Mamou : des présumés coupeurs de route condamnés à 20 ans de prison

Arrêtés au lendemain de l’attaque de Sokotoro, perpétrée dans la nuit du 20 Août 2016, Thierno Mamadou Sow (Alias Bobo), Mamadou Aliou Sow (Alias Bâssöro) et Alhassane Bah ont été reconnus coupable d’association de malfaiteurs, de vol à mains armées et de complicité hier par le tribunal de première instance de Mamou hier, mercredi, 10 Mai 2017. A la fin du procès, le tribunal les a condamnés à 20 ans de réclusion criminelle à temps avec une période sûreté de 6 ans, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Mamou.

Quant à Saïdou Fofana (Alias Big), le tribunal l’a déclaré non coupable (des faits de recel de malfaiteurs et de complicité de vol aggravé) et l’a renvoyé aux fins de la poursuite pour délit non constitué.

Le verdict est tombé après une longue séance de réquisitions du ministère public et de plaidoiries des avocats de la défense. Un exercice au cours duquel, le ministère public est revenu largement sur l’attaque de Sokotoro du s’est soldé par la mort d’un assaillant parmi les trois qui avaient ouvert le feu sur une voiture de marque Renault 19 avec à son bord six passagers (plus du chauffeur).

Il a ensuite révélé la démarche qui a conduit à l’interpellation de ces accusés qui ont été présenté au tribunal pour être jugé.

« L’assaillant tué sur les lieux de l’attaque avait un téléphone. L’exploitation du répertoire de ce dernier a permis d’établir le lien avec Bobo. Après son arrestation au lendemain de l’attaque, Bobo a donné le nom de Bâssôrö qui avait fui Sokotoro pour se réfugier à Mamou où il est venu chez Alhassane Bah, le patron. C’est là que les deux ont été interpellés par les agents de la gendarmerie », a expliqué le ministère public, tout en indiquant que « c’est dans le bar de Fofana que Bobo qui a suivi le véhicule depuis Conakry et ses complices, se sont retrouvé le jour de l’attaque aux environs de 17 heures-18 heures pour peaufiner leur plan diabolique ».

Après avoir brandit des images de victimes tués par des coupeurs, le ministère public a égrainé une liste d’usagers de la route (dont l’avocat, Me Alseny Aïssata) qui ont été dépouillé de leur biens par des assaillants armés.

« Du 14 Août 2014 à ce jour, vingt-quatre attaques à mains armées ont été enregistré à Mamou, dont deux après l’arrestation de ces individus (les accusés) », révèle le ministère public.

Par ailleurs, le ministère public a déclaré que « les dépositions faites par les accusés (recherche de bœufs dispersé, réclamation de dette, commerçant de basins à Kissidougou et vendeurs de poules à Mamou) sont des prétextes pour se soustraire à la rigueur de la loi ».

Enfin, le ministère public a demandé au tribunal de condamné Thierno Mamadou Sow, Mamadou Aliou Sow et Alhassane Bah à vingt ans (20 ans) de réclusion criminelle à temps. Il a également requis un an de réclusion criminelle à temps contre Saïdou Fofana et demandé la fermeture de son bar pour une période de cinq ans.

Mais pour les avocats de la défense, « malgré ses efforts, le ministère public a passé tout son temps a démontré des faits qui n’ont aucun lien avec les accusés qui comparaissent devant le tribunal ».

« Il n’a été démontré nulle part la culpabilité de ces accusés. Ils ont été présentés devant vous sans aucune preuve et aucune témoins n’est venu déclarer avoir vu ces gens lors de l’attaque », entame Me Mamadou Saïdou Baldé qui soutient que « si on fouille bien dans cette affaire, on trouvera que les faiseurs d’accusés sont les vrais auteurs ».
« On parle de vol à main armé, mais qui détient les PMAK ? Qui fait la balistique ? », s’interroge Me Baldé.

Déplorant ‘’le manque de preuve’’ du ministère public, Me Amadou Lamarana Bah et Me Thierno Yéro Sidibé ont surtout accentué leurs interventions sur ‘’la violation de la procédure’’. « Sans compter que les accusés n’ont bénéficié d’aucune assistance depuis leurs arrestations, la procédure de perquisition de leurs domiciles, ainsi que le délais de la détention préventive ont été violé », dénonce Me Bah.

« Les procès-verbaux de perquisition sont nuls et de nul effet », renchéri Me Sidibé.
Contrairement au ministère public, les avocats de la défense ont tous plaidé pour le renvoie de leurs clients aux fins de la poursuite pour délit non constitué ou pour manque de preuve. Car, estiment-ils, « aucune preuve n’a présenté pour prouver la culpabilité des accusés et asseoir l’intime conviction du tribunal ».

A noter que les avocats de la défense ont annoncé leur intention d’interjeter appel de la décision du tribunal, condamnant leur client à vingt ans de réclusion criminelle.

De Mamou, Keïta Mamadou Baïlo pour Guineematin.com

Tel : (00224) 622 97 27 22

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