De très nombreux mariages ont été célébrés ces dernières semaines dans les différentes mairies de Conakry. Une fluctuation liée à l’approche du mois du Ramadan, période de prédilection pour de nombreux amoureux pour convoler en justes noces. Dans la commune de Ratoma, c’est des centaines de mariages qui ont été célébrés ces derniers temps. C’est ce qu’a confié à un reporter de Guineeamatin.com, ce vendredi 26 mai 2017, monsieur Mamadou Kana Baldé, officier d’Etat civil délégué de ladite commune.

Décryptage !

Guineeematin.com : nous avons constaté ces derniers temps une floraison de mariages à travers notre pays. Qu’en est-il concrètement de la commune de Ratoma ?
Mamadou Kana Baldé : oui, on constate ça au niveau de Ratoma. Nous avons célébré beaucoup de mariages dans cette commune, que ce soit ici au siège ou dans les centres secondaires, notamment à Lambanyi, Sonfonia et à Simbaya Gare. Tout ça, c’est une manière de décentraliser pour éviter que les gens ne viennent jusqu’au niveau de la commune.
Guineematin.com : est-ce que vous disposez de statistiques par rapport au nombre de mariages que vous avez célébrés ici ces derniers temps ?
Mamadou Kana Baldé : je peux vous dire que ces statistiques sont parlantes si l’on établit un parallèle. Quand je prends l’année 2015, nous avons célébré 1664 mariages pendant les 12 mois. Pour ce qui est de l’année 2016, on noté une hausse de 261 points parce qu’on avait célébré 1925 mariages. Pour l’année en cours, les statistiques ont déjà bondi même si l’on n’a même pas atteint la moitié de l’année.  Du 1erjanvier au 25 mai 2017,  nous sommes à 1204 mariages déjà célébrés. Donc, quand on fait une étude comparative, nous constatons que les gens acceptent maintenant de venir au niveau de la commune pour célébrer le mariage. Rien que ces trois dernières semaines, nous avons célébré plus de cinq cent (500) mariages.
Guineematin : est-ce qu’il vous arrive de rencontrer des mineures qui ont des projets de mariage ? Si oui, comment faites-vous pour gérer ces situations ?
Mamadou Kana Baldé : vous savez, pour célébrer un mariage, il y a des documents que nous demandons, dont l’extrait d’acte de naissance. Et le dossier pour le mariage doit être déposé 10 jours avant, pour nous permettre de faire la publication. Donc, à ce niveau, il n’y a pas de raison que nous fassions un mariage précoce.
Guineematin.com : si vous remarquez que la femme qui veut se marier n’a pas atteint les 18 ans comme le veut la loi, que faites-vous ?   
Mamadou Kana Baldé : on ne peut pas célébrer un tel mariage. Mais, ce que nous avons constaté au niveau de la commune, c’est que les citoyens font le mariage religieux à la mosquée, dans les quartiers avant de venir signer le mariage à l’état civil. A ce niveau, je pense que ceux-là ne demandent pas d’extraits de naissance, ils ne fouillent pas pour savoir si la fille a 18 ans ou si l’homme a plus de 18 ans. Toute chose qui est en porte-à-faux avec le code civil guinéen. Vous savez, le code civil dispose, à son article 202, que le mariage civil doit précéder le mariage religieux. La logique voudrait que les citoyens soient à la commune, devant l’officier de l’état civil, pour célébrer le mariage. Quand ils ont l’acte de mariage, ils vont avec à la mosquée pour célébrer le mariage religieux. Si les gens obéissaient à cette procédure, il ne sera plus question de parler de mariage précoce. Parce que nous veillons soigneusement sur cet état de fait.
Guineematin.com : on célèbre beaucoup de mariages à l’approche du mois de Ramadan, mais on entend rarement parler de divorce. Est-ce que des faits de ce genre se produisent ici ?
Mamadou Kana Baldé : au niveau des communes, nous nous occupons de l’union. Mais, quand il est question de divorce, ça reviendra au niveau de la justice. Mais, nous sommes aussi des éducateurs, quand des gens viennent ici et qu’on se rend compte que ça ne va pas entre eux, nous leur donnons des conseils, nous les orientons vers les témoins de leur mariage, vers les marraines et les parrains.
Guineematin.com : qu’en est-il de la pratique de la polygamie ?
Mamadou Kana Baldé : vous savez, il y a l’article 315 du code civil qui dit que la pratique de la polygamie est interdite à toute personne de nationalité guinéenne. Cependant, l’article 317 dit que pour des cas de force majeure, dûment établis par les  autorités médicales, monsieur peut demander le divorce et chercher une femme de plus, à travers le ministère de l’administration du territoire. Il y en a qui célèbrent un mariage, mais au lieu de le faire conformément aux dispositions du code civil guinéen, ils se permettent de reprogrammer un autre mariage  alors que le code civil interdit la polygamie. A ceux qui ont un problème de santé et qui veulent se marier à une seconde femme, de se référer à la loi. Pour ce faire, nous exigeons un acte de consentement des parents, la famille de l’époux et de l’épouse, pour le mariage. Tout ça, c’est pour pallier à l’affaire de divorce.
Guineematin.com : qu’est-ce qu’on peut retenir de l’enregistrement des naissances  dans la commune de Ratoma ?
Mamadou Kana Baldé : je suis très content au niveau de la commune de Ratoma. Nous constatons, sans se tromper, que la commune de Ratoma  est celle qui fait le plus d’enregistrements de naissances dans notre pays. Quelques fois on est débordé parce que les gens viennent. Actuellement, on est à plus de 30 registres de naissance, sans compter les centres secondaires. En 2016, on avait fait plus de 87 registres. C’est le lieu pour moi de remercier les partenaires comme l’UNICEF, le ministère de l’action sociale, entre-autres. Chaque année, nous faisons une campagne d’enregistrement et de régularisation des naissances. Nous leur délivrons des extraits de naissances ou des jugements supplétifs, en fonction de leur âge. Mais, la logique voudrait que quand on a la chance d’avoir un enfant, qu’on vienne le faire enregistrer à la mairie.  En tout cas, toutes les dispositions sont prises par le gouvernement du professeur Alpha Condé  pour faciliter le processus d’enregistrement des naissances.
Propos recueillis par  Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com
Tél. : 628 17 99 17
 
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