Au moment où l’année scolaire atteint sa vitesse de croisière, encadreurs et élèves rivalisent d’ardeur en vue de l’achèvement des programmes. Au lendemain de la grève de février qui a perturbé sérieusement les cours en Guinée, certaines écoles peinent toujours à rattraper le temps perdu dans certaines disciplines. Tel est le constat fait ce lundi 15 mai 2017, par un reporter de Guineematin.com, au lycée du 02 octobre, dans la commune de Kaloum.

Dans un entretien avec monsieur Mouctar Sylla, censeur dudit établissement, l’on se rend compte qu’en Economie-politique, Philosophie et Géologie dans les classes de terminale, le retard est bien réel. L’exécution des programmes dans ces matières tourne autour de 65 % alors que le calendrier réaménagé fait état d’une prévision de 93%.

Guineematin.com : au mois de février dernier, une grève des enseignants avait paralysé les cours dans notre pays pendant trois semaines. Où est-ce qu’on en est aujourd’hui dans votre école en ce qui concerne la progression des programmes ?

Mouctar Sylla : on a reçu un calendrier réaménagé qui a tenu compte de toutes les perturbations qu’on a connues et qui nous fixent maintenant des impératifs. Et c’est ce que nous sommes entrain d’exécuter. A la date du 15 mai, nous sommes à la 29ème semaine de l’exécution du calendrier scolaire. Autant dire que dans trois semaines, on en aura complètement les programmes. Si je m’en tiens à ce que j’ai dit tantôt, la 29ème semaine, ça veut dire que les cours sont exécutés à 93,73%. Ça, c’est tout programme normalement exécuté, sans cours de rattrapage, en tenant compte du réaménagement fait par l’Inspection Générale.

Guineematin.com : vous nous avez montré tout de même un document dans lequel, certaines matières n’ont pas atteint ces 93%. Qu’en est-il réellement ?

Mouctar Sylla : il faut reconnaitre une chose, c’est que nous avons été perturbés réellement par les cours d’Economie, de Géologie et de Philosophie qui n’ont pas été tenus par les professeurs qui se sont retrouvés dans une situation vraiment indésirable, qui n’avaient pas été admis au concours de recrutement à la fonction publique. Ils avaient dont suspendu les cours et nous avons fait les frais de cette suspension puis que les enfants sont restés un mois sans cours d’Economie, de Philo ou de Géologie. C’est ce qui fait que les statistiques montrent que ces cours sont doublement en retard, car elles tournent entre 61 et 64 % dans les terminales pour l’Economie. Mais, une fois qu’ils ont été retenus à la fonction publique, les mêmes professeurs sont revenus pour reprendre leurs classes. En plus des heures normales de cours, on a programmé avec eux des cours de rattrapage dans les classes où l’Economie, la Biologie et la Philosophie sont des matières de spécialité.

Guineematin.com : pensez-vous que les programmes seront achevés dans ces matières à temps ?

Mouctar Sylla : cela va sans dire. Il n’y a aucun doute sur ça. Ces programmes seront achevés dans ces matières là. Je suis très optimiste.

Guineematin.com : récemment une annonce a été faite par le ministère de l’enseignement pré universitaire qui dit que désormais les notes de cours ne seront plus prises en compte dans les examens nationaux. Qu’est-ce que cela vous inspire en tant qu’éducateur ?

Mouctar Sylla : c’est un couteau à double tranchant. Moi personnellement, je vois que les notes à l’école peuvent nous permettre sécuriser ensuite de rendre l’élève ponctuel, assidu à l’école. L’assiduité des élèves sera réel parce qu’ils savent qu’ils seront évalués. Mais, quand ils savent que les notes ne comptent pas, qu’elles ne rentrent en ligne de compte, ça va nous déranger. Deuxième cas de figure, c’est que ces notes ne reflètent pas la valeur intrinsèque des élèves, les notes sont gonflées. Je suis éducateur, je suis censeur, je sais ce que je dis. Je ne vais citer ou incriminer aucune école, mais c’est une réalité. Ici par exemple, on nous a renvoyé les notes du premier trimestre. Quel élève a eu 14,76 ? Est-ce que vous pouvez prouver qu’il a eu 14,76 ? Pour ça, on fait référence au registre centralisateur, au cahier de notes du professeur, à l’élève lui-même. Après, on confronte le tout. Mais malheureusement ailleurs, quand vous voyez un élève avec 16 ou 17 de moyenne annuelle, quel effort il va aller fournir au bac ? Il peut avoir 16 de moyenne et se retrouver candidat non admis. Ça veut dire quoi ? Quelque part que c’est un marchandage. C’est ce qui nous blesse, car ailleurs, on sait qu’on est entrain de vendre les notes. Ce n’est pas une bonne chose.

Propos recueillis par Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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