisation, nos grands parent vivaient à Coronthie, à Kaloum. Mais pour permettre l’exécution des travaux d’assainissement dudit quartier, ses occupants ont été recasés dans les parcelles du lot numéro 3 du lotissement de Camayenne 2, par décision du gouverneur d’alors, en date du 28 juin 1939. Nous avons tous les documents là. A cette époque, ils ont demandé le premier fils comme représentant de chaque famille. Ce qui est tombé sur Lansana Kaba, qui est grand frère de mon papa. Ce Lansana Kaba a sa fille qui se nomme Hadja Djélikhan et elle se réfère sur la forme pas sur le fond pour se réclamer propriétaire. Nous sommes allés au quartier qui a fait savoir à Hadja Djélikhan qu’ici est une concession de recasement. C’est les premiers fils qui ont porté les noms. Mais, c’est un héritage familial », a expliqué Fodé Bakar Kaba.

Parlant de la visite musclée des forces de l’ordre de ce matin, monsieur Kaba affirme qu’il n’y avait pas d’huissier de justice avec les gendarmes. « Il n’y avait aucun huissier en leur compagnie. Ils nous ont dit qu’ils ont reçu un papier du haut commandement de la gendarmerie pour venir nous déguerpir. Mais, on leur a dit qu’on était là pour la mort et pour la vie », a dit notre interlocuteur.

La concession dont il s’agit portait les stigmates de la visite des hommes en uniforme : une partie de la toiture décoiffée, des marmites renversées, des portes défoncées et de nombreux objets éparpillés ça et là. De nombreux citoyens des alentours de la concession objet du litige se sont plaints d’agressions physiques et de vols de leurs biens par les forces de l’ordre: téléphones, consoles de jeux, ordinateurs, argent…

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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