Manifestation contre l’obscurité à Kamsar : « c’est des drogués, ils ont l’essence et des allumettes », dit le Sous-préfet

Comme l’annonçait une précédente dépêche de Guineematin.com, un mouvement spontané s’est soulevé en haute banlieue de la commune rurale de Kamsar. Et la raison de cet autre soulèvement dans une zone qui abrite une grande compagnie minière comme la CBG (Compagnie des Bauxites de Guinée) est le manque criard du courant électrique dans les quartiers de la banlieue, nous a-t-on rapporté.

Joint au téléphone ce vendredi matin par le correspondant de Guineematin.com à Boké, le sous-préfet de Kamsar, Madame Sama Kaba, a expliqué que depuis la nuit, il y a eu quelques motos et véhicules brûlés, beaucoup de dégâts matériels enregistrés le long de la route et il y aurait même eu une tentative de pillage du commissariat de police de Kamsar.

« Ce sont des jeunes drogués du secteur N’Toumoun dans Kassongoni qui se sont levés tard la nuit pour barrer la route. Ils ont érigé des barricades de N’Toumoun jusqu’à Bagataye. Ils ont brûlé des voitures et des motos sur leur passage, ils ont brûlé des pneus. Ils sont aussi allés à la police pour tenter de prendre leur dotation, mais ils ont été aussitôt dispersés. Ils n’ont pas fait un préavis de grève. Et puis, c’est le même secteur qui avait fait l’émeute contre Ebola », accuse Madame le sous-préfet.

concernant la cause de ce soulèvement nocturne, Madame Sama Kaba a parlé d’une revendication d’électricité : « les jeunes réclament le courant. Vous savez, dans la banlieue, on a l’habitude de donner le courant pendant le mois de Ramadan de 19H à 06H du matin. Mais, cette fois-ci, il y a deux groupes qui sont en panne ; et, les techniciens travaillent d’arrache-pied pour les réparer. Donc, c’est pourquoi actuellement on fait le délestage en donnant le courant de 00H à 06H à une zone aujourd’hui et la même chose pour une autre zone demain. C’est à dire chaque quartier aura le courant un jour sur deux (1j/2). Mais, même si c’est aujourd’hui que les techniciens terminent la répartition des groupes, on va donner le courant comme d’habitude. Le maire est allé expliquer ça à la radio ; mais, ils ne veulent pas comprendre », a-t-elle expliqué.

A la question de savoir ce qu’a fait le sous-préfet en tant que première autorité locale, Madame Sama Kaba fait comprendre que même si elle n’a pas « peur » ; mais, elle doute de la moralité des manifestants vis-à-vis d’elle. Donc, elle a opté agir en distance. « Je ne prends pas le risque d’aller en face de ces jeunes parmi lesquels il y a des loubards infiltrés, qui se droguent régulièrement sur les rails de Kassongoni. Ils ont de l’essence et des allumettes », a dit Madame le sous-préfet de Kamsar.

Aux dernières nouvelles, on nous apprend que les barricades sont toujours en place, mais qu’une mission de la préfecture Boké serait arrivée dans la cité minière.

Par ailleurs, il faut préciser que la commune urbaine de Boké qui a vécu une manifestation sans précédent, qui a duré une semaine et qui a causé beaucoup de dégâts matériels et de pertes en vies humaines, connait aujourd’hui une amélioration considérable dans la fourniture en courant. De 19H à 03H, durant environ deux semaines, la ville de Boké bénéficie depuis deux (2) jours, une fourniture de courant de 19H à 06H du matin (depuis le mercredi 07 juin 2017).

De Boké, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

 

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